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lundi 10 novembre 2008
mardi 4 novembre 2008
Le parti que nous voulons
N'hésitez pas à lire et relire les numéros de la tête à gauche, en bas à droite de mon blog...
TAG 136 / Le parti que nous voulons
Le premier objectif d'un congrès du parti socialiste devrait être de parler du parti socialiste. Lapalissade peut-être, mais qu'il convient de rappeler, à quelques heures du vote sur les motions : c'est le moment de notre vie politique où nous pouvons et devons nous interroger collectivement sur le type de militantisme que nous souhaitons, sur le périmètre que nous voulons lui donner, sur la façon d'être ensemble que nous privilégions. On pourrait penser, intuitivement, que ces questions ne sont pas les plus clivantes, que les différences idéologiques constituent des lignes de fracture – et donc de choix – plus saillantes. Mais l'histoire récente du PS nous invite à repenser cela. Nos débats les plus vifs ne sont pas ceux qui ont porté sur le libéralisme ou sur la refonte de notre système de production. L'adoption à une large majorité de notre déclaration de principes a même montré qu'il existait actuellement un assez large consensus sur le positionnement politique des socialistes français. Mais qui ne se souvient, a contrario, des violents débats occasionnés par l'arrivée massive des « adhérents à 20 euros », ou encore de la guerre de tranchée autour de l'introduction de la démocratie participative lors de la campagne présidentielle de 2007 ? Là où la controverse autour de la revendication, par un des prétendants à la tête du parti, du concept de libéralisme, n'a suscité que quelques passes d'armes tactiques – passant assez largement, qui plus est, au-dessus de la tête des militants – combien d'encre a coulé, combien d'imprécations ont été proférées au sujet de l'ouverture massive de notre parti par l'abaissement des cotisations !
Les différentes motions en jeu méritent donc d'être lues également, si ce n'est d'abord, sous l'angle du parti socialiste qu'elles proposent pour demain. Le choix de la motion E est très clair : c'est celui du parti de masse.
Pourquoi ce choix ? Il découle logiquement de la sociale-démocratie moderne et renouvelée qui est plus que jamais pertinente, en ce moment historique d'échec avéré du libéralisme économique dérégulé. La sociale-démocratie repose sur l'instauration d'un rapport de force des salariés et des citoyens avec les pouvoirs économiques et les capitalistes. Rapport de force dont les outils privilégiés sont les partis, associations et syndicats de masse. C'est entre autres parce que nous n'avons jamais, en France, réussi cette part de l'équation que le Parti socialiste a eu le plus grand mal à enchaîner les victoires électorales. C'est sur ce point que nous devons donc changer.
Éclaircissons d'emblée une ambiguïté récurrente au sujet de l'expression « parti de masse ». Ceux qui combattent ce concept ont coutume de le rabattre sur celui de « parti de supporters », comme si le simple fait d'augmenter massivement le nombre de nos adhérents avait pour effet mécanique la dilution de leur qualité, et de leur engagement. Il n'en est rien : quand nous parlons de parti de masse, nous pensons en même temps aux structures qui permettraient d'intégrer les nouveaux militants que nous voulons attirer en nombre. Cela veut dire : des dispositifs d'accueil et de formation (sur l'histoire, les valeurs et le fonctionnement du PS) ; une démocratie interne renforcée, avec une association permanente des militants à l'élaboration de nos programmes, par la démocratie participative, et aux choix politiques du bureau national, via des referendums internes sur les sujets difficiles à trancher ; une multiplication des types de sections, dans les entreprises par exemple, pour que chacun puisse militer comme il l'entend, et là où il veut.
Bien sûr, il faut également se mettre en situation d'attirer ces nouveaux camarades. Sans doute la « qualité de l'offre » proposée par un PS rénové, pour reprendre les mots du premier secrétaire sortant, peut-elle être un puissant produit d'appel. Mais comment ne pas se rendre compte que les sommes trop souvent prohibitives, établies selon des barèmes obscures, qu'il faut débourser pour adhérer au parti socialiste constituent non seulement un répulsif puissant, mais aussi une barrière censitaire ? Abaisser et clarifier le coût de l'adhésion, c'est tout simplement permettre au PS de redevenir un parti populaire.
Que permet un parti réellement de masse – disons, qui atteindrait le seuil symbolique de 300 000 adhérents d'ici le prochain congrès ? Il démultiplie notre surface de contact avec nos concitoyens, améliorant ainsi notre perception de leurs préoccupations et notre capacité à diffuser et tester nos propositions. Il est capable d'amorcer des mobilisations sociales sur ses seules forces – un soutien à une grève ou un appel à manifester du PS, dans une telle configuration, prendraient une tout autre dimension.
Enfin, ou surtout, il donne un tout autre sens aux choix des militants, et règle la question de la « discipline » interne au parti. On a beaucoup glosé sur les problèmes récurrents de discipline de vote ou d'expression au PS, nombre de dirigeants, ces dernières années, ayant cru bon de se soustraire à la décision majoritaire pour faire campagne dans le sens inverse. La solution est-elle, comme le disent notamment nos camarades de la motion A, de durcir l'autorité du premier secrétaire et les sanctions ? Nous ne le pensons pas, n'ayons jamais cru au dogme du parti « qui se renforce en s'épurant ». C'est la massification du PS, et l'intensification de l'implication des militants, qui peut apporter une réponse. Il est facile de passer outre la décision d'un parti de 100 000 adhérents, dont seule la moitié prend part aux (rares) votes internes. Il en irait tout autrement dans une formation de 300 000 militants, actifs et régulièrement consultés : le poids du mandat majoritaire serait incomparable, et il serait beaucoup plus difficile de le fouler aux pieds. A moins de vouloir s'exposer à la colère de plusieurs centaines de milliers de camarades !
Il faut aller plus loin encore. La massification du parti ne peut aller sans une massification parallèle de ses sympathisants. Et là encore, la solution passe par une implication plus poussée de ceux-ci. C'est ainsi que nous concevons l'organisation de primaires ouvertes pour la désignation de notre candidat à la présidentielle – quelle meilleure façon de montrer à nos concitoyens que nous nous soucions d'eux, que de leur permettre de se prononcer sur le nom de celui ou de celle qui les représentera à la première élection nationale ? Un socialiste désigné par ses seuls pairs est le candidat d'un parti. Un socialiste désigné par les socialistes et par la majorité des hommes et des femmes de gauche serait le candidat du pays, fort d'une légitimité et porté par une dynamique de mobilisation incomparables.
Le 6 novembre, votre vote posera le premier pavé sur la route de 2012. Cette route, n'en doutez pas, passe impérativement par la rénovation en profondeur du fonctionnement et du périmètre de notre parti. Faire le choix de la motion E, c'est faire le choix du changement.
Romain Pigenel
Le premier objectif d'un congrès du parti socialiste devrait être de parler du parti socialiste. Lapalissade peut-être, mais qu'il convient de rappeler, à quelques heures du vote sur les motions : c'est le moment de notre vie politique où nous pouvons et devons nous interroger collectivement sur le type de militantisme que nous souhaitons, sur le périmètre que nous voulons lui donner, sur la façon d'être ensemble que nous privilégions. On pourrait penser, intuitivement, que ces questions ne sont pas les plus clivantes, que les différences idéologiques constituent des lignes de fracture – et donc de choix – plus saillantes. Mais l'histoire récente du PS nous invite à repenser cela. Nos débats les plus vifs ne sont pas ceux qui ont porté sur le libéralisme ou sur la refonte de notre système de production. L'adoption à une large majorité de notre déclaration de principes a même montré qu'il existait actuellement un assez large consensus sur le positionnement politique des socialistes français. Mais qui ne se souvient, a contrario, des violents débats occasionnés par l'arrivée massive des « adhérents à 20 euros », ou encore de la guerre de tranchée autour de l'introduction de la démocratie participative lors de la campagne présidentielle de 2007 ? Là où la controverse autour de la revendication, par un des prétendants à la tête du parti, du concept de libéralisme, n'a suscité que quelques passes d'armes tactiques – passant assez largement, qui plus est, au-dessus de la tête des militants – combien d'encre a coulé, combien d'imprécations ont été proférées au sujet de l'ouverture massive de notre parti par l'abaissement des cotisations !
Les différentes motions en jeu méritent donc d'être lues également, si ce n'est d'abord, sous l'angle du parti socialiste qu'elles proposent pour demain. Le choix de la motion E est très clair : c'est celui du parti de masse.
Pourquoi ce choix ? Il découle logiquement de la sociale-démocratie moderne et renouvelée qui est plus que jamais pertinente, en ce moment historique d'échec avéré du libéralisme économique dérégulé. La sociale-démocratie repose sur l'instauration d'un rapport de force des salariés et des citoyens avec les pouvoirs économiques et les capitalistes. Rapport de force dont les outils privilégiés sont les partis, associations et syndicats de masse. C'est entre autres parce que nous n'avons jamais, en France, réussi cette part de l'équation que le Parti socialiste a eu le plus grand mal à enchaîner les victoires électorales. C'est sur ce point que nous devons donc changer.
Éclaircissons d'emblée une ambiguïté récurrente au sujet de l'expression « parti de masse ». Ceux qui combattent ce concept ont coutume de le rabattre sur celui de « parti de supporters », comme si le simple fait d'augmenter massivement le nombre de nos adhérents avait pour effet mécanique la dilution de leur qualité, et de leur engagement. Il n'en est rien : quand nous parlons de parti de masse, nous pensons en même temps aux structures qui permettraient d'intégrer les nouveaux militants que nous voulons attirer en nombre. Cela veut dire : des dispositifs d'accueil et de formation (sur l'histoire, les valeurs et le fonctionnement du PS) ; une démocratie interne renforcée, avec une association permanente des militants à l'élaboration de nos programmes, par la démocratie participative, et aux choix politiques du bureau national, via des referendums internes sur les sujets difficiles à trancher ; une multiplication des types de sections, dans les entreprises par exemple, pour que chacun puisse militer comme il l'entend, et là où il veut.
Bien sûr, il faut également se mettre en situation d'attirer ces nouveaux camarades. Sans doute la « qualité de l'offre » proposée par un PS rénové, pour reprendre les mots du premier secrétaire sortant, peut-elle être un puissant produit d'appel. Mais comment ne pas se rendre compte que les sommes trop souvent prohibitives, établies selon des barèmes obscures, qu'il faut débourser pour adhérer au parti socialiste constituent non seulement un répulsif puissant, mais aussi une barrière censitaire ? Abaisser et clarifier le coût de l'adhésion, c'est tout simplement permettre au PS de redevenir un parti populaire.
Que permet un parti réellement de masse – disons, qui atteindrait le seuil symbolique de 300 000 adhérents d'ici le prochain congrès ? Il démultiplie notre surface de contact avec nos concitoyens, améliorant ainsi notre perception de leurs préoccupations et notre capacité à diffuser et tester nos propositions. Il est capable d'amorcer des mobilisations sociales sur ses seules forces – un soutien à une grève ou un appel à manifester du PS, dans une telle configuration, prendraient une tout autre dimension.
Enfin, ou surtout, il donne un tout autre sens aux choix des militants, et règle la question de la « discipline » interne au parti. On a beaucoup glosé sur les problèmes récurrents de discipline de vote ou d'expression au PS, nombre de dirigeants, ces dernières années, ayant cru bon de se soustraire à la décision majoritaire pour faire campagne dans le sens inverse. La solution est-elle, comme le disent notamment nos camarades de la motion A, de durcir l'autorité du premier secrétaire et les sanctions ? Nous ne le pensons pas, n'ayons jamais cru au dogme du parti « qui se renforce en s'épurant ». C'est la massification du PS, et l'intensification de l'implication des militants, qui peut apporter une réponse. Il est facile de passer outre la décision d'un parti de 100 000 adhérents, dont seule la moitié prend part aux (rares) votes internes. Il en irait tout autrement dans une formation de 300 000 militants, actifs et régulièrement consultés : le poids du mandat majoritaire serait incomparable, et il serait beaucoup plus difficile de le fouler aux pieds. A moins de vouloir s'exposer à la colère de plusieurs centaines de milliers de camarades !
Il faut aller plus loin encore. La massification du parti ne peut aller sans une massification parallèle de ses sympathisants. Et là encore, la solution passe par une implication plus poussée de ceux-ci. C'est ainsi que nous concevons l'organisation de primaires ouvertes pour la désignation de notre candidat à la présidentielle – quelle meilleure façon de montrer à nos concitoyens que nous nous soucions d'eux, que de leur permettre de se prononcer sur le nom de celui ou de celle qui les représentera à la première élection nationale ? Un socialiste désigné par ses seuls pairs est le candidat d'un parti. Un socialiste désigné par les socialistes et par la majorité des hommes et des femmes de gauche serait le candidat du pays, fort d'une légitimité et porté par une dynamique de mobilisation incomparables.
Le 6 novembre, votre vote posera le premier pavé sur la route de 2012. Cette route, n'en doutez pas, passe impérativement par la rénovation en profondeur du fonctionnement et du périmètre de notre parti. Faire le choix de la motion E, c'est faire le choix du changement.
Romain Pigenel
mardi 30 septembre 2008
Invité de France 2 le 28 Septembre 2008
Invité DImache 28 Septembre au 13H15 de France 2 (1ère et seconde partie)
mercredi 24 septembre 2008
« Je suis toujours candidat »
La rédaction - RMC.fr, le 24/09/2008
Le député socialiste de l’Essonne Julien Dray a évoqué le dépôt des motions au PS et son ambition d’accéder au poste de premier secrétaire.
Invité des GG à l'occasion d'une émission spéciale en direct de l'Assemblée nationale, Julien Dray, député PS, a évoqué sa situation avant le Congrès de Reims : « Les éléphants ont la vie dure, ce sont des vieilles bêtes qui ont la peau solide. Je ne dis pas que c'est un échec, il faut attendre de voir la façon dont les choses vont se passer dans ce Congrès. Il y a 6 motions, il y a des gens qui ont rangé leurs ambitions au vestiaire, mais je n'en suis pas. Je n'ai pas renoncé à ma candidature au poste de premier secrétaire. »
« Un Congrès du PS, c'est long. Je considère qu'il n'y aura pas de majorité dans ce Congrès, au sortir du vote des militants, il va falloir trouver ce qu'on appelle une synthèse, c'est-à-dire comment on se rassemble, et il faudra regarder qui est en situation pour rassembler. Moi, je vais continuer mon travail, comme je l'ai fait depuis des semaines et des semaines. Je le fais avec respect, avec discrétion, je ne passe pas mon temps à étaler les discussions que je peux avoir avec les uns et les autres. »
« Dans le mois qui vient, les militants vont avoir à choisir et ils vont avoir à s'exprimer. Donc ils verront s'il y a des différences ou non (entre les motions de Delanoë, Aubry et Royal, NDLR). Vous connaissez ma position, je le dis depuis des mois et des mois : je pense qu'il n'y a pas beaucoup de différences et qu'il y a une bataille de succession. Il faut que chacun soit un peu raisonnable et ne cherche pas tout de suite la petite bête. »
mardi 23 septembre 2008
Communiqué de Julien Dray, député de l'Essonne, porte-parole du Parti socialiste
Tout au long des derniers mois, j'ai cherché, dans un esprit de liberté et de responsabilité, à créer les conditions, pour le congrès du Parti socialiste, d'un débat qui soit loyal et sérieux, et qui permette à notre parti de retrouver son autorité et son dynamisme.
La responsabilité des socialistes est plus grande que jamais, dans ce XXème siècle naissant qui est marqué par l'ampleur et la violence des mutations qui affectent la France et le monde. La multiplication de crises qui s'aggravent les unes les autres n'est pas un hasard : c'est la conséquence directe des années passées sous la chape de plomb de la pensée unique néolibérale, et du culte de la dérégulation. Les socialistes, s'ils ne se cantonnent pas au rôle d'habiles gestionnaire des contraintes économiques, s'ils savent saisir toutes les opportunités qui se présentent pour transformer en profondeur notre modèle de société et de développement, ont un rôle essentiel à jouer.
Pour cela il faut retrouver un PS fort, modernisé. Pour y parvenir, je maintiens qu'il faut commencer par créer les conditions du rassemblement au sein de notre parti. Des gestes ont été faits, mais force est de constater que les mains tendues n'ont pas été saisies, que toutes les possibilités n'ont pas été explorées.
Le combat pour l'unité ne s'arrête pas aujourd'hui. Les six semaines qui nous séparent du vote des militants doivent être mises à profit pour rattraper le temps perdu : pour donner la meilleure image de nous-mêmes et de notre débat, pour valoriser les différences – si elles existent – sans jamais verser dans la caricature ou le procès d'intention. Sans aucun sectarisme ni exclusive, le Parti socialiste a un besoin vital de changer, pour relever les défis qui l'attendent. Promettre la rénovation ne suffira plus : chacun sera jugé sur les actes qu'il fera concrètement dans ce sens.
Fidèle à ces engagements, j'ai donc décidé de participer à la motion « Tous ensemble, fiers d'être socialistes », qui porte toutes les idées nécessaires à un rassemblement novateur. J'appelle toutes celles et tous ceux qui au long des derniers mois ont partagé mon combat à s'engager dans cette même démarche, pour que le seul gagnant de ce congrès soit le Parti socialiste et qu'enfin une opposition digne de ce nom puisse exister.
La responsabilité des socialistes est plus grande que jamais, dans ce XXème siècle naissant qui est marqué par l'ampleur et la violence des mutations qui affectent la France et le monde. La multiplication de crises qui s'aggravent les unes les autres n'est pas un hasard : c'est la conséquence directe des années passées sous la chape de plomb de la pensée unique néolibérale, et du culte de la dérégulation. Les socialistes, s'ils ne se cantonnent pas au rôle d'habiles gestionnaire des contraintes économiques, s'ils savent saisir toutes les opportunités qui se présentent pour transformer en profondeur notre modèle de société et de développement, ont un rôle essentiel à jouer.
Pour cela il faut retrouver un PS fort, modernisé. Pour y parvenir, je maintiens qu'il faut commencer par créer les conditions du rassemblement au sein de notre parti. Des gestes ont été faits, mais force est de constater que les mains tendues n'ont pas été saisies, que toutes les possibilités n'ont pas été explorées.
Le combat pour l'unité ne s'arrête pas aujourd'hui. Les six semaines qui nous séparent du vote des militants doivent être mises à profit pour rattraper le temps perdu : pour donner la meilleure image de nous-mêmes et de notre débat, pour valoriser les différences – si elles existent – sans jamais verser dans la caricature ou le procès d'intention. Sans aucun sectarisme ni exclusive, le Parti socialiste a un besoin vital de changer, pour relever les défis qui l'attendent. Promettre la rénovation ne suffira plus : chacun sera jugé sur les actes qu'il fera concrètement dans ce sens.
Fidèle à ces engagements, j'ai donc décidé de participer à la motion « Tous ensemble, fiers d'être socialistes », qui porte toutes les idées nécessaires à un rassemblement novateur. J'appelle toutes celles et tous ceux qui au long des derniers mois ont partagé mon combat à s'engager dans cette même démarche, pour que le seul gagnant de ce congrès soit le Parti socialiste et qu'enfin une opposition digne de ce nom puisse exister.
samedi 20 septembre 2008
Congrès du PS....
Aujourd'hui, l'annonce par Martine Aubry du dépôt d'une motion, à la suite de Ségolène Royal et de Bertrand Delanoë, vient confirmer – tout aussi respectables que soient ces démarches – la situation de blocage dans laquelle s'enferme le Parti socialiste. Mon analyse des derniers mois est malheureusement confirmée : dans une telle configuration, il ne peut y avoir de majorité claire et incontestable au congrès de Reims.
Il faut trouver une solution, qui ne peut consister en ces jeux de Rubik's cube permanents qui ont commencé à notre université d'été. Elle ne peut être que collective. Et ce d'autant plus que démonstration a été faite par les militants, et par les AG de débat en section, qu'il va falloir beaucoup de génie politique pour trouver des contradictions insurmontables entre les différentes motions.
Le temps qui nous sépare du Conseil national de mardi doit être mis à profit pour établir les conditions de constitution d'un axe de rassemblement avant le début du Congrès. Parce que je suis persuadé que cela est possible, j'appelle le premier secrétaire à prendre l'initiative nécessaire pour dépasser les blocages actuels. Parce que c'est son rôle, et parce que cela va dans le sens de la contribution que nous avions signée ensemble, et de la pétition que j'ai lancée avec François Rebsamen et qui a recueilli les signatures de plusieurs milliers de militants et responsables socialistes.
Parce qu'il en va de l'avenir du PS, celles et ceux qui se reconnaissent dans ce constat doivent s'exprimer haut et fort, et agir en conséquence.
Il faut trouver une solution, qui ne peut consister en ces jeux de Rubik's cube permanents qui ont commencé à notre université d'été. Elle ne peut être que collective. Et ce d'autant plus que démonstration a été faite par les militants, et par les AG de débat en section, qu'il va falloir beaucoup de génie politique pour trouver des contradictions insurmontables entre les différentes motions.
Le temps qui nous sépare du Conseil national de mardi doit être mis à profit pour établir les conditions de constitution d'un axe de rassemblement avant le début du Congrès. Parce que je suis persuadé que cela est possible, j'appelle le premier secrétaire à prendre l'initiative nécessaire pour dépasser les blocages actuels. Parce que c'est son rôle, et parce que cela va dans le sens de la contribution que nous avions signée ensemble, et de la pétition que j'ai lancée avec François Rebsamen et qui a recueilli les signatures de plusieurs milliers de militants et responsables socialistes.
Parce qu'il en va de l'avenir du PS, celles et ceux qui se reconnaissent dans ce constat doivent s'exprimer haut et fort, et agir en conséquence.
mercredi 17 septembre 2008
Après la décision de Royal, l'appel de Dray
Après la décision de Royal, l'appel de Dray
Interview - "Il faut que chacun dise quel geste il est prêt à faire pour se retrouver", affirme le porte-parole du PS.
"J'ai du mal à suivre Pierre Moscovici", confie-t-il.
LCI.fr - Ségolène Royal a mis lundi entre parenthèses sa candidature à la tête du PS. Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle ?
Interview - "Il faut que chacun dise quel geste il est prêt à faire pour se retrouver", affirme le porte-parole du PS.
"J'ai du mal à suivre Pierre Moscovici", confie-t-il.
LCI.fr - Ségolène Royal a mis lundi entre parenthèses sa candidature à la tête du PS. Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle ?
Julien Dray : Je ne suis pas d'accord avec vous sur ces termes. Cela doit être pris pour ce que c'est : une responsable politique qui, à un moment donné, estime qu'il faut sortir d'une situation qui peut devenir une situation de crise. Et qui décide donc, avec intelligence, de mettre les questions de personnes de côté et de travailler tous ensemble. C'est un élément qui peut aider à ce que l'on ne donne pas un spectacle d'affrontement permanent, et que l'on essaye de trouver de nouvelles bases pour travailler.
LCI.fr - Trouvez-vous, comme certains, sa déclaration ambiguë ?
Où est l'ambiguïté, où est le caractère étrange ? Il faut qu'on arrête de se suspecter les uns les autres. Il faut apprendre à s'écouter et se respecter. Ségolène Royal a dit des choses importantes lundi soir, et elles doivent être prises pour ce qu'elles sont. Quand on cherche toujours midi à quatorze heures, c'est que soi-même on a une petite idée derrière la tête que l'on ne veut pas exprimer.
Ségolène Royal ne prend pas des décisions à la légère. Elle a appris de toute son expérience récente. Elle a estimé qu'il fallait dégeler une situation qui donnait progressivement le sentiment que tout était figé. Et depuis ce matin, on voit bien que sa décision permet à chacun d'engager une nouvelle réflexion.
LCI.fr - Hier sur TF1, Ségolène Royal a repris peu ou prou la même argumentation que Pierre Moscovici et les partisans de la ligne Ligne Claire (Gérard Collomb, Jean-Noël Guérini). Un rassemblement est-il en train de s'opérer autour de ces personnalités ?
Il ne faut pas monter des combinaisons qui se défont aussi vite qu'elles se font, et qui ne font qu'ajouter à la confusion générale.
Dans le moment actuel, il ne faut pas désigner telle ou telle personnalité à la vindicte populaire. Je crois qu'il faut travailler loyalement pour créer les conditions du rassemblement. C'est en tout cas comme cela que je me comporte depuis des semaines. Dans cette affaire-là, je ne cherche pas à être la vedette.
LCI.fr - Ce n'est pas ainsi qu'agit Pierre Moscovici ?
J'ai du mal à le suivre.
LCI.fr - Pourriez-vous rejoindre un rassemblement avec Ségolène Royal et la Ligne claire ?
Je ne pose pas les choses comme ça car les termes pourraient être blessants pour les uns ou pour les autres. Ma ligne de conduite n'a pas changé : on doit être tous capable de se parler et de se rassembler.
L'initiative de Ségolène Royal permet de sortir de la situation des bloc figés. Il faut que chacun maintenant donne aussi sa vérité. Il faut que chacun dise quel geste il est prêt à faire pour se retrouver.
LCI.fr - Regrettez-vous, comme elle, l'engagement ce soir de François Hollande aux côtés de Bertrand Delanoë ?
Je crois que le premier secrétaire sortant a une autorité forte et qu'il doit la mettre au service de l'unité et du rassemblement. Aujourd'hui, une nouvelle étape commence. Visiblement, des choses évoluent dans le débat interne au parti socialiste. Donc il doit donner le sentiment que chacun puisse se retrouver.
LCI.fr- Quels signes attendez-vous ?
C'est maintenant à François Hollande d'organiser le dialogue, la discussion et de mettre en avant tout ce qui nous rassemble. C'est à lui de voir quelle est la meilleure solution pour le PS.
jeudi 11 septembre 2008
L'Appel !
PARIS, 9 septembre 2008 (AFP) - L'appel lancé par Julien Dray et François Rebsamen pour un rassemblement "sans exclusive ni préalable" des socialistes au congrès de Reims en novembre a recueilli à ce jour plus d'une centaine de signatures, selon le site dédié.
Dans ce texte rendu public vendredi, on note sur le site (http://fairegagnerlepartisocialiste.org) les signatures de 28 premiers secrétaires fédéraux, de proches de Ségolène Royal comme les députés Jean-Louis Bianco, Delphine Batho, Aurélie Filippetti et le député européen Vincent Peillon ou l'avocat Jean-Pierre Mignard, président de Désirs d'avenir.On trouve également des proches de Julien Dray comme Malek Boutih, secrétaire national, et des proches de François Hollande, les "premiers fédéraux" de Côte-d'Or Michel Neugnot et des Côtes-d'Armor Michel Morin, et le patron des socialistes de l'Hérault Robert Navarro. A également signé le député "rénovateur" Jean-Patrick Gille, premier secrétaire fédéral d'Indre-et-Loire.Dans ce texte intitulé "faire gagner le Parti socialiste", les signataires estiment qu'il faut réunir "une majorité large, unie, soudée par le ciment des convictions et du respect"."Rien ne pourra s'accomplir sans cette puissance collective. C'est donc à la constitution de celle-ci, sans exclusive, que nous appelons d'ici le 23 septembre", date-limite du dépôt des motions (textes d'orientation politique) pour le congrès, ajoute le document.cp/tma/df
Dans ce texte rendu public vendredi, on note sur le site (http://fairegagnerlepartisocialiste.org) les signatures de 28 premiers secrétaires fédéraux, de proches de Ségolène Royal comme les députés Jean-Louis Bianco, Delphine Batho, Aurélie Filippetti et le député européen Vincent Peillon ou l'avocat Jean-Pierre Mignard, président de Désirs d'avenir.On trouve également des proches de Julien Dray comme Malek Boutih, secrétaire national, et des proches de François Hollande, les "premiers fédéraux" de Côte-d'Or Michel Neugnot et des Côtes-d'Armor Michel Morin, et le patron des socialistes de l'Hérault Robert Navarro. A également signé le député "rénovateur" Jean-Patrick Gille, premier secrétaire fédéral d'Indre-et-Loire.Dans ce texte intitulé "faire gagner le Parti socialiste", les signataires estiment qu'il faut réunir "une majorité large, unie, soudée par le ciment des convictions et du respect"."Rien ne pourra s'accomplir sans cette puissance collective. C'est donc à la constitution de celle-ci, sans exclusive, que nous appelons d'ici le 23 septembre", date-limite du dépôt des motions (textes d'orientation politique) pour le congrès, ajoute le document.cp/tma/df
vendredi 5 septembre 2008
François Rebsamen appelle le PS à bâtir "une majorité large"
Nouvel Obs - 5 Septembre 2008
Le numéro 2 du parti, proche de Ségolène Royal, est soutenu dans sa démarche par une trentaine de premiers secrétaires de fédérations départementales. Une initiative inattendue alors que l'ex-candidate à la présidentielle est apparue jusqu'alors résolue à déposer sa propre motion.Près d'une trentaine de premiers secrétaires de fédérations départementales du PS et des proches de Ségolène Royal comme le numéro 2 du parti François Rebsamen ont appelé, vendredi 5 septembre, à la constitution "sans exclusive" d'"une majorité large, unie" pour le congrès de Reims en novembre.Cette initiative est rendue publique alors que Ségolène Royal s'est montrée fermement résolue à déposer sa propre motion et que les discussions se sont intensifiées entre Bertrand Delanoë et François Hollande en vue d'une motion commune.On ignore si cet appel conduira ou non la candidate au poste de premier secrétaire à renoncer à partir à la bataille du congrès sous ses propres couleurs, alors que certains de ses proches préconisent désormais une autre option."Le ciment des convictions et du respect"Dans un texte intitulé "faire gagner le Parti socialiste", les signataires estiment qu'il faut réunir "une majorité large, unie, soudée par le ciment des convictions et du respect"."Rien ne pourra s'accomplir sans cette puissance collective. C'est donc à la constitution de celle-ci, sans exclusive, que nous appelons d'ici le 23 septembre", date-limite du dépôt des motions (textes d'orientation politique) pour le congrès, ajoute le document.Le texte appelle d'autre part à poursuivre la rénovation du PS et à "écrire un avenir qui ne soit pas seulement réarrangement de l'ancien mais l'invention audacieuse d'une nouvelle frontière".Dray figure parmi les signatairesEn sont signataires des proches de Ségolène Royal: outre François Rebsamen, il s'agit entre autres de Vincent Peillon et du député-maire de Laval, Guillaume Garot.Ont également signé des proches de l'actuel premier secrétaire, comme Julien Dray, porte-parole du parti, les "premiers fédéraux" de Côte d'Or Michel Neugnot et des Côtes d'Armor Michel Morin, signataires en juillet de la contribution du premier secrétaire pour le congrès, et le patron des socialistes de l'Hérault Robert Navarro.
Libellés :
Congrès,
Parti Socialiste,
Presse,
Rebsamen
Mauroy et Dray agitent la menace d'un éclatement du PS
Vendredi 5 septembre 2008
Scission, éclatement. Ces menaces pour le PS ont été agitées tour à tour et pour des raisons différentes par Julien Dray et Pierre Mauroy hier.
Effrayé par l'âpre bataille pour le poste de premier secrétaire du PS opposant Martine Aubry, Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, le patriarche du Nord estime qu'ils devraient d'abord essayer de bâtir un rassemblement « majoritaire ». « S'ils n'y arrivent pas, je peux vous dire, j'ai des souvenirs de Rennes... », a-t-il prévenu hier, rappelant le souvenir, traumatisant, pour les socialistes, du congrès fratricide de 1990. Julien Dray a, lui, estimé sur LCI que « le danger d'éclatement existe » et a appelé à « un sursaut moral ». « La solution qui consisterait à trouver une femme ou un homme providentiel précandidat à l'élection présidentielle ne marche pas », a ajouté le député de l'Essonne, lui-même candidat « non présidentiable » au poste de premier secrétaire.
Libellés :
Congrès,
Julien Dray,
Mauroy,
Parti Socialiste
Julien Dray estime que le PS est menacé de scission
REUTERS 03.09.2008 10:40
PARIS (Reuters) - Le Parti socialiste est menacé de scission s'il ne se trouve pas un leader rassembleur lors de son congrès de Reims en novembre, estime Julien Dray, porte-parole du parti et candidat au poste de premier secrétaire.
"C'est un danger, aujourd'hui le danger d'éclatement existe mais je crois que le sursaut moral est nécessaire et que chacun doit mettre en avant d'abord l'intérêt général", a-t-il déclaré lors d'une interview sur LCI.
Pour Julien Dray, la récente Université d'été du PS à La Rochelle a démontré, avec ses divisions affichées, que "la solution qui consisterait à trouver une femme ou un homme providentiel pré-candidat à l'élection présidentielle ne marche pas."
"Le Parti socialiste n'est pas en phase aujourd'hui avec la contestation sociale qui existe et il est trop tourné sur lui-même, je considère que c'est une force politique qui est trop faible en terme d'influence militante", a-t-il ajouté.
Se présentant comme la "tortue" de la campagne interne, Julien Dray a souligné que sa candidature n'était pas un "point de départ pour préparer autre chose".
"Je suis candidat parce qu'il y a des choses que je sais faire, c'est construire un Parti socialiste moderne et je ne parle que de ça, le reste ne m'intéresse pas", a-t-il dit.
Véronique Tison, édité par Pascal Liétout
Interview dans le Télégramme du 5 Septembre 2008
J. Dray. «Pas de personnalité miracle au PS»
Julien Dray, député PS de l'Essonne, est aussi un des nombreux candidats, déclarés ou potentiels, au poste de Premier secrétaire du PS.
L'Université d'été de La Rochelle a-t-elle permis d'éclaircir la situation au sein du Parti socialiste ?
Je pense que l'on sait désormais ce qu'il ne faut pas faire : continuer à se regarder le nombril et à s'enliser dans les querelles. La démonstration qui a été faite à La Rochelle, c'est qu'il n'y a pas aujourd'hui de personnalité miracle.
Y a-t-il quelqu'un capable de rassembler une majorité au sein du PS ?
Je pense que si on déconnecte la question de la direction du parti de celle de l'élection présidentielle, la solution est facile à trouver. Mais si on continue à mélanger les deux, nous nous trouverons dans une situation où, comme dans les dernières années, le Parti socialiste sera ingouvernable. Nous sommes dans une situation où chacun regarde l'autre en permanence en se disant : « N'est-il pas en train de prendre un avantage sur moi ? ». C'est pour cela qu'il faut une nouvelle génération à la tête du PS, avec de nouvelles méthodes et aussi davantage de discipline.
Il ne faut plus que lorsque la direction du parti prend une position, il se trouve quelqu'un qui dise l'inverse.
Il ne faut plus que lorsque la direction du parti prend une position, il se trouve quelqu'un qui dise l'inverse.
Craignez-vous que vos querelles ne servent au bout du compte vos adversaires politiques ?
Jusqu'à maintenant, les divisions du PS c'étaient les affaires du PS et, bon an mal an, les socialistes savaient se retrouver le moment venu face aux échéances décisives. Ce qui apparaît depuis deux-trois ans, c'est que tout le monde s'invite dans nos divisions. Sarkozy en a profité pour faire diversion et masquer l'échec économique et social de sa première année de présidence, Bayrou aussi. Nous leur donnons tous les prétextes pour le faire. Il faut donc mettre un terme à cela. Je veux faire en sorte que le PS redevienne le parti du combat pour la justice sociale, inséré dans la société française, un parti qui ne se cantonne pas à la réfutation permanente de la politique de Nicolas Sarkozy, mais qui s'affirme comme une vraie force de proposition alternative. Je souhaite que le Parti socialiste s'identifie à nouveau aux aspirations des classes populaires, des classes moyennes, de ceux qui vivent de leur travail et sont sous la tutelle de la finance. Pour cela, il faut un premier secrétaire qui ne pense qu'au PS, 24 heures sur 24, sept jours sur sept, qui n'ait pas d'autre ambition que celle-là. Or, beaucoup de ceux qui parlent aujourd'hui parlent d'eux et pas de ce qu'ils veulent faire du PS.
Le congrès de Reims sera-t-il un remake de celui de Rennes ?
Je ne crois pas, parce que le PS est d'abord un parti de militants dévoués, sans intérêts autres que leurs idéaux. Mais il y a toujours un risque d'éclatement et de fragmentation. C'est pourquoi le moment du sursaut est arrivé. Cela veut dire préparer notre projet et passer un contrat de gouvernement avec toute la gauche. Nous devrons faire passer notre parti d'une force de 120.000 militants à 300.000 ou 400.000.
La question des alliances se pose aujourd'hui. Les socialistes doivent-ils tendre la main à François Bayrou ou à Olivier Besancenot ?
La question ne se pose pas de cette façon. J'ai toujours dit qu'il fallait faire une coalition arc-en-ciel la plus large possible et dont le centre de gravité doit être le rassemblement de la gauche afin de lui permettre de tendre la main aux uns et aux autres sans exclusivité. Le tout dans un seul objectif : lutter pied à pied contre les mesures injustes et inefficaces du gouvernement Fillon qui a créé treize nouvelles taxes en un an tout en protégeant les plus fortunés par le renforcement du bouclier fiscal.
Propos recueillis par Philippe Reinhard
mercredi 3 septembre 2008
Interview dans Le Parisien du 2 Septembre 2008
Pourquoi avez-vous été si discret à la Rochelle ?
J'ai refusé, comme je le fais déjà depuis plusieurs mois, de rentrer dans quelques conciliabules que ce soit. Je considère que le futur premier secrétaire du PS devra affirmer son autorité par le refus de ce qui a été trop souvent un obstacle à notre travail en commun : il faut arrêter les négociations permanentes, au service d'intérêts personnels.
Vincent Peillon estime que le PS devrait sortir de sa direction «une dizaine de malfaisants»...Vous vous sentez concerné ?
Mauvais comportements de certains à La Rochelle ? Certes. Mais la réponse n'est pas dans la surenchère. J'ai une ligne de conduite à laquelle j'essaie de me tenir maintenant, c'est le fruit d'une certaine expérience des congrès du PS et des comportements que j'ai pu avoir par le passé. Je suis parti sur des bases nouvelles. Il faut qu'aujourd'hui certains montrent l'exemple et je veux en être. Les autres seront jugés à l'arrivée par les militants.
Vous cherchez toujours à réunir dans la même motion François Hollande, Bertrand Delanoë et Ségolène Royal ?
Je suis signataire de la contribution que j'ai écrite avec François Hollande. Je soutiens sa démarche pour favoriser la naissance d'une nouvelle majorité et je ne sors pas de cette ligne là. Si on ne veut pas laisser se constituer au PS des blocs qui joueront en permanence à se déstabiliser les uns les autres, il faut remettre les compteurs à zéro : tous ensemble, avec une équipe, un calendrier de travail et une solidarité nouvelle. Et chacun doit se discipliner pour penser à l'intérêt de toute la maison. C'est notre seul avenir commun possible.
vendredi 8 août 2008
Synthèse de la Contribution "Donner une cohérence à la Gauche et un Espoir à la France"
DONNER UNE COHERENCE A LA GAUCHE ET UN ESPOIR A LA FRANCE
Synthèse
L’enjeu du congrès de Reims est simple : mettre le Parti socialiste en situation d’alternative victorieuse face à Nicolas Sarkozy. Plusieurs conditions doivent être réunies si nous voulons atteindre cet objectif à temps pour gagner, enfin, en 2012. La première tient à la bataille des idées. Face à la droite qui, depuis maintenant plusieurs années, a engagé une offensive idéologique en imposant ses thèmes et en récupérant les peurs, la gauche doit de nouveau affirmer avec force que la solidarité est le levier de la réussite personnelle et également celui de la cohésion nationale.
La deuxième condition renvoie à la crédibilité de notre projet pour 2012. Nous devons avoir le courage de dire aux Français que tout ne sera pas possible, que des choix devront être faits. Enfin, la cohésion du Parti socialiste et de la gauche constitue la troisième condition du succès en 2012. Nicolas Sarkozy a su fédérer la droite. Face à cette situation nous devons avant tout réformer nos comportements qui donnent trop souvent l’impression d’un manque de lisibilité
et conduisent à réduire l’autorité du PS par rapport au rôle des personnalités. La leçon est claire : il faut fédérer la gauche, en tout cas celle qui souhaite gouverner. Toute l'histoire du mouvement socialiste montre que les grandes avancées sociales ont été obtenues lorsque nous étions au pouvoir. Comme Premier secrétaire, je revendique d’avoir fait prévaloir l’unité au lendemain de 2002 comme la synthèse à la veille des échéances de 2007.
Le congrès de Reims sera une réussite s’il permet de donner de la cohérence au PS sur son projet, sa stratégie et son leadership. C’est là tout l’objet de cette contribution. La question de la présidentielle viendra ensuite, au début 2011 et ne doit pas polluer nos débats. Plutôt que d’écrire un projet d’ensemble, cette contribution repose sur une série d’interrogations majeures pour notre avenir – avec à chaque fois des réponses pour donner une identité claire à la gauche et un espoir à la France.
I. Comment être plus fort dans la mondialisation ?
Depuis six ans, la France décroche. Alors que de 1997 à 2002, notre pays se situait en tête de la croissance européenne, créait des emplois, réduisait sa dette et engrangeait des excédents commerciaux, la situation n’a cessé de se dégrader depuis 2002. Il nous revient donc de proposer un cercle vertueux, celui d’une compétitivité tirée par l’innovation et la qualification. Notre objectif doit être de faire un point de croissance de plus que la moyenne européenne, comme cela a été le cas entre 1997 et 2002. Ce pacte de croissance suppose trois engagements :
1. Le développement humain. Le premier devoir des acteurs publics est d’investir dans la qualification à tous les âges de la vie, de manière à doter chacun le plus équitablement possible des capacités qui lui permettront de s’orienter, d’accéder à l’emploi et de participer pleinement à la vie sociale.
2. Le plein emploi. Notre objectif doit être le travail pour tous. Pour y parvenir, nous proposons notamment le conditionnement des exonérations de cotisations sociales (25 milliards d’euros par an) à la conclusion de négociations sur la politique des salaires, la formation et l’emploi et la mise en place d’une véritable réduction du temps de chômage (RTC). Le soutien aux emplois de services, la création d’un contrat unique d’insertion et l’instauration d’un bilan annuel de l’égalité des chances viendraient compléter le dispositif.
3. L’innovation. Les aides à la recherche et au développement doivent être concentrées sur les PME et l’imposition des entreprises devra favoriser l’innovation.
II Comment être plus juste dans la répartition ?
Il est frappant de constater à quel point les inégalités se sont creusées ces dernières années. Aussi doit être proposée une réforme qui harmonise les impositions entre le travail et le capital. Nous proposons donc de mettre en place un véritable impôt citoyen sur le revenu, qui permettrait d’alléger les prélèvements sur les catégories moyennes. Les niches fiscales, parce qu’elles profitent aux plus riches, doivent être plafonnées. Le niveau de vie du ménage doit être pris en compte pour le calcul de la taxe d’habitation et une baisse de la TVA serait mise en place sur les produits de première nécessité.
Au-delà des questions fiscales, nous nous attacherons à revaloriser le salaire, parce que c’est le seul moyen de revaloriser le travail. Dans la même logique, un plafonnement sur les hautes rémunérations serait proposé.
III Comment mener solidairement la transition énergétique ?
La hausse des coûts de l’énergie touchera d’abord les plus modestes. C’est pourquoi nous proposons une action d’envergure dès aujourd’hui : anticiper permettra de limiter les coûts.
Un fonds de financement de la mutation énergétique doit être créé ; il permettrait de financer des dépenses telles que l’isolation des logements, le chèque transport pour les salariés, des infrastructures plus respectueuses de l’environnement… L’Europe apparaît également comme un acteur incontournable dans les politiques de protection de l’environnement.
IV Comment combattre la montée de toutes les violences ?
Depuis les années 1990, l’insécurité, loin de refluer s’est durcie. Les actes de violence infligés aux personnes ont presque doublé en 10 ans. Les socialistes ne peuvent accepter cette situation qui, là encore, touche d’abord les plus modestes, les plus fragiles. Il faut avant tout reconnaître que la prévention et la sanction sont l’avers et le revers d’une même pièce et ne peuvent donc pas être opposés l’une à l’autre. Il convient d’intervenir d’abord à l’école, notamment en établissant un encadrement adulte renforcé dans les établissements les plus difficiles. Une police de quartier, dotée d’éléments d’expérience et de moyens renforcés, doit être mise en place. Enfin, il faut lutter contre la progression silencieuse des violences conjugales, familiales et sexuelles.
V Comment préparer sereinement l’allongement de la vie ?
L’allongement de l’espérance de vie —progrès majeur de civilisation—oblige à prévoir l’avenir des retraites, mais aussi à organiser la vie sociale au-delà de la période d’activité, et à couvrir les aléas –la maladie comme la dépendance. En ce qui concerne les retraites, il est impératif que les critères de pénibilité des métiers et d’espérance de vie soient mieux pris en compte, afin que la retraite ne reproduise pas les inégalités professionnelles. Pour ce faire, des formules de retraites choisies et progressives devront être mises en place. Les ressources devront être augmentées via un une révision des exonérations de cotisations sociales patronales à mener en concertation avec les partenaires sociaux. Le fonds de réserve des retraites devra également être abondé notamment par le transfert à son profit des produits des participations de l’Etat dans les entreprises publiques, car il n’est pas juste de dire que l’allongement de la durée de cotisation ou la diminution des pensions constitue le seul moyen de sauver nos retraites.
Avec l’allongement de l’espérance de vie, il importe de veiller au maintien de l’accès aux soins pour tous. Le réseau hospitalier devra forcément être réaménagé à l’échelle du territoire pour conjuguer qualité, sécurité et proximité. Le financement de la santé devra également être renforcé, notamment en taxant les consommations dangereuses ou les conduites à risque. Enfin, une politique familiale dynamique devra être promue, afin de maintenir le dynamisme de la société, grâce au renouvellement démographique.
VI Comment maîtriser humainement l’immigration ?
La chimère de « l’immigration zéro » a vécu même à droite. Le Parti socialiste doit néanmoins promouvoir une politique d’accueil et d’intégration humaine et efficace (« guichet unique » pour les services destinés aux migrants, droit de vote des étrangers aux élections locales…). Cette orientation va de pair avec une politique de co-développement efficace et respectueuse des pays tiers (le rôle de la société civile, à travers les associations et les collectivités locales, devra être renforcé dans ce domaine).
VII Comment régler démocratiquement la présidentialisation de nos institutions ?
La réforme actuelle ne fait que conforter le Président, sans rehausser le rôle du Parlement. A l’inverse, les socialistes militent pour le renforcement du Parlement, l’introduction de modes de scrutins démocratiques (part de proportionnelle à l’Assemblée, représentation juste des collectivités locales au Sénat) et l’équilibre des pouvoirs (législatif et exécutif). La décentralisation devra bien sûr être approfondie, tout en veillant à ce qu’elle ne crée pas de nouvelles inégalités entre les territoires.
VIII Comment relancer le projet européen ?
Les socialistes français ont besoin de rehausser leur crédibilité européenne. Nous devons reformuler un projet et une ambition pour l’Europe, car personne aujourd’hui ne peut penser qu’il nous sera possible de relever les défis qui sont devant nous sans une Europe forte et capable de peser sur les grands choix qui vont se faire dans le monde.
Dès lors, nous proposons de faire de la zone euro le noyau dur du projet européen pour définir des objectifs ambitieux en termes de politique économique et de croissance. Nous souhaitons
également que l’Europe défende un modèle social qui consiste en une harmonisation par le haut des législations sociales. Enfin, l’Europe doit peser de tout son poids dans les négociations internationales, notamment au sein de l’OMC, en refusant la logique d’ouverture des marchés sans qu’aucune contrepartie sociale ou environnementale ne soit demandée à l’ensemble des acteurs. IX Comment rendre cohérente la parole socialiste ? Le Parti socialiste est un parti démocratique et nous en sommes fiers. Le débat y est libre et permanent. Notre diversité est une chance à la double condition de mener les débats nécessaires mais aussi de les clore par une décision qui s’impose à tous. Le Parti socialiste est plus uni que ses responsables ne le laissent paraître. Le choix du candidat à l’élection présidentielle ne se fera qu’au début de l’année 2011. D’ici là, c’est un travail collectif que nous devons mener sur le projet et sur les modalités du
rassemblement de la gauche.
Une conférence militante préparée sur le premier semestre de chaque année transformera l’université d’été de La Rochelle pour en faire un moment de débat, définissant le programme du Parti socialiste pour la rentrée parlementaire et pour l’activité militante. A partir de 2009, le Parti organisera trois grandes conventions nationales sur la politique économique que nous voulons, le modèle social que nous prônons et le changement de modèle de développement que nous revendiquons.
X Comment rassembler la gauche et élargir pour gagner ?
Le Parti socialiste domine électoralement la gauche mais il n’en a pour autant pas le monopole. Il nous faut donc proposer, à la gauche de gouvernement, un rassemblement dans une structure fédérative. C’est dans ce cadre que s’élaborerait le futur contrat de majorité et que s’organiserait la prochaine coalition parlementaire. C’est également là que serait décidée la présentation d’un candidat commun au premier tour de l’élection présidentielle, à partir d’une procédure qui pourrait être élargie aux citoyens eux-mêmes. Notre stratégie de rassemblement de la gauche exige un Parti socialiste fort qui puisse créer une dynamique de changement. Loin d’être une menace ou une hégémonie pour nos partenaires, il ouvre la voie au succès collectif pour toute la gauche.
Et pourtant, arithmétiquement, la gauche n’est pas majoritaire. Mais l’a-t-elle jamais été ? La visée du nouveau parti destiné à se substituer à la L.C.R n’est pas de participer à une coalition avec nous, mais de mettre en cause, voire en accusation, la gauche de gouvernement. La gauche réformiste doit assumer sans complexe son histoire et ses réussites. C’est elle qui a permis, par son action transformatrice, d’obtenir les grandes conquêtes sociales. Et c’est elle, encore, qui peut offrir un débouché à la contestation sociale.
Quant au MoDem, il l’avoue lui-même, il n’est certes pas de droite ; mais il n’est pas de
gauche non plus. Sa stratégie est soumise à l’ambition présidentielle de son leader. Notre démarche doit donc être fondée, là encore, sur la clarté : bâtissons un Parti socialiste solide et solidaire, rassemblons la gauche sur un projet de gouvernement crédible et créons la dynamique qui permettra - comme lors de toutes les grandes victoires de la gauche - d’attirer à nous ceux qui veulent participer au changement espéré.
L’intégralité de la contribution se trouve sur le blog de François Hollande :
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