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mardi 4 novembre 2008

Le parti que nous voulons

N'hésitez pas à lire et relire les numéros de la tête à gauche, en bas à droite de mon blog...
TAG 136 / Le parti que nous voulons
Le premier objectif d'un congrès du parti socialiste devrait être de parler du parti socialiste. Lapalissade peut-être, mais qu'il convient de rappeler, à quelques heures du vote sur les motions : c'est le moment de notre vie politique où nous pouvons et devons nous interroger collectivement sur le type de militantisme que nous souhaitons, sur le périmètre que nous voulons lui donner, sur la façon d'être ensemble que nous privilégions. On pourrait penser, intuitivement, que ces questions ne sont pas les plus clivantes, que les différences idéologiques constituent des lignes de fracture – et donc de choix – plus saillantes. Mais l'histoire récente du PS nous invite à repenser cela. Nos débats les plus vifs ne sont pas ceux qui ont porté sur le libéralisme ou sur la refonte de notre système de production. L'adoption à une large majorité de notre déclaration de principes a même montré qu'il existait actuellement un assez large consensus sur le positionnement politique des socialistes français. Mais qui ne se souvient, a contrario, des violents débats occasionnés par l'arrivée massive des « adhérents à 20 euros », ou encore de la guerre de tranchée autour de l'introduction de la démocratie participative lors de la campagne présidentielle de 2007 ? Là où la controverse autour de la revendication, par un des prétendants à la tête du parti, du concept de libéralisme, n'a suscité que quelques passes d'armes tactiques – passant assez largement, qui plus est, au-dessus de la tête des militants – combien d'encre a coulé, combien d'imprécations ont été proférées au sujet de l'ouverture massive de notre parti par l'abaissement des cotisations !
Les différentes motions en jeu méritent donc d'être lues également, si ce n'est d'abord, sous l'angle du parti socialiste qu'elles proposent pour demain. Le choix de la motion E est très clair : c'est celui du parti de masse.
Pourquoi ce choix ? Il découle logiquement de la sociale-démocratie moderne et renouvelée qui est plus que jamais pertinente, en ce moment historique d'échec avéré du libéralisme économique dérégulé. La sociale-démocratie repose sur l'instauration d'un rapport de force des salariés et des citoyens avec les pouvoirs économiques et les capitalistes. Rapport de force dont les outils privilégiés sont les partis, associations et syndicats de masse. C'est entre autres parce que nous n'avons jamais, en France, réussi cette part de l'équation que le Parti socialiste a eu le plus grand mal à enchaîner les victoires électorales. C'est sur ce point que nous devons donc changer.
Éclaircissons d'emblée une ambiguïté récurrente au sujet de l'expression « parti de masse ». Ceux qui combattent ce concept ont coutume de le rabattre sur celui de « parti de supporters », comme si le simple fait d'augmenter massivement le nombre de nos adhérents avait pour effet mécanique la dilution de leur qualité, et de leur engagement. Il n'en est rien : quand nous parlons de parti de masse, nous pensons en même temps aux structures qui permettraient d'intégrer les nouveaux militants que nous voulons attirer en nombre. Cela veut dire : des dispositifs d'accueil et de formation (sur l'histoire, les valeurs et le fonctionnement du PS) ; une démocratie interne renforcée, avec une association permanente des militants à l'élaboration de nos programmes, par la démocratie participative, et aux choix politiques du bureau national, via des referendums internes sur les sujets difficiles à trancher ; une multiplication des types de sections, dans les entreprises par exemple, pour que chacun puisse militer comme il l'entend, et là où il veut.
Bien sûr, il faut également se mettre en situation d'attirer ces nouveaux camarades. Sans doute la « qualité de l'offre » proposée par un PS rénové, pour reprendre les mots du premier secrétaire sortant, peut-elle être un puissant produit d'appel. Mais comment ne pas se rendre compte que les sommes trop souvent prohibitives, établies selon des barèmes obscures, qu'il faut débourser pour adhérer au parti socialiste constituent non seulement un répulsif puissant, mais aussi une barrière censitaire ? Abaisser et clarifier le coût de l'adhésion, c'est tout simplement permettre au PS de redevenir un parti populaire.
Que permet un parti réellement de masse – disons, qui atteindrait le seuil symbolique de 300 000 adhérents d'ici le prochain congrès ? Il démultiplie notre surface de contact avec nos concitoyens, améliorant ainsi notre perception de leurs préoccupations et notre capacité à diffuser et tester nos propositions. Il est capable d'amorcer des mobilisations sociales sur ses seules forces – un soutien à une grève ou un appel à manifester du PS, dans une telle configuration, prendraient une tout autre dimension.
Enfin, ou surtout, il donne un tout autre sens aux choix des militants, et règle la question de la « discipline » interne au parti. On a beaucoup glosé sur les problèmes récurrents de discipline de vote ou d'expression au PS, nombre de dirigeants, ces dernières années, ayant cru bon de se soustraire à la décision majoritaire pour faire campagne dans le sens inverse. La solution est-elle, comme le disent notamment nos camarades de la motion A, de durcir l'autorité du premier secrétaire et les sanctions ? Nous ne le pensons pas, n'ayons jamais cru au dogme du parti « qui se renforce en s'épurant ». C'est la massification du PS, et l'intensification de l'implication des militants, qui peut apporter une réponse. Il est facile de passer outre la décision d'un parti de 100 000 adhérents, dont seule la moitié prend part aux (rares) votes internes. Il en irait tout autrement dans une formation de 300 000 militants, actifs et régulièrement consultés : le poids du mandat majoritaire serait incomparable, et il serait beaucoup plus difficile de le fouler aux pieds. A moins de vouloir s'exposer à la colère de plusieurs centaines de milliers de camarades !
Il faut aller plus loin encore. La massification du parti ne peut aller sans une massification parallèle de ses sympathisants. Et là encore, la solution passe par une implication plus poussée de ceux-ci. C'est ainsi que nous concevons l'organisation de primaires ouvertes pour la désignation de notre candidat à la présidentielle – quelle meilleure façon de montrer à nos concitoyens que nous nous soucions d'eux, que de leur permettre de se prononcer sur le nom de celui ou de celle qui les représentera à la première élection nationale ? Un socialiste désigné par ses seuls pairs est le candidat d'un parti. Un socialiste désigné par les socialistes et par la majorité des hommes et des femmes de gauche serait le candidat du pays, fort d'une légitimité et porté par une dynamique de mobilisation incomparables.
Le 6 novembre, votre vote posera le premier pavé sur la route de 2012. Cette route, n'en doutez pas, passe impérativement par la rénovation en profondeur du fonctionnement et du périmètre de notre parti. Faire le choix de la motion E, c'est faire le choix du changement.
Romain Pigenel

mercredi 17 septembre 2008

Après la décision de Royal, l'appel de Dray

Après la décision de Royal, l'appel de Dray
Interview - "Il faut que chacun dise quel geste il est prêt à faire pour se retrouver", affirme le porte-parole du PS.
"J'ai du mal à suivre Pierre Moscovici", confie-t-il.

LCI.fr - Ségolène Royal a mis lundi entre parenthèses sa candidature à la tête du PS. Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle ?

Julien Dray : Je ne suis pas d'accord avec vous sur ces termes. Cela doit être pris pour ce que c'est : une responsable politique qui, à un moment donné, estime qu'il faut sortir d'une situation qui peut devenir une situation de crise. Et qui décide donc, avec intelligence, de mettre les questions de personnes de côté et de travailler tous ensemble. C'est un élément qui peut aider à ce que l'on ne donne pas un spectacle d'affrontement permanent, et que l'on essaye de trouver de nouvelles bases pour travailler.

LCI.fr - Trouvez-vous, comme certains, sa déclaration ambiguë ?

Où est l'ambiguïté, où est le caractère étrange ? Il faut qu'on arrête de se suspecter les uns les autres. Il faut apprendre à s'écouter et se respecter. Ségolène Royal a dit des choses importantes lundi soir, et elles doivent être prises pour ce qu'elles sont. Quand on cherche toujours midi à quatorze heures, c'est que soi-même on a une petite idée derrière la tête que l'on ne veut pas exprimer.
Ségolène Royal ne prend pas des décisions à la légère. Elle a appris de toute son expérience récente. Elle a estimé qu'il fallait dégeler une situation qui donnait progressivement le sentiment que tout était figé. Et depuis ce matin, on voit bien que sa décision permet à chacun d'engager une nouvelle réflexion.

LCI.fr - Hier sur TF1, Ségolène Royal a repris peu ou prou la même argumentation que Pierre Moscovici et les partisans de la ligne Ligne Claire (Gérard Collomb, Jean-Noël Guérini). Un rassemblement est-il en train de s'opérer autour de ces personnalités ?

Il ne faut pas monter des combinaisons qui se défont aussi vite qu'elles se font, et qui ne font qu'ajouter à la confusion générale.
Dans le moment actuel, il ne faut pas désigner telle ou telle personnalité à la vindicte populaire. Je crois qu'il faut travailler loyalement pour créer les conditions du rassemblement. C'est en tout cas comme cela que je me comporte depuis des semaines. Dans cette affaire-là, je ne cherche pas à être la vedette.

LCI.fr - Ce n'est pas ainsi qu'agit Pierre Moscovici ?

J'ai du mal à le suivre.

LCI.fr - Pourriez-vous rejoindre un rassemblement avec Ségolène Royal et la Ligne claire ?

Je ne pose pas les choses comme ça car les termes pourraient être blessants pour les uns ou pour les autres. Ma ligne de conduite n'a pas changé : on doit être tous capable de se parler et de se rassembler.

L'initiative de Ségolène Royal permet de sortir de la situation des bloc figés. Il faut que chacun maintenant donne aussi sa vérité. Il faut que chacun dise quel geste il est prêt à faire pour se retrouver.

LCI.fr - Regrettez-vous, comme elle, l'engagement ce soir de François Hollande aux côtés de Bertrand Delanoë ?

Je crois que le premier secrétaire sortant a une autorité forte et qu'il doit la mettre au service de l'unité et du rassemblement. Aujourd'hui, une nouvelle étape commence. Visiblement, des choses évoluent dans le débat interne au parti socialiste. Donc il doit donner le sentiment que chacun puisse se retrouver.

LCI.fr- Quels signes attendez-vous ?

C'est maintenant à François Hollande d'organiser le dialogue, la discussion et de mettre en avant tout ce qui nous rassemble. C'est à lui de voir quelle est la meilleure solution pour le PS.

vendredi 5 septembre 2008

François Rebsamen appelle le PS à bâtir "une majorité large"

Nouvel Obs - 5 Septembre 2008
Le numéro 2 du parti, proche de Ségolène Royal, est soutenu dans sa démarche par une trentaine de premiers secrétaires de fédérations départementales. Une initiative inattendue alors que l'ex-candidate à la présidentielle est apparue jusqu'alors résolue à déposer sa propre motion.Près d'une trentaine de premiers secrétaires de fédérations départementales du PS et des proches de Ségolène Royal comme le numéro 2 du parti François Rebsamen ont appelé, vendredi 5 septembre, à la constitution "sans exclusive" d'"une majorité large, unie" pour le congrès de Reims en novembre.Cette initiative est rendue publique alors que Ségolène Royal s'est montrée fermement résolue à déposer sa propre motion et que les discussions se sont intensifiées entre Bertrand Delanoë et François Hollande en vue d'une motion commune.On ignore si cet appel conduira ou non la candidate au poste de premier secrétaire à renoncer à partir à la bataille du congrès sous ses propres couleurs, alors que certains de ses proches préconisent désormais une autre option."Le ciment des convictions et du respect"Dans un texte intitulé "faire gagner le Parti socialiste", les signataires estiment qu'il faut réunir "une majorité large, unie, soudée par le ciment des convictions et du respect"."Rien ne pourra s'accomplir sans cette puissance collective. C'est donc à la constitution de celle-ci, sans exclusive, que nous appelons d'ici le 23 septembre", date-limite du dépôt des motions (textes d'orientation politique) pour le congrès, ajoute le document.Le texte appelle d'autre part à poursuivre la rénovation du PS et à "écrire un avenir qui ne soit pas seulement réarrangement de l'ancien mais l'invention audacieuse d'une nouvelle frontière".Dray figure parmi les signatairesEn sont signataires des proches de Ségolène Royal: outre François Rebsamen, il s'agit entre autres de Vincent Peillon et du député-maire de Laval, Guillaume Garot.Ont également signé des proches de l'actuel premier secrétaire, comme Julien Dray, porte-parole du parti, les "premiers fédéraux" de Côte d'Or Michel Neugnot et des Côtes d'Armor Michel Morin, signataires en juillet de la contribution du premier secrétaire pour le congrès, et le patron des socialistes de l'Hérault Robert Navarro.

Mauroy et Dray agitent la menace d'un éclatement du PS

Vendredi 5 septembre 2008

Scission, éclatement. Ces menaces pour le PS ont été agitées tour à tour et pour des raisons différentes par Julien Dray et Pierre Mauroy hier.
Effrayé par l'âpre bataille pour le poste de premier secrétaire du PS opposant Martine Aubry, Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, le patriarche du Nord estime qu'ils devraient d'abord essayer de bâtir un rassemblement « majoritaire ». « S'ils n'y arrivent pas, je peux vous dire, j'ai des souvenirs de Rennes... », a-t-il prévenu hier, rappelant le souvenir, traumatisant, pour les socialistes, du congrès fratricide de 1990. Julien Dray a, lui, estimé sur LCI que « le danger d'éclatement existe » et a appelé à « un sursaut moral ». « La solution qui consisterait à trouver une femme ou un homme providentiel précandidat à l'élection présidentielle ne marche pas », a ajouté le député de l'Essonne, lui-même candidat « non présidentiable » au poste de premier secrétaire.

Julien Dray estime que le PS est menacé de scission

REUTERS 03.09.2008 10:40

PARIS (Reuters) - Le Parti socialiste est menacé de scission s'il ne se trouve pas un leader rassembleur lors de son congrès de Reims en novembre, estime Julien Dray, porte-parole du parti et candidat au poste de premier secrétaire.
"C'est un danger, aujourd'hui le danger d'éclatement existe mais je crois que le sursaut moral est nécessaire et que chacun doit mettre en avant d'abord l'intérêt général", a-t-il déclaré lors d'une interview sur LCI.
Pour Julien Dray, la récente Université d'été du PS à La Rochelle a démontré, avec ses divisions affichées, que "la solution qui consisterait à trouver une femme ou un homme providentiel pré-candidat à l'élection présidentielle ne marche pas."
"Le Parti socialiste n'est pas en phase aujourd'hui avec la contestation sociale qui existe et il est trop tourné sur lui-même, je considère que c'est une force politique qui est trop faible en terme d'influence militante", a-t-il ajouté.
Se présentant comme la "tortue" de la campagne interne, Julien Dray a souligné que sa candidature n'était pas un "point de départ pour préparer autre chose".
"Je suis candidat parce qu'il y a des choses que je sais faire, c'est construire un Parti socialiste moderne et je ne parle que de ça, le reste ne m'intéresse pas", a-t-il dit.
Véronique Tison, édité par Pascal Liétout

Interview dans le Télégramme du 5 Septembre 2008

J. Dray. «Pas de personnalité miracle au PS»

Julien Dray, député PS de l'Essonne, est aussi un des nombreux candidats, déclarés ou potentiels, au poste de Premier secrétaire du PS.

L'Université d'été de La Rochelle a-t-elle permis d'éclaircir la situation au sein du Parti socialiste ?
Je pense que l'on sait désormais ce qu'il ne faut pas faire : continuer à se regarder le nombril et à s'enliser dans les querelles. La démonstration qui a été faite à La Rochelle, c'est qu'il n'y a pas aujourd'hui de personnalité miracle.
Y a-t-il quelqu'un capable de rassembler une majorité au sein du PS ?
Je pense que si on déconnecte la question de la direction du parti de celle de l'élection présidentielle, la solution est facile à trouver. Mais si on continue à mélanger les deux, nous nous trouverons dans une situation où, comme dans les dernières années, le Parti socialiste sera ingouvernable. Nous sommes dans une situation où chacun regarde l'autre en permanence en se disant : « N'est-il pas en train de prendre un avantage sur moi ? ». C'est pour cela qu'il faut une nouvelle génération à la tête du PS, avec de nouvelles méthodes et aussi davantage de discipline.
Il ne faut plus que lorsque la direction du parti prend une position, il se trouve quelqu'un qui dise l'inverse.
Craignez-vous que vos querelles ne servent au bout du compte vos adversaires politiques ?
Jusqu'à maintenant, les divisions du PS c'étaient les affaires du PS et, bon an mal an, les socialistes savaient se retrouver le moment venu face aux échéances décisives. Ce qui apparaît depuis deux-trois ans, c'est que tout le monde s'invite dans nos divisions. Sarkozy en a profité pour faire diversion et masquer l'échec économique et social de sa première année de présidence, Bayrou aussi. Nous leur donnons tous les prétextes pour le faire. Il faut donc mettre un terme à cela. Je veux faire en sorte que le PS redevienne le parti du combat pour la justice sociale, inséré dans la société française, un parti qui ne se cantonne pas à la réfutation permanente de la politique de Nicolas Sarkozy, mais qui s'affirme comme une vraie force de proposition alternative. Je souhaite que le Parti socialiste s'identifie à nouveau aux aspirations des classes populaires, des classes moyennes, de ceux qui vivent de leur travail et sont sous la tutelle de la finance. Pour cela, il faut un premier secrétaire qui ne pense qu'au PS, 24 heures sur 24, sept jours sur sept, qui n'ait pas d'autre ambition que celle-là. Or, beaucoup de ceux qui parlent aujourd'hui parlent d'eux et pas de ce qu'ils veulent faire du PS.
Le congrès de Reims sera-t-il un remake de celui de Rennes ?
Je ne crois pas, parce que le PS est d'abord un parti de militants dévoués, sans intérêts autres que leurs idéaux. Mais il y a toujours un risque d'éclatement et de fragmentation. C'est pourquoi le moment du sursaut est arrivé. Cela veut dire préparer notre projet et passer un contrat de gouvernement avec toute la gauche. Nous devrons faire passer notre parti d'une force de 120.000 militants à 300.000 ou 400.000.
La question des alliances se pose aujourd'hui. Les socialistes doivent-ils tendre la main à François Bayrou ou à Olivier Besancenot ?
La question ne se pose pas de cette façon. J'ai toujours dit qu'il fallait faire une coalition arc-en-ciel la plus large possible et dont le centre de gravité doit être le rassemblement de la gauche afin de lui permettre de tendre la main aux uns et aux autres sans exclusivité. Le tout dans un seul objectif : lutter pied à pied contre les mesures injustes et inefficaces du gouvernement Fillon qui a créé treize nouvelles taxes en un an tout en protégeant les plus fortunés par le renforcement du bouclier fiscal.

Propos recueillis par Philippe Reinhard

mercredi 3 septembre 2008

Interview dans Le Parisien du 2 Septembre 2008

Pourquoi avez-vous été si discret à la Rochelle ?

J'ai refusé, comme je le fais déjà depuis plusieurs mois, de rentrer dans quelques conciliabules que ce soit. Je considère que le futur premier secrétaire du PS devra affirmer son autorité par le refus de ce qui a été trop souvent un obstacle à notre travail en commun : il faut arrêter les négociations permanentes, au service d'intérêts personnels.

Vincent Peillon estime que le PS devrait sortir de sa direction «une dizaine de malfaisants»...Vous vous sentez concerné ?

Mauvais comportements de certains à La Rochelle ? Certes. Mais la réponse n'est pas dans la surenchère. J'ai une ligne de conduite à laquelle j'essaie de me tenir maintenant, c'est le fruit d'une certaine expérience des congrès du PS et des comportements que j'ai pu avoir par le passé. Je suis parti sur des bases nouvelles. Il faut qu'aujourd'hui certains montrent l'exemple et je veux en être. Les autres seront jugés à l'arrivée par les militants.

Vous cherchez toujours à réunir dans la même motion François Hollande, Bertrand Delanoë et Ségolène Royal ?

Je suis signataire de la contribution que j'ai écrite avec François Hollande. Je soutiens sa démarche pour favoriser la naissance d'une nouvelle majorité et je ne sors pas de cette ligne là. Si on ne veut pas laisser se constituer au PS des blocs qui joueront en permanence à se déstabiliser les uns les autres, il faut remettre les compteurs à zéro : tous ensemble, avec une équipe, un calendrier de travail et une solidarité nouvelle. Et chacun doit se discipliner pour penser à l'intérêt de toute la maison. C'est notre seul avenir commun possible.

vendredi 8 août 2008

Synthèse de la Contribution "Donner une cohérence à la Gauche et un Espoir à la France"

DONNER UNE COHERENCE A LA GAUCHE ET UN ESPOIR A LA FRANCE
Synthèse

L’enjeu du congrès de Reims est simple : mettre le Parti socialiste en situation d’alternative victorieuse face à Nicolas Sarkozy. Plusieurs conditions doivent être réunies si nous voulons atteindre cet objectif à temps pour gagner, enfin, en 2012. La première tient à la bataille des idées. Face à la droite qui, depuis maintenant plusieurs années, a engagé une offensive idéologique en imposant ses thèmes et en récupérant les peurs, la gauche doit de nouveau affirmer avec force que la solidarité est le levier de la réussite personnelle et également celui de la cohésion nationale.
La deuxième condition renvoie à la crédibilité de notre projet pour 2012. Nous devons avoir le courage de dire aux Français que tout ne sera pas possible, que des choix devront être faits. Enfin, la cohésion du Parti socialiste et de la gauche constitue la troisième condition du succès en 2012. Nicolas Sarkozy a su fédérer la droite. Face à cette situation nous devons avant tout réformer nos comportements qui donnent trop souvent l’impression d’un manque de lisibilité
et conduisent à réduire l’autorité du PS par rapport au rôle des personnalités. La leçon est claire : il faut fédérer la gauche, en tout cas celle qui souhaite gouverner. Toute l'histoire du mouvement socialiste montre que les grandes avancées sociales ont été obtenues lorsque nous étions au pouvoir. Comme Premier secrétaire, je revendique d’avoir fait prévaloir l’unité au lendemain de 2002 comme la synthèse à la veille des échéances de 2007.
Le congrès de Reims sera une réussite s’il permet de donner de la cohérence au PS sur son projet, sa stratégie et son leadership. C’est là tout l’objet de cette contribution. La question de la présidentielle viendra ensuite, au début 2011 et ne doit pas polluer nos débats. Plutôt que d’écrire un projet d’ensemble, cette contribution repose sur une série d’interrogations majeures pour notre avenir – avec à chaque fois des réponses pour donner une identité claire à la gauche et un espoir à la France.

I. Comment être plus fort dans la mondialisation ?

Depuis six ans, la France décroche. Alors que de 1997 à 2002, notre pays se situait en tête de la croissance européenne, créait des emplois, réduisait sa dette et engrangeait des excédents commerciaux, la situation n’a cessé de se dégrader depuis 2002. Il nous revient donc de proposer un cercle vertueux, celui d’une compétitivité tirée par l’innovation et la qualification. Notre objectif doit être de faire un point de croissance de plus que la moyenne européenne, comme cela a été le cas entre 1997 et 2002. Ce pacte de croissance suppose trois engagements :

1. Le développement humain. Le premier devoir des acteurs publics est d’investir dans la qualification à tous les âges de la vie, de manière à doter chacun le plus équitablement possible des capacités qui lui permettront de s’orienter, d’accéder à l’emploi et de participer pleinement à la vie sociale.

2. Le plein emploi. Notre objectif doit être le travail pour tous. Pour y parvenir, nous proposons notamment le conditionnement des exonérations de cotisations sociales (25 milliards d’euros par an) à la conclusion de négociations sur la politique des salaires, la formation et l’emploi et la mise en place d’une véritable réduction du temps de chômage (RTC). Le soutien aux emplois de services, la création d’un contrat unique d’insertion et l’instauration d’un bilan annuel de l’égalité des chances viendraient compléter le dispositif.

3. L’innovation. Les aides à la recherche et au développement doivent être concentrées sur les PME et l’imposition des entreprises devra favoriser l’innovation.

II Comment être plus juste dans la répartition ?

Il est frappant de constater à quel point les inégalités se sont creusées ces dernières années. Aussi doit être proposée une réforme qui harmonise les impositions entre le travail et le capital. Nous proposons donc de mettre en place un véritable impôt citoyen sur le revenu, qui permettrait d’alléger les prélèvements sur les catégories moyennes. Les niches fiscales, parce qu’elles profitent aux plus riches, doivent être plafonnées. Le niveau de vie du ménage doit être pris en compte pour le calcul de la taxe d’habitation et une baisse de la TVA serait mise en place sur les produits de première nécessité.
Au-delà des questions fiscales, nous nous attacherons à revaloriser le salaire, parce que c’est le seul moyen de revaloriser le travail. Dans la même logique, un plafonnement sur les hautes rémunérations serait proposé.

III Comment mener solidairement la transition énergétique ?

La hausse des coûts de l’énergie touchera d’abord les plus modestes. C’est pourquoi nous proposons une action d’envergure dès aujourd’hui : anticiper permettra de limiter les coûts.
Un fonds de financement de la mutation énergétique doit être créé ; il permettrait de financer des dépenses telles que l’isolation des logements, le chèque transport pour les salariés, des infrastructures plus respectueuses de l’environnement… L’Europe apparaît également comme un acteur incontournable dans les politiques de protection de l’environnement.

IV Comment combattre la montée de toutes les violences ?

Depuis les années 1990, l’insécurité, loin de refluer s’est durcie. Les actes de violence infligés aux personnes ont presque doublé en 10 ans. Les socialistes ne peuvent accepter cette situation qui, là encore, touche d’abord les plus modestes, les plus fragiles. Il faut avant tout reconnaître que la prévention et la sanction sont l’avers et le revers d’une même pièce et ne peuvent donc pas être opposés l’une à l’autre. Il convient d’intervenir d’abord à l’école, notamment en établissant un encadrement adulte renforcé dans les établissements les plus difficiles. Une police de quartier, dotée d’éléments d’expérience et de moyens renforcés, doit être mise en place. Enfin, il faut lutter contre la progression silencieuse des violences conjugales, familiales et sexuelles.

V Comment préparer sereinement l’allongement de la vie ?

L’allongement de l’espérance de vie —progrès majeur de civilisation—oblige à prévoir l’avenir des retraites, mais aussi à organiser la vie sociale au-delà de la période d’activité, et à couvrir les aléas –la maladie comme la dépendance. En ce qui concerne les retraites, il est impératif que les critères de pénibilité des métiers et d’espérance de vie soient mieux pris en compte, afin que la retraite ne reproduise pas les inégalités professionnelles. Pour ce faire, des formules de retraites choisies et progressives devront être mises en place. Les ressources devront être augmentées via un une révision des exonérations de cotisations sociales patronales à mener en concertation avec les partenaires sociaux. Le fonds de réserve des retraites devra également être abondé notamment par le transfert à son profit des produits des participations de l’Etat dans les entreprises publiques, car il n’est pas juste de dire que l’allongement de la durée de cotisation ou la diminution des pensions constitue le seul moyen de sauver nos retraites.
Avec l’allongement de l’espérance de vie, il importe de veiller au maintien de l’accès aux soins pour tous. Le réseau hospitalier devra forcément être réaménagé à l’échelle du territoire pour conjuguer qualité, sécurité et proximité. Le financement de la santé devra également être renforcé, notamment en taxant les consommations dangereuses ou les conduites à risque. Enfin, une politique familiale dynamique devra être promue, afin de maintenir le dynamisme de la société, grâce au renouvellement démographique.

VI Comment maîtriser humainement l’immigration ?

La chimère de « l’immigration zéro » a vécu même à droite. Le Parti socialiste doit néanmoins promouvoir une politique d’accueil et d’intégration humaine et efficace (« guichet unique » pour les services destinés aux migrants, droit de vote des étrangers aux élections locales…). Cette orientation va de pair avec une politique de co-développement efficace et respectueuse des pays tiers (le rôle de la société civile, à travers les associations et les collectivités locales, devra être renforcé dans ce domaine).

VII Comment régler démocratiquement la présidentialisation de nos institutions ?

La réforme actuelle ne fait que conforter le Président, sans rehausser le rôle du Parlement. A l’inverse, les socialistes militent pour le renforcement du Parlement, l’introduction de modes de scrutins démocratiques (part de proportionnelle à l’Assemblée, représentation juste des collectivités locales au Sénat) et l’équilibre des pouvoirs (législatif et exécutif). La décentralisation devra bien sûr être approfondie, tout en veillant à ce qu’elle ne crée pas de nouvelles inégalités entre les territoires.

VIII Comment relancer le projet européen ?

Les socialistes français ont besoin de rehausser leur crédibilité européenne. Nous devons reformuler un projet et une ambition pour l’Europe, car personne aujourd’hui ne peut penser qu’il nous sera possible de relever les défis qui sont devant nous sans une Europe forte et capable de peser sur les grands choix qui vont se faire dans le monde.
Dès lors, nous proposons de faire de la zone euro le noyau dur du projet européen pour définir des objectifs ambitieux en termes de politique économique et de croissance. Nous souhaitons
également que l’Europe défende un modèle social qui consiste en une harmonisation par le haut des législations sociales. Enfin, l’Europe doit peser de tout son poids dans les négociations internationales, notamment au sein de l’OMC, en refusant la logique d’ouverture des marchés sans qu’aucune contrepartie sociale ou environnementale ne soit demandée à l’ensemble des acteurs. IX Comment rendre cohérente la parole socialiste ? Le Parti socialiste est un parti démocratique et nous en sommes fiers. Le débat y est libre et permanent. Notre diversité est une chance à la double condition de mener les débats nécessaires mais aussi de les clore par une décision qui s’impose à tous. Le Parti socialiste est plus uni que ses responsables ne le laissent paraître. Le choix du candidat à l’élection présidentielle ne se fera qu’au début de l’année 2011. D’ici là, c’est un travail collectif que nous devons mener sur le projet et sur les modalités du
rassemblement de la gauche.
Une conférence militante préparée sur le premier semestre de chaque année transformera l’université d’été de La Rochelle pour en faire un moment de débat, définissant le programme du Parti socialiste pour la rentrée parlementaire et pour l’activité militante. A partir de 2009, le Parti organisera trois grandes conventions nationales sur la politique économique que nous voulons, le modèle social que nous prônons et le changement de modèle de développement que nous revendiquons.

X Comment rassembler la gauche et élargir pour gagner ?

Le Parti socialiste domine électoralement la gauche mais il n’en a pour autant pas le monopole. Il nous faut donc proposer, à la gauche de gouvernement, un rassemblement dans une structure fédérative. C’est dans ce cadre que s’élaborerait le futur contrat de majorité et que s’organiserait la prochaine coalition parlementaire. C’est également là que serait décidée la présentation d’un candidat commun au premier tour de l’élection présidentielle, à partir d’une procédure qui pourrait être élargie aux citoyens eux-mêmes. Notre stratégie de rassemblement de la gauche exige un Parti socialiste fort qui puisse créer une dynamique de changement. Loin d’être une menace ou une hégémonie pour nos partenaires, il ouvre la voie au succès collectif pour toute la gauche.
Et pourtant, arithmétiquement, la gauche n’est pas majoritaire. Mais l’a-t-elle jamais été ? La visée du nouveau parti destiné à se substituer à la L.C.R n’est pas de participer à une coalition avec nous, mais de mettre en cause, voire en accusation, la gauche de gouvernement. La gauche réformiste doit assumer sans complexe son histoire et ses réussites. C’est elle qui a permis, par son action transformatrice, d’obtenir les grandes conquêtes sociales. Et c’est elle, encore, qui peut offrir un débouché à la contestation sociale.

Quant au MoDem, il l’avoue lui-même, il n’est certes pas de droite ; mais il n’est pas de
gauche non plus. Sa stratégie est soumise à l’ambition présidentielle de son leader. Notre démarche doit donc être fondée, là encore, sur la clarté : bâtissons un Parti socialiste solide et solidaire, rassemblons la gauche sur un projet de gouvernement crédible et créons la dynamique qui permettra - comme lors de toutes les grandes victoires de la gauche - d’attirer à nous ceux qui veulent participer au changement espéré.
L’intégralité de la contribution se trouve sur le blog de François Hollande :

Interview Le Parisien du 3 Août 2008

Le PS est mal en point et peu audible. Comment allez-vous faire pour redresser la barre?
Julien Dray. Le principal problème du PS, ce sont ses divisions. Elles en deviennent un atout pour Nicolas Sarkozy, qui en joue quand il est en difficulté. Trop de dirigeants socialistes oublient, quand ils s'expriment, l'intérêt général. Si, à chaque fois qu'une décision collective est prise, il se trouve une ou plusieurs voix pour exprimer sa différence, comment voulez-vous que le citoyen s'y retrouve ?

Le PS va-t-il exclure Jack Lang qui a fait bande à part au moment du vote de la réforme constitutionnelle ?

Jack Lang ne participait plus depuis des mois à la vie collective du Parti. J'en suis triste : il faudra bien trancher, même si cela doit être déchirant.

Le PS doit-il s'opposer systématiquement à Nicolas Sarkozy ?

Spontanément, j'aurais envie de vous dire oui, tellement nous ne pouvons nous reconnaître dans les projets de loi votés ces dernières semaines : détricotage du droit du travail, paquet fiscal, heures sup, franchises médicales, suppressions de postes dans l'éducation nationale. Tout cela pour un échec patent en matière de pouvoir d'achat. Mais opposition rime pour moi avec proposition, c'est d'ailleurs ce que nous avons fait dans tous les débats parlementaires. Il n'y a donc aucun a priori systématique.

Mais comment lui répliquer ? Vous paraissez hésiter sur la stratégie à adopter...

En privilégiant nos réponses collectives, en restant groupés. Sinon chaque faille est utilisée. Je remarque que lors des municipales, et sur la question du pouvoir d'achat, nous avons su nous faire entendre des Français. La leçon stratégique est simple : ni diabolisation ni naïveté, mais unité.

Quelle est la première critique que vous faites au chef de l'Etat ?

Sa politique est anxiogène, car il se trompe de A à Z sur le plan économique. Au lieu de redonner confiance aux salariés et aux petites et moyennes entreprises par un soutien à la consommation, par des investissements publics forts, par une politique de grands projets industriels européens, il aligne des mesures idéologiques qui allument des incendies et divisent nos concitoyens. Il mène en fait une vieille politique de l'offre, dérégulatrice et brutale.

Dans la perspective du Congrès de Reims en novembre, vous venez de signer un texte avec des proches de François Hollande, de Ségolène Royal et de Bertrand Delanoë. C'est un signal ?

Oui. Nous disons qu'une majorité et une équipe de direction doivent se construire autour de quatre questions clés : la nature de l'opposition ; la revendication d'une nouvelle politique de production et de redistribution des richesses ; l'affirmation du rassemblement de la gauche et le refus des renversements d'alliance ; la réorganisation du fonctionnement du PS autour d'un pacte majoritaire, fondé sur la solidarité de ceux qui auront à le représenter.

Pour vous, la future majorité socialiste est en train de se dessiner ?

Quand je lis les textes de Bertrand Delanoë, François Hollande et Ségolène Royal, je ne vois pas d'énormes différences, à moins de vouloir cultiver virgules et nuances. Si nous voulons construire une nouvelle cohérence, avec une majorité claire qui respecte la minorité et assume pleinement ses responsabilités, nous devons travailler tous ensemble. Ce serait bien également que ce contrat de direction soit élargi à Henri Emmanuelli et Benoît Hamon, et au pôle écologiste. Cela ferait une belle majorité !

Et Martine Aubry, qu'en faites-vous ?

Martine Aubry, Pierre Moscovici, et semble-t-il Laurent Fabius ont fait un choix différent. A eux maintenant d'afficher ce qui les réunit et de s'organiser.

On va dire que vous êtes le candidat de Hollande...

Le prochain Premier secrétaire du PS ne peut être le candidat d'untel ou d'untel. J'ai travaillé avec François, j'ai été son porte-parole et je ne suis pas de ceux qui portent sur sa gestion un jugement négatif. Je sais les difficultés qu'il a eu à affronter. Je ne dis pas que j'aurais toujours fait à sa place les mêmes choix, mais son expérience, je la revendique.

Vous pensez sérieusement que vous pouvez être demain le Premier secrétaire du PS ?
Les militants souhaitent un parti uni et cohérent. Ils vont chercher un homme ou une femme d'expérience qui soit totalement dévoué à cette cause. A ce titre, j'ai une petite chance.

Evoquant l'argent que va toucher Bernard Tapie dans l'affaire du Crédit lyonnais, Eric Woerth, le ministre du Budget, rappelle que Tapie a été ministre de François Mitterrand et estime qu'on solde aujourd'hui les «années Mitterrand»...

Si l'on veut parler des années fric, je ne crois pas que l'actuel gouvernement soit le mieux placé pour donner des leçons de morale. Que le citoyen Tapie ait la volonté d'être indemnisé, je ne le conteste pas. Ce que je conteste, c'est la procédure peu transparente adoptée par le gouvernement. Y compris pour fixer le montant de l'indemnisation que va toucher Bernard Tapie.

Le Dalaï Lama sera reçu le 13 août à Paris au Sénat. Quelle est la position du PS vis-à-vis de la Chine ?

Je reproche à la diplomatie française ses zig-zags. Un jour, on fait du Dalaï Lama une sorte de représentant universel des droits de l'homme. Un autre, pour rattraper ces excès, on ferme les yeux sur les atteintes à la liberté d'expression. La diplomatie allemande est autrement plus efficace et plus raisonnable. Il aurait fallu moins de démesure. On s'est privé, dans la phase de préparation des Jeux, de la possibilité de faire évoluer la Chine. De la même façon, je suis pour qu'on discute avec la Syrie, mais pas pour qu'on déroule le tapis rouge quand Bashar el Assad vient à Paris le 14 juillet. Tout cela nous renvoie à la personnalité de Nicolas Sarkozy: il en fait toujours trop et, après, il essaie de se rattraper.

Que vous inspire la sciatique de François Fillon ?

J'en parle en connaissance de cause. Premièrement, ça fait mal. Deuxièmement, il y a toujours derrière cela un problème psychosomatique. Fillon a la «solution» à sa sciatique: elle est dans sa tête. Ce ne doit pas être simple d'être au quotidien le Premier ministre de Sarkozy!
Interview parue dans Le Parisien, 3 Août 2008

Le Congrès de Reims, épreuve de vérité

Le prochain congrès du PS est déjà celui de tous les paradoxes. On en appelle au débat d’idées ; pourtant, on a le sentiment de relire et d’entendre les mêmes positions dans toutes les interventions écrites et orales. On en appelle à refuser les fausses synthèses ; pourtant émergent des alliances plus qu’improbables, tant celles et ceux qui y prennent part ont défendu des positions opposées, sur l’Europe ou les 35 heures. On voue aux gémonies la perspective d’un congrès strictement tactique ; mais les concepts, comme celui de libéralisme, sont instrumentalisés à des fins de positionnement ou de contre-positionnement.
On rejette sur le premier secrétaire sortant la responsabilité de nos archaïsmes, alors que les militants se souviennent encore des multiples occasions où ces mêmes procureurs ont entravé la modernisation de leur parti. Paradoxe des paradoxes, enfin : rarement a-t-on vu un tel degré d’abstraction et d’éloignement de la réalité, alors même que les mots d’“efficacité”, de “réalisme” et de “vérité” sont sur toutes les lèvres.
François Mitterrand disait que, bien qu’aimant et l’idéologie et la discussion, il n’était pas partisan de la discussion idéologique, c’est-à-dire désincarnée et coupée du concret. Faisons nôtre cet adage, et regardons en face la “vérité” du prochain congrès : reconnaissons que les vieilles oppositions ne fonctionnent ni n’existent plus au sein du PS, quels que soient les efforts faits pour nous le laisser croire. Nul ne peut se targuer d’avoir une solution clé en main, “de centre gauche” ou au contraire “vraiment à gauche”, pour répondre aux défis du siècle : crise environnementale, affaiblissement du pacte social, dérive du capital.
Non, les socialistes français ne sont pas les éternels mauvais élèves de la classe sociale-démocrate que voudraient nous dépeindre les experts en modernité : les échecs récents du Labour anglais et du SPD allemand montrent que les solutions de “troisième voie” s’épuisent. A l’inverse, le triomphe des partis de gauche en Amérique du Sud trace des pistes qu’il serait bon de méditer. C’est en fait toute la famille sociale-démocrate qui doit se repenser. Encore faut-il qu’elle se rappelle d’où elle vient et qui elle est ; qu’elle refuse, tout simplement, de se laisser dicter son identité par l’air du temps, les critiques des commentateurs, et la pression de l’idéologie dominante. Et c’est ici qu’apparaissent les réelles divergences, celles qui devraient être soumises au vote des militants dans un congrès de vérité.
D’abord je l’affirme : il n’y a qu’une seule gauche, qu’un seul socialisme, riche de toutes ses cultures, comme le rappelle notre nouvelle déclaration de principes ; la gauche qui veut combattre par tous les moyens le projet de société porté par la droite. Et c’est là précisément la responsabilité historique du PS que de lutter pour cette unité de la gauche, difficilement construite par François Mitterrand. Quitte à être responsable pour deux.
Pour cette même raison, je revendique le rôle que j’ai joué, avec d’autres, dans l’élaboration de la synthèse établie au congrès du Mans : elle a évité l’éclatement du PS et le schisme au sein de la gauche qui aurait pu suivre la crise du traité constitutionnel européen, gauche du oui contre gauche du non, gauche prétendument sociale libérale contre gauche radicale. Sans cette réconciliation, il n’y aurait pas eu de candidat unitaire des socialistes, ni, par la suite, de candidat de la gauche au second tour à l’élection présidentielle de 2007. Que ceux qui en appellent à une “clarification” du PS nous expliquent comment ils reconstitueraient une coalition “progressiste” majoritaire en commençant par briser en deux sa colonne vertébrale !
Je ne suis pas non plus de ceux qui voudraient nier notre histoire. Comment réduire le rôle du PS à une gestion “managériale” de l’intérêt général, alors que notre pays est parcouru de clivages sociaux forts, dont le PS n’a pas pris toute la mesure, comme le prouve la désaffection des classes populaires à son égard, en 2002 et en 2007 ? Nous avons une mission historique : transformer en profondeur la société et lutter pour une juste répartition des richesses produites. Il faut donc admettre que le PS ne peut être le parti “de tout le monde” : nous devons désigner des catégories de Français à représenter et à défendre en priorité. Bien sûr, la “classe ouvrière” de l’époque est à construire, et à politiser. Elle prendra la forme d’une alliance des actifs, de tous ceux - travailleurs pauvres ou précaires, enfants d’immigrés discriminés, petits entrepreneurs pressurés par la sous-traitance des grands groupes, jeunes chercheurs sous-rémunérés, fonctionnaires déconsidérés - qui ont le sentiment d’être les laissés-pour-compte d’une époque où les super-profits spéculatifs culminent.
Cette alliance n’a pas encore conscience d’elle-même. La droite y entretient soigneusement des clivages violents : “assistés” contre “travailleurs qui se lèvent tôt”, “racailles” contre “banlieues pavillonnaires”, “défense corporatiste d’acquis” contre “intérêt général”. C’est à partir de cette alliance que nous pourrons construire un rassemblement populaire et une stratégie d’union de la gauche, sur un socle sociologique, et non pas tacticien.
Nous devons nous prononcer clairement sur ces questions que j’entends, avec les militants, dans les réunions d’appartement que j’organise. Comment construire et développer un PS qui soit un puissant outil de transformation sociale ? Comment augmenter le nombre de nos militants pour mieux représenter la société ? Comment redevenir une machine intellectuelle capable de gagner la bataille des idées et de briser les fausses évidences des idéologues de droite ? En trouvant des réponses, nous pourrons aborder dans de bonnes conditions une réflexion collective.
Nous avons deux ans pour faire le deuil de l’Etat-providence des belles années de la social-démocratie - ce qui ne la condamne pas en elle-même, car l’exigence de justice sociale est plus forte que jamais. Nous avons deux ans pour définir un modèle d’Etat-entrepreneur, inventant de nouvelles normes de production et de consommation. En commençant par trois chantiers prioritaires : clarifier notre position sur les 35 heures, en reconnaissant les erreurs commises ; concevoir une nouvelle stratégie de croissance écologiquement et socialement responsable, menée par un Etat-entrepreneur combinant politique industrielle et de recherche, et défendant un véritable projet éducatif ; proposer une révolution de notre fiscalité, pour la rendre à la fois plus incitative pour les Français et plus rentable pour l’Etat.
Enfin, la prochaine direction du PS devra jeter les bases d’une union de toutes les forces de gauche, sous la forme d’un comité d’action ouvert aux dirigeants politiques, associatifs, syndicalistes et aux intellectuels. Ce comité sera chargé d’élaborer un contrat commun de gouvernement, par la tenue régulière d’assises de toute la gauche. Ce contrat sera le fondement d’ultérieures primaires pour désigner un candidat unique à l’élection présidentielle. Etre candidat à la responsabilité de premier secrétaire du PS, c’est accepter de répondre à ces questions. C’est cela, la seule vérité vraie du congrès.
Tribune parue dans Le Monde, Juillet 2008

Pour un Parti socialiste cohérent et solidaire

Pour un Parti socialiste cohérent et solidaire
Par une quarantaine d'élus socialistes (députés, sénateurs, présidents de conseil général, maires)

lundi 28 juillet 2008

Dans le cadre de la préparation du congrès du Parti socialiste, prévu en novembre, l'essentiel du débat ne peut plus être entre nous. Il doit être une confrontation idéologique avec la droite et devant les Français. Il y a donc urgence, pour nous socialistes, à agir pour que notre congrès soit une réussite qui nous permette d'être utiles aux Français, nous renforce et renforce la gauche. Nous sommes issus de plusieurs contributions différentes. Nous avons constaté que les différences qui peuvent exister entre nos textes respectifs sont minces. A contrario, ce qui les rapproche - et donc les unit - est considérable. Plutôt que de cultiver les différences, mieux vaut faire le constat de nos convergences.
Face à une droite dont la politique échoue à redonner confiance et creuse les inégalités, nous sommes favorables à une politique de soutien de l'investissement, de développement durable et de redistribution privilégiant les revenus du travail. Dans le contexte de la hausse du prix du pétrole, et plus largement de l'impact de la hausse des coûts de l'énergie sur les plus modestes, nous plaçons la prise en compte des mutations énergétiques au cœur de notre engagement pour l'avenir.
Dans le souci d'une efficacité accrue dans la déconstruction de la politique de la droite et du renforcement de la visibilité des propositions du PS, nous souhaitons que les militant(e)s soient associé(e)s le plus largement possibles aux prises de décisions. En organisant des conférences militantes et des conventions nationales sur les sujets les plus importants (politique économique, modèle social, modèle de développement…), nous permettrons à la diversité militante de notre parti de s'exprimer.
Cependant, dès lors que les votes seront intervenus, les décisions prises collectivement s'imposeront à tous. C'est la condition essentielle de la cohérence de notre organisation et donc de notre crédibilité. Pour créer une dynamique de changement dans la perspective de la prochaine élection présidentielle, nous proposerons à la gauche de gouvernement une stratégie de rassemblement sur la base d'un contrat de gouvernement.
Concernant la désignation du (de la) prochain(e) candidat(e) du Parti socialiste pour l'élection présidentielle de 2012, nous indiquons avec force que les militant(e)s du PS doivent rester les seuls dépositaires, par leur vote, de ce choix. En aucun cas cette option n'exclut la perspective, dans un second temps, d'une primaire avec les autres partis de gauche. Nous considérons qu'il y a urgence à présent à dessiner les contours de la future majorité du PS, qui devra être rassemblée et surtout cohérente. Nous devons, dans les trois ans à venir, préparer une véritable alternative, en étant clairs dans notre stratégie et solidaires dans notre organisation, pour qu'un contrat de direction donne sa force à la majorité dans le respect de la minorité.
Nous appelons donc les socialistes qui se reconnaissent dans cette démarche, à l'unité dans la clarté, car c'est cette cohérence qui nous permettra d'être en situation, le moment venu, de rester fidèle à notre promesse, celle d'un grand Parti socialiste, permettant de lever l'espérance pour nos concitoyens en 2012.
* Didier Arnal, président du conseil général du Val-d'Oise, Bertrand Auban, sénateur (31), Jacques Auxiette, président du conseil régional des Pays-de-la-Loire, Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes, Serge Bardy, premier secrétaire fédéral (49), Jean-Pierre Bel, sénateur (09), Yves Blein, maire de Feyzin, Monique Boulestin, députée (87), Sylviane Bulteau, vice-présidente du conseil régional des Pays-de-la-Loire, Denise Cacheux, Frédéric Cuvillier, député-maire de Boulogne-sur-Mer, Michel Delebarre, député-maire de Dunkerque, Jean-Paul Denanot, président du conseil régional du Limousin, Bernard Derosier, président du conseil général du Nord,député, Julien Dray, député (91), Olivier Falorni, premier secrétaire fédéral (17), Jean Germain, maire de Tours, Karine Gloanec-Maurin, première secrétaire fédérale (41), Alain Gralepois, premier secrétaire fédéral (44), Bernard Haesebroeck, maire d'Armentières, Liliane Jean, Faouzi Lamdaoui, adjoint au maire d'Argenteuil, Martine Lignières-Cassou, députée-maire de Pau, Stéphane Le Foll, député européen (72), Bruno Le Roux, député (93), Frédéric Leveillé, premier secrétaire fédéral (61), Jean-Jacques Lozach, président du conseil général de la Creuse, Victorin Lurel, président du conseil général de Guadeloupe, député, Patrick Mareschal, président du conseil général de Loire-Atlantique, Pierre Mauroy, sénateur (59), Rémy Pauvros, maire de Maubeuge, Jean-Luc Perat, député (59), Bruno Rebelle, Pierre Regnault, maire de la Roche-sur-Yon, Alain Rodet, député-maire de Limoges, Bernard Roman, député (59), Michel Sapin, député (36), Michel Sergent, sénateur (62), Pascal Terrasse, président du conseil général de l'Ardèche, député, André Vallini, président du conseil général de l'Isère.

Interview Journal du Dimanche le 29 Juin 2008

ITW JDD Dimanche 29 juin

Lancement réussi hier du Nouveau Parti anticapitaliste d'Olivier Besancenot. Une pierre dans le jardin du PS?

Si le nouveau parti anticapitaliste a vocation à aider la gauche à gagner les élections à venir en lui apportant des forces supplémentaires, alors nous n'avons aucune hostilité à son égard. Mais s'il a pour intention de faire en permanence la leçon à la gauche réformiste, en se drapant dans un sorte de vertu contestataire, d'autant plus impuissante qu'elle refuse d'affronter la réalité de l'accès au pouvoir et de ses contraintes, alors c'est regrettable. Petit clin d'oeil : j'observe que les changements radicaux ne sont pas là où on le croit, puisque discrètement la LCR, en changeant de sigle, a mis de côté le mot révolutionnaire..

Quel est le point de vue de l'ancien trotskiste que vous êtes sur la question?

J'ai aimé mes combats de jeunesse, ils m'ont beaucoup appris, notamment cette grande leçon de l'histoire : la gauche doit savoir « marcher séparément, mais frapper ensemble ». C'est ce que l'on appelait dans le temps le Front unique. Peut-être Olivier Besancenot et ses amis devraient-ils méditer cela.

Vous parlez de la discipline de vote qui a longtemps prévalu à gauche pour le second tour?

Oui. Et je déplore qu'à plusieurs reprises, Olivier Besancenot et Alain Krivine aient été tentés de renvoyer dos à dos gauche réformiste et droite au pouvoir. Comme dit la formule populaire, qui peut le plus peut le moins. Ils reconnaitront donc que battre la droite dans une élection n'est pas chose inutile pour les salariés, les jeunes, tout ceux qui ont à subir les dures conséquences d'une politique sociale injuste. Autre leçon de l'histoire : les grandes conquêtes sociales ne peuvent pas être réalisées simplement par de grandes manifestations.

Pensez-vous que la démarche d'Olivier Besancenot rencontrera du succès dans l'opinion publique?

Beaucoup de bonnes fées, dont on voit bien les arrière-pensées; se sont penchées sur le berceau d'Olivier Besancenot. Et ce n'est pas faire insulte à ce dernier que constater que certains, notamment à droite, auraient bien envie de l'instrumentaliser pour créer l'idée qu'il y aurait désormais deux gauches, qui n'auraient plus qu'un objectif : savoir laquelle des deux est la plus forte, avec à la clé une compétition permanente désastreuse. La division profite toujours au gouvernement de droite. C'est à la LCR de montrer qu'elle ne tombe pas dans ce piège, et ne se trompe pas d'adversaire.
Par ailleurs, si Olivier Bensancenot connait certains succès, c'est certes dû à son talent, mais aussi à des manques qui pourraient exister tant dans nos propositions que dans notre combativité. Personne ne doit donner de leçon à personne, mais c'est au PS d'être unitaire pour deux, voire pour trois. Nous devons être au coeur de la construction d'une grande coalition arc-en-ciel moderne, ne fermant ses portes à aucune force politique, du moment qu'elle accepte les autres forces qui en sont déjà membres.

Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, le PS est pratiquement inaudible. Trop de querelles internes?

Peut-être, encore qu'il ne peut y avoir de formation démocratique sans différences et sans débats. Il est vrai que nous n'avons pas assez de débats d'idées, mais le problème de fond, selon moi, est la difficulté pour le sympathisant de gauche de comprendre quel est la « vérité » socialiste. Si quand le Bureau national du PS prend une décision, dans l'heure qui suit, trois éminences socialistes viennent dire l'inverse, celui qui n'est pas au fait des subtilités internes y perd son latin. C'est pourquoi je souhaite qu'après le congrès de Reims, l'équipe qui dirigera le PS réapprenne à travailler dans un esprit de famille, et cultive une unité de parole.

Le PS n'est pas non plus très présent sur le terrain: un vide dont entend bien profiter Olivier Besancenot.

C'est d'après moi le problème qui doit être résolu en priorité dans notre prochain congrès. Je ne crois pas à de grandes confrontations idéologiques, car je pense qu'en ce qui concerne les idées, les dirigeants socialistes sont plus unis qu'ils ne veulent le dire. Par contre oui, le PS doit redevenir une véritable formation militante de terrain, et pas simplement au moment des campagnes électorales, mais au quotidien. Il faut retrouver les socialistes aux côtés des salariés, dans les quartiers, sur les marchés. Il faut que les locaux des sections redeviennent des lieux de vie et d'animation politique. Nous devons également repenser notre presse en direction du grand public, et refaire du PS un parti d'éducation, où la formation donnée aux adhérents devient un élément clé, leur permettant de mener la bataille des idées dans leur vie de tous les jours. Nous devons retrouver la fierté du militantisme quotidien.

Une cellule de veille a été créée au PS pour suivre le lancement du Nouveau parti anticapitaliste de Besancenot. En ferez-vous partie ?

Pas de fantasme sur ce groupe de travail, qui ne s'est pas encore réuni. Il s'agit simplement pour nous de bien connaitre les positions de ceux avec qui nous allons débattre.

Mon intervention au Conseil National du 14 Juin 2008

Mes camarades, quand on discute de la déclaration de principe, beaucoup de commentateurs nous disent : c’est un texte intemporel, finalement vous vous êtes mis d’accord sur des questions qui n’ont pas de prise sur la réalité, et les batailles à venir le montreront.
Je voudrais éclairer le débat que nous avons eu sur notre déclaration de principe, au regard peut-être de quelque chose qui est passé un peu inaperçu, mais qui va être l’un des éléments clés des mois à venir.
Jeudi l’UMP a tenu une convention dite sociale, mais ce qui est intéressant de voir, c’est les propos qui ont été tenus dans cette convention dite sociale, par Xavier Bertrand notamment, et par d’autres.
L’UMP a décidé de s’afficher sociale libérale dans cette convention, mais l’UMP surtout a désigné quel était son partenaire privilégié dans la confrontation avec la gauche. Et le choix qu’elle a fait, c’est celui d’Olivier Besancenot*.
Xavier Bertrand a expliqué, dans cette convention, que désormais la confrontation majeure qu’il y avait, c’est entre ce qu’ils représentaient, eux, et ce que représente Olivier Besancenot, reprenant à son compte ce qui était la formule initiale des fondateurs de la cinquième République, cette fameuse phrase d’André Malraux qui disait « entre les communistes et nous, il ne doit rien y avoir. »
C’était le socle fondateur qui scellait le fait que la droite devait éternellement rester au pouvoir, et que si elle savait manœuvrait, comme le disaient à l’époque les fondateurs de la cinquième République, ils en avaient pour cent ans à rester au pouvoir.
Nous sommes confrontés à une situation finalement assez similaire. C’est pour ça que notre déclaration de principe est importante, et comme toujours dans ce genre de texte, c’est souvent dans le dernier article qu’il faut concentrer notre vigilance.
Dans ce 22e, ce qui devient maintenant le 24e article, nous revendiquons l’idée que nous ne résoudrons* pas aux divisions du passé. Et nous revendiquons l’idée qu’il n’y a qu’une seule gauche, et qu’il n’y a pas pour nous deux gauches, comme certains vont vouloir essayer en permanence de le rappeler, en essayant de faire qu’il y ait en permanence un référendum entre la bonne et la mauvaise gauche.
Au coeur de la fondation du Parti socialiste ou de sa refondation, en 1971, c’est cette question-là qui est en jeu.
Dans les discours de François Mitterrand, qui va lui permettre d’accéder à la responsabilité de Premier Secrétaire, il y a ce passage très important, où il dit la chose suivante : « Nous ne devons pas avoir de discussions idéologiques, nous devons avoir une discussion pratique, et la discussion pratique, c’est celle du rassemblement de la gauche pour accéder au pouvoir. » Et nous sommes aujourd’hui dans la même situation, nous ne devons pas tomber dans le piège qui va nous être tendu, qui va être mis en scène, parce qu’il y a effectivement un certain nombre de bonnes fées qui vont se pencher sur le sort du facteur.
Je ne crois pas qu’il y ait d’anecdotique rencontre comme cela s’est fait de manière télévisuelle sur quelques chaînes publiques. Je crois qu’il va y avoir la volonté en permanence d’essayer de nous opposer à un autre gauche, qu’il va y avoir en permanence la volonté d’essayer de montrer qu’il y a une gauche du rêve et une gauche de la gestion.
De ce point de vue là, notre déclaration de principe est importante, parce qu’elle rappelle ce qui est l’essence même de notre combat : le rassemblement de la gauche, le refus de la division et en permanence la volonté d’accéder au pouvoir, parce que la véritable gauche, c’est celle qui change réellement la société, et que pour cela, il faut effectivement créer les conditions de la victoire électorale.
Et je crois que dans notre déclaration de principe, en réaffirmant cela, nous clôturons aussi un certain nombre de débats que nous pouvons avoir, et que nous avons eu, et que nous avons eu y compris au moment des municipales.
La question la plus importante pour le Parti socialiste, c’est d’être toujours celui qui rassemble, d’être toujours au cœur de cette démarche de rassemblement et de ne jamais se résoudre à une division quelle qu’elle soit au sein de la gauche.
C’est ce que je voulais dire ce matin parce que je crois que ce 22e article va être le guide de notre action dans la construction du rassemblement de la gauche, qui va être au cœur de la démarche que nous devons entreprendre pour gagner les élections présidentielles de 2012.
Merci.