vendredi 8 août 2008

Mon intervention au Conseil National du 14 Juin 2008

Mes camarades, quand on discute de la déclaration de principe, beaucoup de commentateurs nous disent : c’est un texte intemporel, finalement vous vous êtes mis d’accord sur des questions qui n’ont pas de prise sur la réalité, et les batailles à venir le montreront.
Je voudrais éclairer le débat que nous avons eu sur notre déclaration de principe, au regard peut-être de quelque chose qui est passé un peu inaperçu, mais qui va être l’un des éléments clés des mois à venir.
Jeudi l’UMP a tenu une convention dite sociale, mais ce qui est intéressant de voir, c’est les propos qui ont été tenus dans cette convention dite sociale, par Xavier Bertrand notamment, et par d’autres.
L’UMP a décidé de s’afficher sociale libérale dans cette convention, mais l’UMP surtout a désigné quel était son partenaire privilégié dans la confrontation avec la gauche. Et le choix qu’elle a fait, c’est celui d’Olivier Besancenot*.
Xavier Bertrand a expliqué, dans cette convention, que désormais la confrontation majeure qu’il y avait, c’est entre ce qu’ils représentaient, eux, et ce que représente Olivier Besancenot, reprenant à son compte ce qui était la formule initiale des fondateurs de la cinquième République, cette fameuse phrase d’André Malraux qui disait « entre les communistes et nous, il ne doit rien y avoir. »
C’était le socle fondateur qui scellait le fait que la droite devait éternellement rester au pouvoir, et que si elle savait manœuvrait, comme le disaient à l’époque les fondateurs de la cinquième République, ils en avaient pour cent ans à rester au pouvoir.
Nous sommes confrontés à une situation finalement assez similaire. C’est pour ça que notre déclaration de principe est importante, et comme toujours dans ce genre de texte, c’est souvent dans le dernier article qu’il faut concentrer notre vigilance.
Dans ce 22e, ce qui devient maintenant le 24e article, nous revendiquons l’idée que nous ne résoudrons* pas aux divisions du passé. Et nous revendiquons l’idée qu’il n’y a qu’une seule gauche, et qu’il n’y a pas pour nous deux gauches, comme certains vont vouloir essayer en permanence de le rappeler, en essayant de faire qu’il y ait en permanence un référendum entre la bonne et la mauvaise gauche.
Au coeur de la fondation du Parti socialiste ou de sa refondation, en 1971, c’est cette question-là qui est en jeu.
Dans les discours de François Mitterrand, qui va lui permettre d’accéder à la responsabilité de Premier Secrétaire, il y a ce passage très important, où il dit la chose suivante : « Nous ne devons pas avoir de discussions idéologiques, nous devons avoir une discussion pratique, et la discussion pratique, c’est celle du rassemblement de la gauche pour accéder au pouvoir. » Et nous sommes aujourd’hui dans la même situation, nous ne devons pas tomber dans le piège qui va nous être tendu, qui va être mis en scène, parce qu’il y a effectivement un certain nombre de bonnes fées qui vont se pencher sur le sort du facteur.
Je ne crois pas qu’il y ait d’anecdotique rencontre comme cela s’est fait de manière télévisuelle sur quelques chaînes publiques. Je crois qu’il va y avoir la volonté en permanence d’essayer de nous opposer à un autre gauche, qu’il va y avoir en permanence la volonté d’essayer de montrer qu’il y a une gauche du rêve et une gauche de la gestion.
De ce point de vue là, notre déclaration de principe est importante, parce qu’elle rappelle ce qui est l’essence même de notre combat : le rassemblement de la gauche, le refus de la division et en permanence la volonté d’accéder au pouvoir, parce que la véritable gauche, c’est celle qui change réellement la société, et que pour cela, il faut effectivement créer les conditions de la victoire électorale.
Et je crois que dans notre déclaration de principe, en réaffirmant cela, nous clôturons aussi un certain nombre de débats que nous pouvons avoir, et que nous avons eu, et que nous avons eu y compris au moment des municipales.
La question la plus importante pour le Parti socialiste, c’est d’être toujours celui qui rassemble, d’être toujours au cœur de cette démarche de rassemblement et de ne jamais se résoudre à une division quelle qu’elle soit au sein de la gauche.
C’est ce que je voulais dire ce matin parce que je crois que ce 22e article va être le guide de notre action dans la construction du rassemblement de la gauche, qui va être au cœur de la démarche que nous devons entreprendre pour gagner les élections présidentielles de 2012.
Merci.

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