Comme vous l’aurez probablement constaté en parcourant la presse ce matin, « l’affaire DSK » est en train de connaître un (vraisemblablement) radical rebondissement, et un nouveau coup d’accélérateur.
Tout d’abord, je me permets de vous conseiller de relire le premier billet que j’ai consacré à ces événements, lors du week-end de l’arrestation de Dominique. Non pas que j’en éprouve quelque gloriole, mais j’aimerais que l’on tire enfin les leçons qui s’imposent de ces psychodrames médiatiques à répétition ; que l’on comprenne une fois pour toutes qu’il faut absolument refuser les effets de meute et les lynchages, que le respect de la personne des plaignants, comme de la présomption d’innocence des accusés, doivent être toujours défendus conjointement, et sans concession ; qu’il est essentiel, dans ce genre d’affaire, de refuser les passions et de s’en tenir au strict examen des faits avérés.
Désormais, nous attendons tous la suite – judiciaire – des événements. Il ne faut évidemment pas reproduire en sens inverse l’emballement hystérique du mois dernier. Il faut des réponses claires à ces questions : que s’est-il vraiment passé, notamment dans l’heure qui a précédé l’arrivée de la police américaine à l’hôtel ? Comment les éléments que l’on révèle à présent sur Nafissatou Diallo, d’abord dépeinte en absolue victime, désormais quasiment soupçonnée d’accointances avec le grand banditisme, ont-ils pu ne pas être connus plus tôt de la police new-yorkaise ?
Comme toujours, il y aura les pro-DSK de la 25ème heure ; les meutes vont changer de ton ; « on lynche, on lèche ». Mais on sent bien, quoi qu’il en soit, qu’un bouleversement considérable, y compris politique, est en train de se dérouler sous nos yeux. Nous en saisirons les conséquences dans les prochaines heures, les prochains jours. D’ores et déjà nous pressentons que les conditions de déroulement de nos primaires, comme de la campagne elle-même, vont être profondément bouleversées.
Je voudrais simplement dire, pour terminer, que je pense à Dominique et au mois et demi qu’il a traversé. A sa force de caractère, qu’il a prouvée à celles et ceux qui la questionnaient. A sa compagne et à sa famille, qui ont fait front avec lui. Nous sommes un certain nombre à pouvoir leur dire que nous les aimons. Et c’est suffisant.
Julien Dray
1 commentaire:
Très bon mot "on lynche; on lèche", je me pose toutefois une question. Le terme de "meutes" vise qui ? N'a-t-on pas le droit d'être déçu puis se raviser et d'aimer sans pour autant s'en retrouver manipuler ? Je repense à la phrase de Gandhi : "D’abord ils vous ignorent, ensuite ils vous raillent, ensuite ils vous combattent et enfin, vous gagnez."
bref, je voulais dire que cette affaire reprise par une politique franco-française la dépasse de loin. DSK, à mon sens -sans être ni un "pro" ni un "anti"-, n'ayant pas utilisé son passeport diplomatique comme "joker" s'est sans doute sacrifié, pour mieux mettre en lumière les côtés obscurs et malodorants des jeux de pouvoir internationaux sur fond de fait divers.
Les pro-DSK de la 25eme heures sont certes des pièces rapportées mais.. il seront dans vos rangs. Reste à savoir si vous voulez de l'élitisme ou du rassemblement.
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