mardi 25 novembre 2008
AFP / Julien Dray, royaliste: "seule solution", organiser un nouveau vote au PS
Le député PS de l'Essonne a estimé dans un communiqué que "la seule solution de sagesse pour le PS, pour son avenir, son autorité et son fonctionnement, était l'organisation d'un nouveau vote, dans les plus brefs délais et avec des conditions de transparence acceptées par tous".
Pour lui, "toute autre solution serait pour ceux qui pensent avoir gagné une victoire à la Pyrrhus, qui risquerait de conduire à un affaiblissement durable du PS, au sein de la gauche et face à la droite".
"L'artifice qui consisterait à faire que le Conseil national du PS devienne juge des élections est inacceptable", affirme M. Dray pour qui "dans un Etat de droit et dans un parti respectueux des principes démocratiques, une instance politique ne peut en aucune manière devenir une instance juridique impartiale".
samedi 22 novembre 2008
Communiqué de Julien Dray, porte-parole du Parti socialiste, au sujet du deuxième tour de l'élection du premier secrétaire du PS
Je demande à ce que chacun prenne conscience de l’importance du moment dans lequel nous sommes, et fasse en sorte que le parti soit respecté, et préservé, car il appartient d’abord aux militants et à eux seuls.
Dans ce moment particulier, pour éviter toute contestation qui nuirait inévitablement au fonctionnement quotidien du PS, l’élégance et l’intelligence appellent à revoter le plus vite possible. C’est dans l’intérêt bien compris du parti et de celle qui aura à exercer demain la responsabilité de premier secrétaire.
Il n’y a aucune honte à faire que dans les jours qui viennent, comme c’est le cas dans n’importe quel scrutin démocratique, les militantes et les militants puissent s’exprimer à nouveau.
vendredi 21 novembre 2008
Communiqué de Julien DRAY, porte-parole du Parti socialiste
Les militants ont déjà entendu beaucoup d'arguments, et il convient de les laisser décider de leur choix, sans céder à la bassesse et à l'affolement.
Il y a deux conceptions du parti qui s'affrontent, une qui considère que si rien ne change, c'est déjà un changement, l'autre qui pense au contraire qu'il faut s'ouvrir à la modernité en en assumant les difficultés.
Je demande à celles et ceux qui ont encore à s'exprimer dans les prochaines heures de se comporter en dirigeants responsables, et de ne pas recourir à des attaques blessantes sur la compétence ou sur la capacité à rassembler, ou de convoquer l'histoire de manière infamante.
dimanche 16 novembre 2008
La colère de Julien Dray (Europe 1)
Discours de Julien Dray au Congrès de Reims
Julien Dray
***
Mes chers camarades, chers amis,
Je me souviens encore du moment où je pris pour la première fois ma carte au Parti socialiste. C'était un jour de mai 81
Après avoir fait toute la campagne de François Mitterrand.
J'ai commencé comme trublion, poil à gratter de l'aile gauche, mauvaise conscience de mes camarades au gouvernement.
J'étais entré au PS par envie, par raison, par défi ; je l'accompagnais de mes critiques, de mes déceptions, de mes désaccords.
Ce parti, j’ai essayé par tous les moyens d'en faire le meilleur parti.
J’ai essayé de le rendre meilleur par le mouvement social, en étant partie prenante de tous les combats de la jeunesse dans les années 80, aux côtés de François Mitterrand.
J’ai essayé l'efficacité par la minorité, en me consacrant à la réflexion idéologique et à la formation militante – avec succès, quand je regarde la composition des motions de ce congrès !
J’ai essayé de le dynamiser par la majorité. C’est ainsi que j’ai accepté d’en rejoindre la direction en 2003, sentant qu’il y avait péril pour mon parti, et jugeant que c’était la meilleure façon de l’aider.
Mes choix n’ont pas toujours été compris. Et je l’admets, je me suis parfois trompé. Mais tout au long de mon parcours je n’ai eu qu’un seul but : faire de ce parti que j’aime le meilleur parti qui soit.
Ma vie personnelle a toujours été intimement liée à mon parcours de militant. Ce parti, je n'ai pas peur de le dire, c'est toute ma vie.
Je sais que dans cette salle, vous êtes nombreuses et nombreux à penser la même chose pour vous
Même si vous ne le dites pas, par pudeur, ou par évidence.
C'est la somme de tous ces parcours individuels qui fait l'histoire de notre parti. C'est leur diversité qui fait sa force. C'est leur intensité qui nous rassemble, aujourd'hui.
Ne l'oublions jamais : quand nous parlons du Parti socialiste, nous parlons d'abord de l'engagement et du choix de vie de toutes ses militantes et de tous ses militants.
Nous parlons des dizaines de milliers de femmes et d'hommes, de jeunes et de moins jeunes, qui passent des soirées à débattre, des week-end à rédiger des tracts, des nuits à coller des affiches. Parce que pour eux, c'est la plus juste façon de donner un sens à leur vie.
Et en ce jour où nous sommes rassemblés pour décider de notre ligne politique, c'est à la hauteur de toutes ces histoires personnelles, c'est à la hauteur de cette longue chaîne de dévouements, de sacrifices, que nous devons nous porter.
Le voilà, le défi de notre génération. C'est un défi car nous sentons bien aujourd'hui que cette grande force du socialisme, que nous a léguée François Mitterrand, cette capacité à fondre les parcours, les idées, les valeurs, les différences en une même histoire, en un même alliage commun est menacée.
Elle est menacée par ces années sans victoire nationale.
Elle est menacée par ces défaites qui ont semé chez nous les fermants de la confusion, de la déception et de la rancoeur. Elle est menacée par tous ceux qui travaillent à nous diviser, au moment même où je vous parle.
Alors face à tous ces périls, disons le ensemble.
Il n'y a pas une aile droite et une aile gauche au parti socialiste.
Il n'y a pas des radicaux, à qui on montre la porte, et des modérés, avec pour seul horizon la compromission.
Il ne doit pas y avoir, dans notre parti, des abonnés à la majorité et des perpétuels minoritaires.
Il ne doit plus y avoir, dans notre parti, de militants qui se définissent d'abord comme aubrystes, ségolénistes, fabiusiens, délanoëistes, hamonistes, faute de sentir une autre solidarité possible.
Il ne s'agit pas de nier les différences, mais de voir comment, ensemble, nous pouvons les surmonter.
Au bout de ce congrès, nous devons faire front tous ensemble au sein de la gauche, devant les Français et face à la droite, et dire d'une seule voix, forte de toutes nos voix : nous sommes les socialistes, nous sommes unis, et nous sommes de retour dans la bataille pour un monde nouveau.
Il n'y a qu'un seul parti socialiste, il n'y a qu'une seule gauche.
L'unité, c'est la clé de voûte du nouveau parti socialiste que nous allons bâtir.
Mais il faudra de la détermination, de l'envie, et de la responsabilité pour y parvenir. Il faudra que nous apprenions à modérer nos egos, quand cela sera nécessaire. Parce que nos problèmes ne seront pas réglés par la seule « magie du congrès ».
Nous devons nous poser une seule question. Pour un électeur de gauche, pour un jeune, pour une femme salariée, le Parti socialiste porte-t-il encore, en 2008, un espoir, une promesse ? Est-il encore capable de changer leur vie ?
Est-il encore capable de mettre la répartition des richesses au cœur de son projet politique ? Est-il capable de faire en sorte qu’il n’y ait plus besoin d’un « pôle écologique » pour le rappeler à la raison écologique ?
Nous avons été obligés de défendre dos au mur, depuis la chute du Mur de Berlin, les acquis sociaux qui avaient été obtenus, au point parfois d’apparaître comme conservateurs.
Aujourd’hui je le dis : le Parti socialiste peut, le parti socialiste doit devenir le parti d’un nouvel idéal.
Mais l'idée s'est faite, insidieuse, dévorante, que les socialistes n'avaient plus très envie des Français. L'idée s'est faite que les socialistes doutaient parfois de leur propre volonté de changer le monde.
Cette idée progresse à chaque fois que nous nous disputons pour des questions de préséance, de présidence, alors que la seule question qui compte, c'est celle de notre projet pour la gauche et pour la France.
Cette idée s'enracine quand, après avoir investi les quartiers, les entreprises, les mouvements sociaux pendant les élections, nous les désertons ensuite, abandonnant à elles-mêmes toutes ces formidables énergies.
Cette idée acquiert la force d'une évidence quand celles et ceux qui nous rejoignent, lors de la désignation de notre candidate à l'élection présidentielle, ne sont pas toujours accueillis avec la chaleur et la camaraderie qu'ils méritent.
Cette idée, elle est exprimée avec rage par les militants quand, perdus au milieu des conflits incompréhensibles et injustifiables de personnes, de courant, de sous-courant, ils ne savent plus quoi répondre à tous les Français qui nous interpellent : « mais que faites-vous, vous les socialistes, pour être utiles ? Vous ne pouvez pas vous arrêter de vous disputer ? ».
Voilà la seule question que nous devrions avoir à l'esprit, à chaque fois que nous prenons une décision. Comment être utile aux Français ? Comment répondre à leur envie de changement social ?
Mes chers camarades, nous n'avons pas à chercher bien loin pour trouver la réponse. Il nous suffit d'écouter ce que disent les militantes et les militants.
Ils disent haut et fort :
Nous ne voulons plus que l'adhésion au parti socialiste soit un chemin de croix ou un parcours du combattant. Nous ne voulons plus d'un parti réservé à ceux qui en maîtrisent les règles cachées.
Ce que nous voulons, nous le savons : un parti de masse, ouvert, pluriel, métissé, à l'image de la France sous toutes ses facettes. Un parti dont chacun puisse dire : ce pourrait être le mien. Un parti où l'on se forme, où l'on s'informe ; un parti de progrès où l'on progresse personnellement.
Nous ne voulons plus être absents des luttes sociales, des manifestations, de tous les terrains où se bat la gauche.
Nous ne voulons plus que les quelques militants courageux qui se risquent dans les cortèges et les défilés subissent les critiques et les reproches des travailleurs et des syndicalistes - « mais ils sont où, les socialistes ? ».
Ce que nous voulons, nous le savons : c'est qu'à l'appel du Parti socialiste, des millions de militants, de sympathisants, avec leur famille, leurs amis, descendent dans la rue pour défendre leurs convictions, quand c'est nécessaire.
Nous ne voulons plus être les témoins impuissants du matraquage idéologique de la droite et des pouvoirs économiques.
Ce que nous voulons, nous le savons : un parti qui pense, qui travaille collectivement, qui produit des idées et une vision du monde, depuis sa base jusqu'à son sommet.
Nous voulons un intellectuel collectif qui arme tous les militants pour la bataille politique et culturelle, qui nous permette à toutes et à tous, de rendre coup pour coup à nos adversaires.
Nous ne voulons plus rejouer sans cesse la déchirure du congrès de Tours, entre réformistes et soi-disant révolutionnaires.
Nous ne voulons plus compter les gauches – première gauche, deuxième gauche, troisième gauche ... – comme les moutons avant de dormir.
Parce que fondamentalement, ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise.
Parce que oui, c'est vrai, pour nous aussi, nos vies valent plus que leurs profits.
Parce ce que oui, aussi, un pas en avant vaut mieux que mille ruptures promises.
Nous ne voulons plus d'un parti qui est capable de gagner une élection, mais n'est pas capable de gagner l'élection suivante, grâce à l'adhésion que sa pratique du pouvoir aurait suscité.
Ce que nous voulons, nous le savons : rester arrimés avec constance à ce qui a toujours été la raison d'être et l'utilité du Parti socialiste. Rester arrimés au réformisme, évidemment, mais au service de la lutte pour une juste répartition des richesses, au service de la bataille pour la justice sociale et son premier déterminant : la question salariale.
Il y a dans notre société un formidable réservoir d'énergies, d'engagement, de force militante, qui cherche un cadre pour s'exprimer.
Nous avons commencé à capter cette force lors de la dernière élection présidentielle avec Ségolène Royal.
Malgré la défaite, un enthousiasme nouveau et un espoir se sont levés.
Notre devoir de socialiste est de continuer à lutter pour que cet élan ne retombe pas. Les énergies existent. Nous devons en être le catalyseur.
La gigantesque crise qui frappe le monde nous appelle à être aux côtés des nôtres, car ce sont eux qui vont d'abord en souffrir.
Elle nous appelle à les aider, à les soutenir, à les protéger.
Elle nous appelle à leur donner une grille de lecture de changement de cours de l'histoire, à leur expliquer pourquoi, et comment, cette mondialisation est devenue folle.
Elle nous appelle à reprendre l'offensive, à être surs de nos valeurs.
Car preuve est faite que l'actuel modèle de production et de développement, qui rend les riches toujours plus riches et les pauvres toujours plus nombreux, n'a rien d'inéluctable.
Oui, nous pouvons renverser la table et changer la règle du jeu. Mais cela ne pourra se faire sans un puissant levier. Ce levier, nous le connaissons : c'est notre parti socialiste.
Maintenant, il nous faut choisir.
Nous pouvons continuer à nous battre, à nous diviser, pour le plus grand bonheur de nos adversaires.
Nous pouvons continuer à sourire quand un camarade nous quitte.
Nous pouvons continuer à nous réjouir quand celui que nous considérons comme un concurrent est battu – « un candidat de moins pour l’investiture à venir ! ».
Oui, nous pouvons dire aussi que le moment est venu de nous unir. Nous pouvons aussi dire que le temps des militants est venu.
Nous pouvons dire qu'il est venu, enfin, le temps de construire ce grand parti populaire de masse.
Alors faisons-le, tous ensemble !
mardi 11 novembre 2008
Communiqué de Julien Dray
Il ne m’appartient pas d’annoncer une telle décision. Je redis ce que j’ai dit : c’est à Ségolène Royal de prendre sa décision, qu’elle souhaite être premier secrétaire, ou qu’elle réfléchisse à d’autres dispositifs politiques.
Je demande à ce qu’on arrête d’instrumentaliser les paroles des uns et des autres dans une course à l’effet d’annonce, qui n’a d’autre but que d’avoir la primeur de l’information.
Ségolène Royal a donné un calendrier, et il doit être respecté.
lundi 10 novembre 2008
dimanche 9 novembre 2008
Si Mme Royal, dont la motion est arrivée en tête du vote des militants, ne souhaite pas briguer le poste, "à ce moment-là, la réflexion commence pour savoir quel est celui ou celle qui est le mieux à même de défendre le PS et de lui donner une nouvelle vie", a estimé le député de l'Essonne.
"Ca peut être moi parce que je pense que la question qui va être posée immédiatement, c'est comment on organise le dispositif. Je pense que ça doit partir de l'Assemblée nationale parce qu'il faut travailler avec les parlementaires, avec les élus", a-t-il lancé.
"Il faut recréer une dynamique de terrain et créer cette symbiose entre le terrain et le débat parlementaire", a-t-il encore insisté. Une façon de privilégier sa candidature à celle de deux autres proches de Mme Royal, Vincent Peillon, eurodéputé, et François Rebsamen, sénateur, eux aussi cités ces derniers jours comme possibles candidats de compromis.
Dans la perspective du congrès de Reims, "on doit rassembler le maximum de forces" et "les divergences sont finalement moins importantes qu'on ne le croit", a ajouté M. Dray, en soulignant les "proximités avec les motions de Martine Aubry et de Bertrand Delanoë" et en saluant le score de Benoît Hamon.
"Moi je veux rassembler. Le père d'une maison ne doit pas préférer un enfant par rapport à d'autres", a-t-il ajouté.
Vous pouvez retrouver l'intégralité de l'interview de Julien Dray par Anne-Sophie Lapix ici
vendredi 7 novembre 2008
Julien Dray : « Une génération s’est levée derrière Ségolène »
Julien Dray, porte parole du Parti socialiste et proche de Ségolène Royal, a commenté la première place de la motion qu'il soutient. Il réaffirme sa candidature à la tête du PS.
Le porte-parole du PS Julien Dray est revenu sur RMC sur la première place de la motion de Ségolène Royal, qu'il soutient : « Je l'ai soutenue et j'ai participé avec elle à cette bataille, qui n'était pas facile au départ. On l'avait beaucoup critiquée, dénigrée, je me rappelle de tout ce qui a été dit par exemple au moment du Zénith, puis après. Je me rappelle de ce que m'ont dit un certain nombre d'amis et de camarades quand j'ai annoncé que j'allais travailler avec elle pour ce Congrès. Je pense qu'il y a eu un rassemblement qui s'est opéré autour d'elle avec une génération qui s'est levée. C'est un moment important, elle a su avec intelligence et tactique dire "Je ne mets pas ma personne en avant, je mets une nouvelle génération". Je crois que c'est ça aussi qui a marqué ».
Il lui a d'autre part été demandé si ce résultat était un échec pour Bertrand Delanoë. Julien Dray répond sans hésiter : « Oui, je pense que personne ne peut le contester. Il est parti favori dans ce Congrès, il avait l'appui du premier secrétaire sortant François Hollande, il avait l'appui des principaux dirigeants du PS. On sentait au départ qu'une sorte de force était constituée autour de lui. Puis les choses ne se sont pas mises en mouvement peut-être comme il l'aurait souhaité. Il a été la cible de beaucoup de critiques, peut-être que Bertrand a beaucoup représenté la modernité à Paris mais qu'il n'a pas réussi, dans le parti, à incarner cela ».
Enfin, Julien Dray a réaffirmé sa volonté de devenir premier secrétaire : « Je suis candidat, je le dis avec modestie, je n'ai jamais cherché à mettre ma personne en avant. C'est à Ségolène de négocier avec l'ensemble des autres motions, de trouver le bon équilibre. Elle l'a dit dans son livre : j'ai été à l'initiative de sa candidature à la présidentielle, je sais les fautes et les erreurs que nous avons commises ensemble, mais je sais aussi toute l'énergie qui s'est levée. Je ne veux pas lui forcer la main, on va discuter ensemble. Peut-être qu'elle décidera que le meilleur dispositif c'est qu'elle soit elle-même à la tête du parti. Il y a une réflexion qui va se prolonger pendant quelques jours. Une chose est certaine : on ne peut pas faire la direction du parti dans les mois qui viennent sans Ségolène Royal ».
mardi 4 novembre 2008
Le parti que nous voulons
Le premier objectif d'un congrès du parti socialiste devrait être de parler du parti socialiste. Lapalissade peut-être, mais qu'il convient de rappeler, à quelques heures du vote sur les motions : c'est le moment de notre vie politique où nous pouvons et devons nous interroger collectivement sur le type de militantisme que nous souhaitons, sur le périmètre que nous voulons lui donner, sur la façon d'être ensemble que nous privilégions. On pourrait penser, intuitivement, que ces questions ne sont pas les plus clivantes, que les différences idéologiques constituent des lignes de fracture – et donc de choix – plus saillantes. Mais l'histoire récente du PS nous invite à repenser cela. Nos débats les plus vifs ne sont pas ceux qui ont porté sur le libéralisme ou sur la refonte de notre système de production. L'adoption à une large majorité de notre déclaration de principes a même montré qu'il existait actuellement un assez large consensus sur le positionnement politique des socialistes français. Mais qui ne se souvient, a contrario, des violents débats occasionnés par l'arrivée massive des « adhérents à 20 euros », ou encore de la guerre de tranchée autour de l'introduction de la démocratie participative lors de la campagne présidentielle de 2007 ? Là où la controverse autour de la revendication, par un des prétendants à la tête du parti, du concept de libéralisme, n'a suscité que quelques passes d'armes tactiques – passant assez largement, qui plus est, au-dessus de la tête des militants – combien d'encre a coulé, combien d'imprécations ont été proférées au sujet de l'ouverture massive de notre parti par l'abaissement des cotisations !
Les différentes motions en jeu méritent donc d'être lues également, si ce n'est d'abord, sous l'angle du parti socialiste qu'elles proposent pour demain. Le choix de la motion E est très clair : c'est celui du parti de masse.
Pourquoi ce choix ? Il découle logiquement de la sociale-démocratie moderne et renouvelée qui est plus que jamais pertinente, en ce moment historique d'échec avéré du libéralisme économique dérégulé. La sociale-démocratie repose sur l'instauration d'un rapport de force des salariés et des citoyens avec les pouvoirs économiques et les capitalistes. Rapport de force dont les outils privilégiés sont les partis, associations et syndicats de masse. C'est entre autres parce que nous n'avons jamais, en France, réussi cette part de l'équation que le Parti socialiste a eu le plus grand mal à enchaîner les victoires électorales. C'est sur ce point que nous devons donc changer.
Éclaircissons d'emblée une ambiguïté récurrente au sujet de l'expression « parti de masse ». Ceux qui combattent ce concept ont coutume de le rabattre sur celui de « parti de supporters », comme si le simple fait d'augmenter massivement le nombre de nos adhérents avait pour effet mécanique la dilution de leur qualité, et de leur engagement. Il n'en est rien : quand nous parlons de parti de masse, nous pensons en même temps aux structures qui permettraient d'intégrer les nouveaux militants que nous voulons attirer en nombre. Cela veut dire : des dispositifs d'accueil et de formation (sur l'histoire, les valeurs et le fonctionnement du PS) ; une démocratie interne renforcée, avec une association permanente des militants à l'élaboration de nos programmes, par la démocratie participative, et aux choix politiques du bureau national, via des referendums internes sur les sujets difficiles à trancher ; une multiplication des types de sections, dans les entreprises par exemple, pour que chacun puisse militer comme il l'entend, et là où il veut.
Bien sûr, il faut également se mettre en situation d'attirer ces nouveaux camarades. Sans doute la « qualité de l'offre » proposée par un PS rénové, pour reprendre les mots du premier secrétaire sortant, peut-elle être un puissant produit d'appel. Mais comment ne pas se rendre compte que les sommes trop souvent prohibitives, établies selon des barèmes obscures, qu'il faut débourser pour adhérer au parti socialiste constituent non seulement un répulsif puissant, mais aussi une barrière censitaire ? Abaisser et clarifier le coût de l'adhésion, c'est tout simplement permettre au PS de redevenir un parti populaire.
Que permet un parti réellement de masse – disons, qui atteindrait le seuil symbolique de 300 000 adhérents d'ici le prochain congrès ? Il démultiplie notre surface de contact avec nos concitoyens, améliorant ainsi notre perception de leurs préoccupations et notre capacité à diffuser et tester nos propositions. Il est capable d'amorcer des mobilisations sociales sur ses seules forces – un soutien à une grève ou un appel à manifester du PS, dans une telle configuration, prendraient une tout autre dimension.
Enfin, ou surtout, il donne un tout autre sens aux choix des militants, et règle la question de la « discipline » interne au parti. On a beaucoup glosé sur les problèmes récurrents de discipline de vote ou d'expression au PS, nombre de dirigeants, ces dernières années, ayant cru bon de se soustraire à la décision majoritaire pour faire campagne dans le sens inverse. La solution est-elle, comme le disent notamment nos camarades de la motion A, de durcir l'autorité du premier secrétaire et les sanctions ? Nous ne le pensons pas, n'ayons jamais cru au dogme du parti « qui se renforce en s'épurant ». C'est la massification du PS, et l'intensification de l'implication des militants, qui peut apporter une réponse. Il est facile de passer outre la décision d'un parti de 100 000 adhérents, dont seule la moitié prend part aux (rares) votes internes. Il en irait tout autrement dans une formation de 300 000 militants, actifs et régulièrement consultés : le poids du mandat majoritaire serait incomparable, et il serait beaucoup plus difficile de le fouler aux pieds. A moins de vouloir s'exposer à la colère de plusieurs centaines de milliers de camarades !
Il faut aller plus loin encore. La massification du parti ne peut aller sans une massification parallèle de ses sympathisants. Et là encore, la solution passe par une implication plus poussée de ceux-ci. C'est ainsi que nous concevons l'organisation de primaires ouvertes pour la désignation de notre candidat à la présidentielle – quelle meilleure façon de montrer à nos concitoyens que nous nous soucions d'eux, que de leur permettre de se prononcer sur le nom de celui ou de celle qui les représentera à la première élection nationale ? Un socialiste désigné par ses seuls pairs est le candidat d'un parti. Un socialiste désigné par les socialistes et par la majorité des hommes et des femmes de gauche serait le candidat du pays, fort d'une légitimité et porté par une dynamique de mobilisation incomparables.
Le 6 novembre, votre vote posera le premier pavé sur la route de 2012. Cette route, n'en doutez pas, passe impérativement par la rénovation en profondeur du fonctionnement et du périmètre de notre parti. Faire le choix de la motion E, c'est faire le choix du changement.
Romain Pigenel
lundi 3 novembre 2008
Au PS, «personne n'est en mesure de dire 'Je vais gagner'»
Julien Dray, porte-parole du PS et candidat au poste de premier secrétaire, était l'invité du Talk Orange-Le Figaro.
Sur le durcissement de la campagne au PS, à quelques jours du vote des militants sur les motions. «Il est normal que chacun essaie de mettre tout son poids sur le vote des militants. Il y a une certaine incertitude : personne n'est en mesure de dire 'Je vais gagner'», souligne le député de l'Essonne. «Il y a certes un peu énervement mais chacun doit être raisonnable, il ne s'agit pas de forcer le vote», a-t-il mis en garde. «Nous avons eu un congrès dépassionné. Les militants l'ont dit eux même, ils n'ont pas constaté de nombreuses différences entre les motions», a observé le parlementaire. «Il faudra trouver un esprit de synthèse, les conditions de la convergence. Ce qui doit l'emporter dans les jours à venir c'est le rassemblement», a-t-il ajouté.
Sur le profil de dirigeant dont le PS a besoin. Julien Drayqui soutient Ségolène Royal, partage la vision de Martine Aubry qui s'agaçait, dimanche au grand jury RTL-Le Figaro-LCI,des membres du PS, ne siégeant pas à la direction du parti, qui critiquent le parti. «Si je suis candidat au poste de premier secrétaire, c'est que je veux faire travailler tout le monde ensemble», observe-t-il. «Je ne veux pas des personnalités à côté [de la direction] qui commentent l'activité du PS et qui glissent quelques peaux de bananes via ses commentaires», prévient le député.
Sur sa candidature au poste de premier secrétaire. «Je n'ai pas mené de campagne personnelle. J'ai fait valoir mes capacités auprès des militants. Je ne dis pas «c'est moi ou le chaos»», a rappelé Julien Dray. «Je veux participer à la construction d'un PS moderne, qui retrouve sa force militante sur le terrain», plaide le député. L'élu de l'Essonne estime que si aucun «des trois leaders nationaux présidentiables» (une allusion implicite à Ségolène Royal, Martine Aubry et Bertrand Delanoë ?) n'émerge à l'issue du Congrès, «il faudra pour le PS un chef d'équipe, un parlementaire aguerri qui a l'expérience de la vie du parti». «Je pense que je représente le profil qui permet de construire cette équipe», a indiqué le porte-parole du PS.
Sur la pertinence du modèle de la sociale démocratie, jugé «dépassé» par Ségolène Royal. «Le phrase est un peu forte. Il y a eu la mondialisation, la social-démocratie a besoin de changer. Nous avons besoin d'un état fort sur le plan industriel et économique», croit Julien Dray. «Il ne faut plus penser en terme d'Etat préventif mais en terme d'Etat stratège», avance le socialiste. .
La possibilité de travailler jusqu'à 70 ans sur la base du volontariat. «Ce n'est pas sur une base du volontariat, Fredéric Lefèbvre [porte-parole de l'UMP] a dit «il y a des gens qui n'ont pas eu le temps, on va leur donner la possibilité d'aller jusqu'à 70 ans », tout doucement on est train d'introduire la retraite à 70 ans », craint le député.«Ce n'est pas bien pour les gens qui ont beaucoup travaillé et qui à 65 ans ont le droit de profiter de leur retraite. A 70 ans, ils seront fatigués par la vie», regrette Julien Dray qui . «On a des jeunes, des chômeurs de longue durée à qui on va fermer la porte, et l'on va maintenir des gens qui ont envie de partir», fait-il remarquer. Cette observation vaut-elle pour la vie politique ? «Il y a un moment où on doit passer la main et s'y préparer. C'est le plus dur», a reconnu le porte-parole du PS.
Sur les élections américaines. «L'Amérique est en crise profonde, elle a besoin d'un sursaut», a estimé Julien Dray. «Il faut tourner la page de l'ère Bush et j'espère que M. Obama élu , il saura faire cela, sur un plan interne en créant les conditions d'un retour à la croissance et à un meilleur équilibre social, sur le plan international en travaillant autrement pour résoudre les conflits et créer un monde plus équilibré», a souhaité le porte-parole du PS.
Vote militants PS: personne ne peut dire qu'il va gagner ou a gagné (Dray)
Invité du Talk Orange-Le Figaro, le porte-parole du PS, candidat au poste de premier secrétaire, juge "normal que chacun essaie de mettre tout son poids dans le vote des militants d'autant qu'on sent qu'il y a une certaine incertitude".
M. Dray pense par ailleurs "qu'il ne faut pas croire qu'on peut être un dirigeant socialiste en étant à l'extérieur de la direction du Parti".
"Si moi je suis candidat au poste de premier secrétaire, c'est parce que j'ai l'intention de faire travailler tout le monde ensemble. Je ne veux pas qu'il y ait des personnalités à côté, qui passent leur temps à commenter l'activité du Parti et souvent à glisser quelques peaux de banane par ces commentaires", poursuit-il.
Se disant "toujours" candidat au poste de premier secrétaire, M. Dray affirme n'avoir "pas mené de campagne personnelle" et n'avoir pas "dit que c'était moi ou le chaos", mais a "fait valoir (ses) capacités auprès des militantes et militants".
Le député de l'Essonne fait valoir que "Ségolène a dit qu'elle réfléchirait et elle a raison de réfléchir, on verra en fonction des résultats, des écarts entre les motions".
Au cas où aucun "des trois grands leaders nationaux "présidentiables" " n'émergerait nettement, "alors il faudra un chef d'équipe". "Il faudra que ce soit un parlementaire aguerri, qui ait une certaine expérience de la vie du parti", affirme M. Dray qui estime "représenter un profil qui permet de construire cette équipe".
samedi 1 novembre 2008
Communiqué de Julien Dray, porte-parole du Parti socialiste
Nous demandons au gouvernement de retirer, à l'occasion du vote solennel de mardi sur le PLFSS, l'amendement qui permet cette atteinte au droit à la retraite.
Julien Dray pour "une politique de relance ciblée"
"Il n'est pas vrai que nous sommes obligés d'accepter la loi d'airain des licenciements. Une autre politique est possible, et des marges de manoeuvre existent pour la mener", affirme-t-il dans un communiqué jeudi soir.
"Après avoir il y a deux jours promis monts et merveilles en matière d'emploi, Nicolas Sarkozy a déclaré aujourd'hui que des licenciements allaient être inévitables du fait de la crise. Qui faut-il croire : le Président volontariste du mardi, ou le Président fataliste du jeudi ?" demande-t-il.
M. Dray affirme qu'il "faut notamment mettre en place une politique de relance ciblée, avec des prises de participation de l'Etat dans des entreprises, des grands travaux de bâtiment et d'infrastructure (en particulier pour soutenir les collectivités territoriales) et un " small business act " pour aider les PME et PMI."





