vendredi 20 février 2009

Question de principe

Un certain nombre d'entre vous, devant la déferlante d'articles de presse à charge, s'étonnent de mon silence et s'interrogent : pourquoi est-ce que je ne réagis pas plus vivement ? Pourquoi est-ce que je semble laisser se dire, et s'écrire, des allégations qui n'ont aucune véracité ? Faut-il comprendre que « qui ne dit mot consent » ? La publication d'une « enquête » sur les « socialistes » de ma circonscription, la semaine dernière, a relancé ces interrogations. Je voudrais ici leur répondre, et vous expliquer la ligne de conduite qui est la mienne, et dont je ne dévierai pas.

Mon premier principe est très simple : garder ses nerfs. Et songez combien cela est difficile pour moi, qui suis le premier concerné. Garder ses nerfs et son sang-froid, car la logique à laquelle s'est abandonnée une partie de la presse est celle d'une surenchère endiablée, rebondissant sur chacune de mes interventions pour tenter de créer du scandale, et essayer d'en faire un peu plus que l'article précédent (informations tronquées, arrangées, mensonges par omission … il y aurait de quoi nourrir bien des études de cas dans les écoles de journalisme). C’est une véritable corrida qui s’est organisée – mais je n’en ferai pas le taureau.

Je pourrais répondre à la force par la force, au mensonge par l'imprécation, rendre coup bas pour coup bas. Mais cela, je me l'interdis. Car je suis un élu de la République, un législateur, et c'est donc à moi, en dernier recours, de respecter et de faire respecter les règles et les principes. Même si je comprends tout à fait l'envie de nombre d'entre vous de vous révolter, et de rétablir immédiatement la vérité. Il y a une procédure judiciaire qui est en route. Elle n'est pas la loi du Talion. Il y a un système judiciaire qui fonctionne, et dans le moment présent, j’ai jugé préférable de m’abstenir d’ouvrir un débat sur la justice, qui donnerait le sentiment que je me dérobe via des polémiques faciles.

A aucun moment n'ai-je tenté d'interférer dans ce processus, en politisant mon cas par exemple. Mais j'entends à chaque étape, parallèlement, rappeler et défendre les principes qui guident mon engagement de parlementaire. Le tout premier jour de « l'affaire », en décembre dernier, j'ai appris que l’on voulait perquisitionner mon bureau à l'Assemblée. C'est une procédure tout à fait exceptionnelle et qui doit le rester, du fait de l'indépendance des pouvoirs exécutif, judiciaire et législatif. J'aurais pu crier au scandale, au procès politique, à la violation inacceptable de l'enceinte du Parlement. Mais je ne me suis pas opposé à la perquisition, une fois autorisée par le président de l'Assemblée. Tout en faisant clairement savoir que j'y étais opposé.

Défendre les principes. Défendre les principes du droit, celui évidemment de la présomption d’innocence, mais aussi et surtout celui du débat contradictoire, qui seul peut permettre l’établissement de la vérité, par l’équilibre des arguments. Pour l’instant, j’ai déposé une plainte en violation du secret professionnel, qui est instruite par le parquet. Car c’est précisément cette violation qui a permis et initié le reste de la surenchère, et de la « corrida ». Défendre aussi le principe d’une séparation stricte entre vie privée et vie politique, qui est un des fondements de notre laïcité – j’ai toujours refusé les étalages et la confusion des genres, et même si cela pourrait être plus facile pour moi, je ne cèderai jamais sur ce point, et ce d’autant moins qu’on m’en fera la sommation ou le chantage.

Et parce que je ne suis pas plus insensible que vous aux mensonges répétés, sachez, enfin, que j'ai engagé des procédures judiciaires contre tous les journaux et magazines qui ont, à un moment ou à un autre, publié des propos mensongers ou diffamatoires.

Il n'est pas facile de défendre en même temps sa propre cause, et ces principes. Mais je ne connais pas d'autre chemin possible pour un élu de la République. J'attends, cela va sans dire, que toutes celles et tous ceux qui doivent également défendre et incarner ces principes le fassent tout aussi scrupuleusement que moi.

Julien Dray

jeudi 5 février 2009

Défendons le Planning familial !


La loi de finances 2009 prévoit la diminution de 42% des subventions d'Etat pour les plannings familiaux. Cette baisse sans précédent risque d’entraîner la fermeture de près d'un tiers de ces relais.

Cette diminution est scandaleuse au regard des missions d'intérêt public que remplissent chaque jour les planning familiaux. Structures d'accueil, d’échange, et de prévention, ils reçoivent chaque année près de 450 000 personnes sur tout le territoire. Ce sont pour la plupart des jeunes en détresse qui s'interrogent sur la contraception et la sexualité. Vers qui pourront-t-ils se tourner pour obtenir les réponses, les soins et le soutien que les intervenants sociaux leur prodiguent aujourd'hui? Où iront les jeunes filles qui souhaitent obtenir la pilule ? Quel lieu de parole trouveront les jeunes qui ne peuvent discuter dans leur famille de ces questions ?

Affaiblir les plannings familiaux comme le prévoit aujourd'hui la loi de finances 2009, c'est faire reculer l'information sur les maladies sexuellement transmissibles, c'est abandonner le rôle de prévention auquel l'Etat est tenu. Ce désengagement est criminel et aura pour victimes directes tous ceux qui n'ont pas les moyens de s’informer.

En diminuant les subventions aux plannings familiaux, le gouvernement fait un Grand Bond en arrière, vers une époque où la contraception et la prévention étaient attaquées et où l’on considérait que l’Etat n’avait pas à s’occuper de ces questions. Cette décision budgétaire renoue avec un projet de société qui met à mal « la contraception pour tous ». En ce sens, et sous prétexte de faire des économies, c’est une attaque contre la solidarité.

Aujourd'hui je vous invite à vous mobiliser et à signer la pétition de défense du planning familial que vous trouverez ici.