Lettre distribuée dans la Dixième Circonscription de l'Essonne
Madame, Monsieur,
Ce mardi, des centaines de milliers de Français ont manifesté dans la rue pour témoigner de leur opposition à l’actuelle réforme des retraites. C’est un mouvement important et qui envoie un avertissement fort au gouvernement. Ce gouvernement et la majorité présidentielle, de leur côté, essaient de faire croire qu’il y a ceux qui sont pour une réforme – eux – et ceux qui seraient contre toute réforme. Rien n’est plus faux. Il faut bien sûr une réforme du financement de notre système de retraites, pour que son existence ne se retrouve pas en danger, pour qu’il prenne mieux en compte les carrières pénibles et les inégalités de situation Mais ce n’est pas ce type de réforme que propose le gouvernement. Comment accepter un projet aussi injuste, qui fait reposer 90% de l’effort financier nécessaire sur les seuls salariés ? Comment valider une « réforme » que l’on nous dit historique mais qui ne règlera pas le problème du financement de nos retraites au-delà de 2018 ? Une réforme qui alourdira encore plus la facture de l’assurance-chômage, en envoyant les ex-futurs-retraités pointer à l’ANPE, dans un pays où les séniors ne trouvent pas de travail ?
Ces objections ont été très tôt portées à la connaissance du gouvernement par les syndicats et les partis de gauche, le Parti Socialiste en premier lieu. Mais si dialogue en apparence il y eut, ce fut un dialogue de sourds. A aucun moment la majorité n’a souhaité travailler à construire un consensus, se contentant de faire vivre un simulacre de concertation, et s’appliquant à ne pas bouger d’un pouce sur ses positions. Le projet était déjà ficelé au début des discussions ; c’est le même que le Premier ministre entend faire passer en force aujourd’hui. Les prétendues concessions annoncées mercredi par le président de
Après la journée de protestation de mardi, le gouvernement et le président ne peuvent plus faire comme s’ils ne voyaient rien de la colère qui monte dans notre pays. Et ce n’est qu’un début. La mobilisation doit continuer, sur tous les fronts. Elle va continuer. Avec mes collègues députés de l’opposition, je me bats pied à pied à l’Assemblée, pour ne pas laisser passer ce projet. Et si cette réforme se met malgré tout en place, et si la gauche revient à la tête de notre pays en 2012 – ce que j’espère – elle doit s’engager fermement à l’annuler. Parce que c’est le droit inaliénable de tout citoyen de pouvoir profiter de sa retraite en bonne santé ; parce que rien ne saurait justifier que l’on se tue au travail, surtout quand les efforts financiers demandés ne pèsent que sur les épaules de quelques uns, et épargnent soigneusement les revenus du capital et les Français les plus fortunés.
Je le répète, la mobilisation des citoyens ne doit pas faiblir. Je sais que faire la grève est difficile, financièrement, professionnellement, et que beaucoup d’entre vous – les sondages le montrent – soutiennent fortement le mouvement de protestation, même s’ils ne défilaient pas mardi. Une autre réforme est possible. Ne vous résignez pas. Si le gouvernement impose malgré tout son texte au Parlement, malgré la colère du pays, alors nous exigerons qu’il assume ses responsabilités et qu’il organise un référendum pour consulter tous les Français.
Madame, Monsieur, si j’ai décidé de vous écrire aujourd’hui, c’est parce que le moment est grave et lourd de conséquences pour vos droits de citoyen, à commencer par celui de vieillir en bonne santé. Vous pouvez compter sur moi pour les défendre à vos côtés.
Julien Dray
4 commentaires:
Il y avait du monde dans la rue, retraités et actifs, publics et privés, ce gouvernement méprise une partie des français, cette réforme est injuste et s'en prend toujours aux mêmes, il faut réagir, tous ensemble.
Bravo pour votre intervention télévisée, il est temps que la gauche rassemble tout le monde et que cela change pour 2012
Monsieur Dray je vous écoute actuellement sur C politique. Vous parlez plutôt bien, mais vous parlez trop vite, bien trop vite, au point parfois d'avaler quelques syllabes. C'est aussi fatiguant que les spots publicitaires ou les informations débitées dans un temps record (vous évoquez justement le temps de parole..). Sinon, j'ose espérer qu'une opposition saura très vite se manifester avec force et cohérence pour rendre un équilibre politique à notre état.
Courtoisement
M. Blanc
Cher Julien,
Votre blog est un peu obsolète par rapport aux récentes technologies, je vous encourage à aller voir celui de Pierre Moscovici (qui a sans doute plus de moyens) afin de vous donner des idées.
Sinon j'apprécie votre action politique, spécialement dans cette période où on marche sur la tete en se tirant une balle dans le pied....
Malheureusement, il est certaines catégories de salariés que vous ne verrez jamais dans la rue, à moins que ce soit en dernier recours; lorsque le dos au gouffre elles ne puissent plus faire que front, armes à la main. Je fais partie de ces travailleurs qui ne peuvent se permettre de descendre dans la rue, même pour une cause juste. Mon métier, ses règles, son salaire, ses heures me clouent "dans le guidon"...Mais cela ne veut pas dire que les absents soient désintéressés: Cela le gouvernement l'occulte, comme pour se rassurer. Méfiance donc, car nous sommes malgré tout des gens qui pensent, croient, aspirent. Il vaudrait mieux que les gouvernants prennent en compte les gens comme nous, avant que nous ne soyions obligés de remplacer les manifestations citoyennes par celles, moins pacifiques, celles du désespoir ultime. L'histoire sociale est bien vite oubliée chez les Enarques ...Représentez-nous, aussi, en tenant bon....Courage!
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