En 2012, la production de film a
augmenté de 2,6%. On comptait en 2012, 279 agréés par le CNC, avec une forte
présence de coproductions avec l’étranger et un niveau élevé de films
d’animation (12) qui démontre le dynamisme français dans ce domaine. Il est
évident que le cinéma français est le seul, en Europe, à résister valablement à
l’hégémonie nord-américaine. C’est donc un cinéma s’inscrivant pleinement
dans la mondialisation et qui ne succombe pas aux affres de la
globalisation mercantile.
Le secteur cinématographique est,
en France, un secteur qui associe action de la puissance publique et initiative
du secteur privé. C’est, en quelque sorte, un secteur d’économie mixte. A
travers l’action du Centre National du Cinéma mais également des collectivités
locales (comme, par exemple, le Conseil Régional d’Ile-de-France) et des
organismes associés à ces collectivités (je citerai les différentes Commissions
du Film des régions de France), un certain nombre d’aides permettent la
création cinématographique.
Ces aides assurent l’assise
suffisante aux productions cinématographiques, dont on sait qu’elles nécessitent
souvent des investissements importants. C’est le point de rencontre du public
et du privé, dans un secteur qui revêt un intérêt stratégique majeur. Les Aides
du CNC ou des collectivités locales (qu’elles concernent l’aide au scénario, à
la production, à la diffusion, à l’exploitation) correspondent à la volonté
d’assurer une solidité financière suffisante aux professionnels du secteur. Car,
en effet, si ce système n’existait pas, à l’évidence le marché mondial
rassemblerait vite très peu d’acteurs
En aucun cas, l’Etat ou les
collectivités locales ne commandent de films. Là n’est pas leur rôle. Leur rôle
c’est de contribuer à assoir cette industrie, c’est de l’aider à se développer,
à produire sans subir les aléas liés au premiers investissement à effectuer. L’action
publique prend tout son sens. Elle ne se substitue pas à l’initiative privée, à
l’entreprise privée, elle la conforte et lui permet d’avancer.
Le 7ème Art, depuis
son invention, c’est l’industrie du rêve. C’est une forme de « soft
power » particulièrement puissant et il n’est pas étonnant que ceux qui ne
croient qu’au marché et réduisent la culture à un bien de consommation
comparable au dentifrice, aient envie de défaire les politiques publiques en
faveur de la diversité de la création cinématographique.
Certes, le système français n’est
pas parfait. Assurément, est-il possible de parfaire nos dispositifs, de les
préciser, de les développer. Mais force est de constater que de plus en plus de
pays prennent exemple sur cette politique pour bâtir leur propre politique en
direction de l’industrie cinématographique.
Ainsi, parler « d’exception
culturelle » revient quelque peu à fausser le débat. Il ne s’agit pas
d’une « exception », d’une concession faite au milieu de la culture
ou d’une sorte de dérogation complaisamment octroyée.
Il s’agit d’un modèle économique
et d’une façon de concevoir la création, dans la mondialisation, qui peut être
pleinement vivable pourvu que les Etat et la puissance publique (les autorités
locales notamment) jouent pleinement leur rôle. Ce qui est possible pour le
cinéma, comme pour le reste de la culture, doit l’être pour les autres secteurs
d’activité. Permettre l’innovation, la diversité de la création, cela passe par
une combinaison nouvelle entre puissance publique et initiative privée.
La mobilisation en faveur de la
territorialisation des aides répond à cette volonté partagée des acteurs
publics et des industries cinématographiques de rappeler le lien entre
territoires, emplois et création culturelle.
C’est donc bien un modèle
innovant, qui tourne le dos au tout-marché, qui s’affirme. Voilà pourquoi ce n’est
pas que du cinéma.
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