mardi 9 décembre 2008

Une centenaire qui ne fait pas son âge


Nous fêtons aujourd'hui le 103ème anniversaire de la loi de séparation entre les Églises et l'Etat. Cette grande loi votée il y a plus d'un siècle est aujourd'hui la garantie de la laïcité républicaine. Parce qu'elle assure une indépendance de l'État vis-à-vis de toute religion, elle permet à chacun d'exercer sa liberté de conscience. Parce qu'elle interdit à la religion de s'immiscer dans les affaires de l'État, elle évite toute main mise sectaire sur l'administration.

Si aujourd'hui nous continuons à défendre la laïcité, c'est parce qu'elle institutionnalise la tolérance. L'État ne me considère pas comme un musulman, un juif, un chrétien ou un athée mais comme un citoyen. Loin d'une vision communautariste où chaque individu serait cantonné dans son appartenance religieuse, la laïcité est un espace partagé où chacun est libre de croire ou non. C'est grâce à la laïcité que nous pouvons vivre ensemble dans le respect des croyances d'autrui. Si la laïcité me permet d'exercer ma religion sans être inquiété par l'Etat, elle me donne l'obligation de respecter autrui dans sa religion ou ses croyances.

Enfin la laïcité est une liberté. En ces temps de retour du religieux et du fanatisme, elle est la matrice et le cadre de toute émancipation intellectuelle. C'est ce concept qui était au cœur de l'école de la République pour former des citoyens libres et responsables. C'est ce projet d'éducation civique qu'ont porté pendant plus d'un siècle les instituteurs de toute la France. Et c'est leur énergie qui a permis de transmettre au sein d'une école laïque les valeurs de liberté et d'égalité.

A plusieurs reprises, le Président de la République a avancé le concept de laïcité positive. Pour ma part je ne vois pas en quoi la laïcité telle que nous la pratiquons depuis 103 ans est négative. Comme je le disais plus haut, elle assure le respect de toutes les religions et la liberté de conscience.

Ce que je crains, en revanche, c'est que sous le prétexte de dépoussiérer la loi de 1905, on prépare un recul de la laïcité. Je ne pense pas comme le Président, qu'il faille imaginer un système où le prêtre aurait une plus grande influence que le maître d'école. Je continue de penser que la laïcité, parce qu'elle représente la neutralité absolue de l'État, ne peut pas être « positive », c'est-à-dire ne plus être neutre avec les religions. Ce n'est pas son rôle. Son rôle est d'établir clairement une séparation entre la sphère publique et la sphère privée.

En ce jour de commémoration de la laïcité, restons vigilants pour préserver cette pierre angulaire de notre pacte républicain.

Julien Dray

2 commentaires:

Anonyme a dit…

OK sur tout le texte mais... Delanoë et ses subventions à une crêche intégriste juive, Aubry et ses horaires de piscine réservés aux femmes ect...?
Le jour où il va falloir descendre dans la rue pour la défendre notre laïcité, pensez-vous que le PS sera crédible?
Et pendant ce temps-là, la droite pervertit le sens de la laïcité pour mieux stigmatiser les musulmans.

Ludo Lefebvre a dit…

Et les mosquées qui poussent comme des champignons sous les initiatives de politiciens de votre genre ? C'est bon pour la laïcité et la République comme il l'est montré dans tous les pays où règne la superstitieuse charia.

Vous avez créé SOS Racisme pour que votre antigoyisme, votre anticatholicisme soit fécond. Si de nombreux juifs de mon entourage ne vous aime pas, je comprends pourquoi lorsqu'ils voulaient vivre comme des citoyens ordinaires, vous les avez mis en exergue, dans la rixe.
Vous n'êtes pas qu'un escroc, mais également un pourvoyeur de nation, de peuples, un adepte des génocidaires du siècle passé.
Si une guerre civile venait sur ce sol, nous vous la devrions.