Je suis indigné et outré par la convocation d’une mère de famille sans papiers au commissariat à la suite d’une dénonciation par un fonctionnaire de la mairie du Vème arrondissement.
Alors qu’elle venait inscrire son enfant à l’école, elle a été « signalée » aux services de police en tant que clandestine. Cette triste histoire appelle plusieurs éclaircissements.
Tout d’abord il faut rappeler que l’inscription à l’école n’est en aucun cas conditionnée par la situation administrative des parents. Autrement dit un enfant dont le père ou la mère résident clandestinement sur le territoire ne peut être privé d’école. Car l’école et l’enseignement relèvent de droits fondamentaux, elles sont un engagement que la République prend à l’égard de tous ceux qui vivent sur son territoire, clandestinement ou pas. En leur interdisant l’accès à l’école, on rend les enfants coupables d’une situation dont les parents et dans une certaine mesure l’Etat sont responsables. En quoi ces écoliers gênent-t-ils la République ? Certains semblent avoir oublié que la France est signataire du pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels qui institue le droit à l’éducation par exemple.
Par ailleurs que dirons-nous à ces élèves si un jour leurs parents acquièrent la nationalité française ? On les aura privés pendant plusieurs années d’une instruction nécessaire. Et imaginons même que leurs parents ne soient pas régularisés, les écoliers seront reconnaissants envers l’école de la République de les avoir accueillis généreusement et de leur avoir appris à lire et écrire.
Par ailleurs, comment comprendre cette démarche de « signalement » autrement que comme de la délation pure et simple. Le maire du Vème arrondissement devrait avoir honte de soutenir de telles méthodes. Que signifie cette nouvelle forme de chasse au clandestin dont l’appât serait l’école ? A quand la traque par des policiers à la sortie des écoles maternelles ? Dans la même logique on peut imaginer des contrôles d’identité dans les cours d’école ou dans les salles de classe. Jean Tiberi se trompe lourdement en considérant que les administrations municipales seraient dans l’obligation de « signaler » aux autorités policières toute démarche d’un clandestin. Pour le moment les agents municipaux ne sont pas encore des troupes auxiliaires de la police des frontières. Le fonctionnaire zélé qui s’est livré à cette délation a remis au goût du jour le « crime de bureau ». Il ne doit pas être bien fier aujourd’hui quand il se regarde dans un miroir.
JD
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