vendredi 27 mars 2009

Le taureau par les cornes (édito TAG 145)

Si la crise financière est aujourd'hui devenue économique et sociale, il n'en reste pas moins que la partie purement financière du problème – le système bancaire mondial – continue de participer à l'aggravation de la situation. Les difficultés des grandes banques, notamment en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, hypothèquent leurs capacités de crédit et d'investissement, contribuant à gripper un peu plus encore l'activité des entreprises et à détériorer les conditions de vie de nos concitoyens. Face à cela, les États ont revêtu leur costume de pompier pour limiter les dégâts, intervenant sans beaucoup compter : plus de 300 milliards d'euros ont été injectés par les gouvernements dans les capitaux des banques depuis le début de la crise – sans compter les mises à disposition de liquidités et les garanties apportées !

Ce coût et les modalités de ces interventions doivent aujourd'hui être discutées, au vu de l'absence d'amélioration nette de la situation, mais aussi de la continuation d'un certain nombre de pratiques relevant de la provocation pure et simple – parachutes dorés et bonus financiers des cadres bancaires notamment. Jusqu'à présent, et en France tout particulièrement, l'aide d'État aux banques s'est faite sous forme de prêts, pour le plus grand intérêt de la puissance publique … selon ces mêmes banques. Avec ce type d'intervention, selon elles, l'État ne creuserait pas son déficit, et laisserait les activités financières (qui ne seraient pas son métier) entre les mains de spécialistes, à même de remonter la pente, une fois les erreurs du passé abjurées. On peut d'abord, a contrario, s'interroger sur la supériorité professionnelle des dirigeants bancaires, responsables en grande partie de la crise. Mais ce n'est pas le plus important. En laissant les banques s'autogérer, les États ne perturbent pas le moins du monde les intérêts de celles-ci et de leurs actionnaires. Ces intérêts sont, de fait, très simples : protéger leur capital, et cacher l'état réel de leurs actifs et la proportion de titres toxiques en leur sein, pour ne pas détruire la confiance dont elles disposent encore. On conviendra que de tels intérêts ont pour conséquences quasi automatiques deux tendances lourdes : peu prêter aux particuliers et aux entreprises, d'une part ; retarder, d'autre part, la purge des produits financiers toxiques. Épée de Damoclès, s'il en est, au-dessus de la tête de l'économie mondiale, et donc de l'emploi de millions d'hommes et de femmes.

Alors que le FMI prédit que les banques européennes et américaines auront encore besoin de 500 milliards de dollars d'aides supplémentaires, en 2009-2010, pour tenir le choc, il est grand temps que l'État assume vraiment ses responsabilités et prenne le taureau par les cornes, en allant jusqu'au bout de la nouvelle logique d'intervention : autrement dit, en nationalisant les grands opérateurs bancaires qui sont au cœur de la crise. Sans dogmatisme, ni triomphalisme – mais avec la conscience aiguë de la gravité de la situation, de l'incapacité flagrante du secteur bancaire à laver seul son linge sale, et surtout du coût pour les contribuables de cette politique mi-chèvre, mi-chou consistant à aider les banques à grands frais, sans pouvoir agir réellement contre leurs mauvaises pratiques.

De telles nationalisations n'auraient pas vocation à être définitives, ni à consister en une prise de 100% du capital. Elles seraient conçues dans le cadre d'une conception d'un Etat-stratège, nationalisant de façon rationnelle, avec un agenda et des objectifs précis (apporter les financements de la relance, faciliter le crédit …), dans le cadre d’une stratégie financière et économique globale. Et surtout avec une définition précise des conditions ultérieures de revente des parts de l'Etat au secteur privé, et de la rémunération des fonds investis, pour que ces opérations ne se soldent pas par une simple nationalisation des pertes privées au dépens des seuls contribuables.

Prendre le contrôle effectif des banques permettrait par ailleurs d'agir sur les deux problèmes que j'ai signalés. D'abord, de mettre un terme aux pratiques de rémunération type parachute doré, certes marginales, mais symboliquement insupportables pour tous nos concitoyens qui affrontent des difficultés financières en ce moment. Sans se contenter d’agir à ce seul niveau, car les dirigeants bénéficiant de ces bonifications ne font que s’inscrire dans un système et dans une logique financière qui sont, en dernière analyse, les vrais coupables. Ensuite, et surtout, découvrir l'état réel des titres toxiques, récemment estimés à 2000 ou 3000 milliards de dollars au plan mondial. L'État pourrait, plus rapidement que les banques seules, mettre en place des structures de défaisance, ou « bad bank », au sein de chaque organisme financier, pour isoler ces titres, et permettre à la partie saine de la banque de repartir plus vite, et de participer ce faisant à l'effort de relance. Cette solution, qui nécessite que l'Etat finance la « bad bank », serait certes coûteuse, mais toujours moins que l'accumulation d'actions de soutien éparses, ponctuelles et sans stratégie de long terme. Elle donnerait aussi une belle occasion de remettre l'économie « virtuelle » dans le droit chemin, en réinventant une banque qui fasse, tout simplement, son métier.

Le temps est compté, et n'est plus aux atermoiements et aux solutions médianes ou dilatoires. On a déjà trop le sentiment d’un formidable gaspillage, et de temps, et de moyens financiers. Il faut désormais agir vite et résolument – à moins de vouloir courir le risque d'un effondrement du système bancaire dont les conséquences sont, à proprement parler, inimaginables.

Julien Dray

8 commentaires:

Anonyme a dit…

C'est la 1ere fois que je lis votre blog, et quel plaisir.
C'est domage qu'il ne soit pas plus connu...car votre position
sur les "attaques" est tres claire. Elle mériterait d'être plus connue. Votre annalyse du neo liberalisme, base de Busch, et se Sarko, hier est passionnante. Une
société qui perd du Sens, devient,Insensée, c'est a dire
Folle. D'ou l'importance de Redonner du Sens. J'attends avec impatience l'annalyse que vous faites du G20, et du fameux sommet OTAN. Merci et à bientôt de vous lire

chamot a dit…

"Reinventer une banque" écrivez vous. Mais la meilleure façon ne serait elle pas de nationaliser les banques que vous avez privatisées ainsi que tous les services et entreprises publiques à partir de 1983? Les banques en faillite seraient achetées pour 1€; les autres seraient rachetées sur la valeur de l'action moins les dettes. Les dettes seraient revues à la baisse pour éviter les expulsions. L'Etat pretterait directement au taux de 5% à tous (particuliers, entreprises). Les milliards serviraient à augmenter les salaires pour relancer la consommation mondiale. Interdiction de boursicoter!!!

Anonyme a dit…

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SAN ANTONIO OEUVRE COMPLETE 3 FLEUVE NOIRE P 187
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8 P 348
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11 P 302
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14 P 276
15 P 414
16 P 276
17 P 298
18 P 306
19 P 414
20 P 356
21 P 336
22 P 433
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TOUT SIMENO OEUVRE COMPLETE 13 P 197
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10 P 335
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6 P 251
3 P 361
2 P 367
1 P 415
14 P 254
16 P 341
17 P 216
21 P 335
22 P 600
23 P 633
25 P 486

ECHEC ET MAT CREIG STANSKI FOTO NOIRE ET BLANC PARFUMS LANVIN

jacques a dit…

quelle rigolade , ces explications alambiquées a longueur de blog...
la verité se deontre en quelques minutes et quelques phrases...le reste n'est que litterature et votre piteuse demonstration fait pitié...le ps en tant que tel est mort et vous ete en parti son fossayeur...parter dans les iles , faites vous bronzer et salut!!

IL NE VOUS RESTE QU4A TROUVER D4AUTRES PARAVENT , pour utiliser es fonds d'associations bidons

jl

SYL a dit…

DE 2005 A 2008 VOUS AURIEZ GAGNE 1 MILLION 600000 EUROS SANS COMTER CHAUFFEURS ET AVANTAGES DIVERS....BRAVO LA GAUCHE ET LE PARTIE SOCIALISTE
DISPARAISSEZ PERSONNE NE VOUS RETIENT

Anonyme a dit…

26-09

après l'émission de M.Dumas

Jamais,je n'ai douté de votre honnêteté,sentiment partagé avec plusieurs ami(e)s.Nous avons vu,dès le début du déchainement un rapport direct avec votre refus de trahir pour aller à la soupe ;ajouté au rôle de bouc émissaire pour dévier l'attention des fameuses montres bling-bling,sur d'autres montres,celles de Julien Dray par exemple.Etions-nous aussi paranos?

Dorlops Fornitsri a dit…

Une petite clarification de Fillon hier...
On peut bien sur le traiter de menteur...
Mais si on ne vérifie pas le résultat après avoir positivement participé
(Tu dois avoir des idées, je sais que ce sont pas toutes les meilleures, mais tu peux quand même les dire, sur le site dédié, on est pas encore en facholand, sauf si tu refuse de lire ma contribution! De toute façon elle sera publique tôt ou tard.),
on fabrique alors son mensonge, en ne contribuant pas et en laissant les fachos qui souffrent crier leur souffrance et leur ignorance seuls.
Résultat? : Bon on avait raison!.... Et on est comme des cons....Et les maîtres du monde nous tient! Et le Pen sera un bon sergent.Et Total appartiendra complètement à ceux-ci, alors qu’enfin Total n'a plus prise sur les représentants du peuple (salaire du présipote et près carré).
Tout ça finalement se résume, au plan de chacun de ces argumenteurs supérieurement s intelligents, en termes de euh.... ben ça se médite,
mais c'est grave pour la tribu France, car c est d abord de la lacheté.
On devient ce qu'on veut être, voila pourquoi il faut être lucide, parce que sinon on veut mal, et on devient n' importe quoi.
Tout change tout évolue sans arrêt, nous devons suivre le mouvement, non pas essayer de tout arrêter avec des certitudes trop vite faites.
C est en fait la thérapie de la France, ce débat sur l'identité nationale.
Un névrosé a toujours peur d' aller au fond de lui même chercher ce qu' il croit être les mochetés qu' il y a enfouies,
alors que ce sont des souffrances et des crispations auxquelles il faut redonner leur beauté en les nettoyant à l'intelligence et à la compassion.
et c est parce qu' il ne les regarde pas en face que sa névrose continue.
Les tabous sont faits pour ça, garder les humains dans des fonctionnements primaires et auto bloquants.
Les religions du livre sont une industrie du tabou méthodique et très peaufinée, la lutte des classe est la phase 2 du plan,
et on reste dans la même approche divisée alors que c' est ensemble, tous riches et pauvres, que nous sommes piégés dans cette approche
du fait rarissime qu est l' existence de l' humanité. Nous vivons dans l'ère de l'iniquité, car la domination ( machisme etc...) et l'hypocrisie, donc l'idolâtrie ont été élevés au rang de valeurs, pire d'habitude, de routine.
Que savons nous de nos capacités véritables, sans ces bugs, tabous et névroses livrés par ceux qu' on sait via nos parents (Et ainsi de suite)? (Voila pourquoi il nous faut une laïcité enfin positive et non plus sectaire, une laïcité qui permet a tous d' essayer trouver la réponse du mystère de l'existence à sa façon, Gandhi l'a très bien dit, au lieu de ne finalement laisser la place qu'aux idolâtres catholiques, avec une République qui les finance et quasi eux seuls,en méséduquant et formatant ses enfants ???)

Dorlops Fornitsri a dit…

Partie 2 du texte non signé précédent:

Si nous redevenions des druides dans ce monde moderne?
Par la simple maitrise de la machine qui nous échoit pour vivre,
machine qui fonctionne au niveau matériel, mais aussi au niveau de l' esprit, software-hardware...
Travail...SPIRITUEL pour maitriser les logiciel, et même oser les mettre en route puisqu'ils ont été interdits depuis des siècles, et sous la torture, la routine des générations a fait le reste. Tradition ?
Nos fasciste qui font tant peur a la gauche ne sont ils pas pour la majorité les abandonnes, dans leurs ignorances et souffrances, du prolétariat français?
Les chtis ou autres peuples de France sont des gens super évolués, légers et harmonieux, c'est une vérité absolue, et il ne faut surtout rien changer à leur racisme latent ou franc en leur permettant de s'exprimer enfin sur ce qu'ils sont ou veulent être, pour qu'enfin nous puissions leur répondre que la vie est amour et que la Terre est un village que nous voulons rayonnant et pacifique. Et que nous les aimons, ce sont nos frères et qu' ensemble nous le ferons ce Paradis, solidaires et honnêtes (parce qu'ils ont aussi des choses à nous apprendre), en recevant les enseignements animistes ou chamaniques concernant la machine humaine qui nous sont vitaux ainsi qu'à toute la Terre, le grand aquarium qui risque exploser. Relis Aimé Césaire, le Discours sur la colonisation...
Qui donc remâche le vomi d'Hitler? Le PS est BOURGEOIS, tu le dis toi même, avec ses histoires de linge sale. (Mais la révolution aussi, non ?) Et les Francs Maçons ?
Plutôt que de refuser ce débat et continuer à ostraciser nos frères prolos-fachos, on devrait peut être définir ce que nous voulons devenir avec ceux qui sont heureusement au pouvoir de la modernisation incontournable.
Et donc avoir le courage de regarder notre propre fascisme en face, vis à vis des enfants, femmes, PD, efféminés, tordus, differents, car le conformisme est fascisme.
Combien d'enfants qui vont à l'école de la république sont ils violés chaque soir par leurs pères qui battent leurs mères. Que vont ils faire une fois adulte, la belle résilience tellement à la mode en psychologie va leur faire violer à leur tour. Les assises en sont pleines c'est sordide, la voila la France de ceux qui s'élèvent contre le débat sur l'Identité Nationale!


Dorlops Fornitsri