Le congrès de Reims est désormais entré dans sa phase finale, après une période de maturation qui fut longue et parfois confuse. Les six motions présentées mardi dernier à la Mutualité constituent un premier éclaircissement, et dessinent les contours de la discussion que nous allons mener durant les prochaines semaines. A nous désormais de pousser ce débat jusqu'à son terme, en vérifiant sans caricature ni mauvaise foi quelles sont les convergences, et les divergences, entre les différentes options proposées au vote des militants. Je suis convaincu que nous nous rendrons compte, ce faisant, que les fossés infranchissables que certains se plaisent à dépeindre sont très facilement comblables, et que les socialistes, en définitive, sont plus unis qu'ils ne le croient, et qu'ils n'ont appris à le penser tout au long des querelles internes des années passées. Nous pourrons déjà considérer que Reims est une réussite si notre unité fondamentale y apparaît au grand jour, et vient démentir les bonnes âmes qui prêchent la scission ou l'explosion du parti socialiste.
Pour autant, proximité ne veut pas dire identité. A défaut de différends radicaux, des différences et des nuances existent, notamment sur la conception que nous nous faisons du parti, et sur les priorités que nous fixons à la rénovation du socialisme. J'ai pris la décision de soutenir la motion E – Tou(te)s ensemble, fier(e)s d'être socialistes – parce qu'elle est clairement celle qui porte avec le plus de vigueur et de clarté les idées, et les engagements, qui me semblent nécessaires pour la construction d'un PS en phase avec son époque et ses urgences. C'est une motion lucide sur l'enchevêtrement des crises qui minent nos sociétés – crise environnementale, crise politique, crise économique et financière. C'est une motion qui souligne sans fausse pudeur la nécessité de transformer notre modèle de production et de développement, et qui n'hésite pas à mettre un nom sur la situation dans laquelle nous menaçons de nous enfoncer : l'impasse néolibérale, dont on ne sortira pas en se cantonnant au rôle de gestionnaires pusillanimes du capitalisme oligarchique. C'est une motion, enfin, qui prolonge et approfondit l'ouverture du parti que nous avons entreprise durant la campagne des présidentielles, et sans laquelle nous courrons le risque de l'autisme ou de l'asphyxie. Qui propose de redonner tout son rôle à l'éducation populaire et à la formation interne des militants, qui propose de refaire du PS un intellectuel collectif rythmé par des conventions thématiques régulières, qui propose, enfin, de permettre à nos sympathisants de s'impliquer dans le choix de notre prochain candidat à l'élection présidentielle, et de travailler tôt à réunir toute la gauche et toutes les forces de progrès. Autant de lignes fortes qui sont dans la cohérence de la démarche que je poursuis au sein du Parti socialiste depuis plusieurs années, et dans la continuité des plus nettes réussites de la dernière campagne présidentielle.
Je soutiens la motion E parce que ce qu'elle porte est à l'exact opposé du mal qui menace notre parti : la glaciation, le lâche confort du statu quo. Alors que s'effondre sous nos yeux le système financier qui régentait encore il y a peu l'économie mondiale, est-il besoin de préciser que l'immobilisme nous serait fatal, que la seule solution pour la gauche et les socialistes est d'inventer de nouvelles solutions politiques, dépassant les vieilles oppositions recuites et sachant tirer profit des opportunités de l'époque ? Changer ou mourir : cette alternative est plus que jamais d'actualité.
Pour porter cette analyse de la société, du marché et du champ politique, nous aurons besoin d'un parti fort, organisant sans ostracisme ni réticences l'ensemble de ses – nombreux ! – talents, dans un esprit d'équipe, un esprit de famille retrouvé. Je me suis porté candidat pour mener cette difficile tâche à bien, et je continue aujourd'hui ce combat pour le rassemblement, avec tous ceux qui veulent bâtir une grande force politique populaire et moderne à partir du socle des idées de la motion E. Je vous appelle vous aussi, si vous vous reconnaissez dans cette démarche, à apporter votre soutien à cette motion. Et j'appelle tous les socialistes, sans exclusive, à mener le débat des cinq prochaines semaines dans un esprit constructif et fraternel ; pour qu'il ne constitue pas une perte de temps, mais une véritable rampe de lancement pour l'opposition constructive, et intransigeante, que nous devrons collectivement bâtir dans les prochains mois.
Julien Dray
Pour autant, proximité ne veut pas dire identité. A défaut de différends radicaux, des différences et des nuances existent, notamment sur la conception que nous nous faisons du parti, et sur les priorités que nous fixons à la rénovation du socialisme. J'ai pris la décision de soutenir la motion E – Tou(te)s ensemble, fier(e)s d'être socialistes – parce qu'elle est clairement celle qui porte avec le plus de vigueur et de clarté les idées, et les engagements, qui me semblent nécessaires pour la construction d'un PS en phase avec son époque et ses urgences. C'est une motion lucide sur l'enchevêtrement des crises qui minent nos sociétés – crise environnementale, crise politique, crise économique et financière. C'est une motion qui souligne sans fausse pudeur la nécessité de transformer notre modèle de production et de développement, et qui n'hésite pas à mettre un nom sur la situation dans laquelle nous menaçons de nous enfoncer : l'impasse néolibérale, dont on ne sortira pas en se cantonnant au rôle de gestionnaires pusillanimes du capitalisme oligarchique. C'est une motion, enfin, qui prolonge et approfondit l'ouverture du parti que nous avons entreprise durant la campagne des présidentielles, et sans laquelle nous courrons le risque de l'autisme ou de l'asphyxie. Qui propose de redonner tout son rôle à l'éducation populaire et à la formation interne des militants, qui propose de refaire du PS un intellectuel collectif rythmé par des conventions thématiques régulières, qui propose, enfin, de permettre à nos sympathisants de s'impliquer dans le choix de notre prochain candidat à l'élection présidentielle, et de travailler tôt à réunir toute la gauche et toutes les forces de progrès. Autant de lignes fortes qui sont dans la cohérence de la démarche que je poursuis au sein du Parti socialiste depuis plusieurs années, et dans la continuité des plus nettes réussites de la dernière campagne présidentielle.
Je soutiens la motion E parce que ce qu'elle porte est à l'exact opposé du mal qui menace notre parti : la glaciation, le lâche confort du statu quo. Alors que s'effondre sous nos yeux le système financier qui régentait encore il y a peu l'économie mondiale, est-il besoin de préciser que l'immobilisme nous serait fatal, que la seule solution pour la gauche et les socialistes est d'inventer de nouvelles solutions politiques, dépassant les vieilles oppositions recuites et sachant tirer profit des opportunités de l'époque ? Changer ou mourir : cette alternative est plus que jamais d'actualité.
Pour porter cette analyse de la société, du marché et du champ politique, nous aurons besoin d'un parti fort, organisant sans ostracisme ni réticences l'ensemble de ses – nombreux ! – talents, dans un esprit d'équipe, un esprit de famille retrouvé. Je me suis porté candidat pour mener cette difficile tâche à bien, et je continue aujourd'hui ce combat pour le rassemblement, avec tous ceux qui veulent bâtir une grande force politique populaire et moderne à partir du socle des idées de la motion E. Je vous appelle vous aussi, si vous vous reconnaissez dans cette démarche, à apporter votre soutien à cette motion. Et j'appelle tous les socialistes, sans exclusive, à mener le débat des cinq prochaines semaines dans un esprit constructif et fraternel ; pour qu'il ne constitue pas une perte de temps, mais une véritable rampe de lancement pour l'opposition constructive, et intransigeante, que nous devrons collectivement bâtir dans les prochains mois.
Julien Dray
1 commentaire:
J'attends avec impatience le congrès de Reims!!!!
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