Maintenant que le congrès de Reims a pris fin avec la validation, par le Conseil national, de l'élection de Martine Aubry au poste de premier secrétaire du Parti socialiste, il est temps d'analyser rétrospectivement la période qui vient de se clore, pour en tirer tous les enseignements nécessaires.
Le congrès aura finalement été à l'image de ce que j'avais prédit au printemps. Malheureusement. Nous aurions pu éviter cette guerre des egos, cette opposition de tous contre tous ; les dégâts en sont aujourd'hui considérables, tant dans l'opinion que chez les militants. Le résultat est là : un parti fragmenté, éclaté, dont le Conseil national, divisé en quatre forces à peu près égales, est la très représentative émanation ; un parti où les blessures de la présidentielle, loin de s'être refermées, sont plus que jamais à vif. Ne nous mentons pas, la force d'entraînement et d'attraction du Parti socialiste, à gauche et dans le pays, en sort considérablement amoindrie, et il faudra des mois, à tout le moins, pour remonter la pente, et retrouver la confiance en nous sans laquelle on ne peut sérieusement espérer de victoire électorale.
Ce d'autant plus qu'il vient de se produire – qu'on le veuille ou non – une première scission. Je veux parler du départ de Jean-Luc Mélenchon et de Marc Dolez, rejoints depuis par d'autres camarades. Je sais que beaucoup n'y ont attribué qu'une importance dérisoire – comme d'autres, les mêmes souvent, avaient considéré comme dérisoires les prémisses de la contestation du Traité Constitutionnel Européen au sein de notre parti. Tel n'était pas ma position. Et aujourd'hui, je ne prends pas non plus à la légère le départ de nos deux camarades. Ce n'est qu'un signe supplémentaire des difficultés structurelles que nous traversons. Un signe de ce qui nous menace, si nous ne sommes pas capables de nous ressaisir vite, et collectivement.
Il faut aller de l'avant, en ayant pleinement conscience de ce contexte pour le moins périlleux. Le débat ne doit plus désormais porter sur la contestation des résultats du vote, mais sur la réponse à apporter à la profonde aspiration au changement qui s'est exprimée dès le scrutin sur les motions, transcendant les antagonismes initiaux. Passer outre cette demande ardente qui traverse tous les courants, toutes les sensibilités, accréditer l'idée que « tout change pour que rien ne change » serait dramatique. Ce serait, tout simplement, signer l'acte de mort de notre parti.
Il faut donc agir. Vite. La nouvelle équipe de direction qui va se constituer autour de Martine Aubry sera jugée, dès ses premiers pas, sur sa capacité à exister par elle-même, et non par la seule coalition des forces qui l'ont soutenue jusqu'à la plus haute marche du podium ; sur son aptitude à dépasser les « camps », pour reprendre la triste expression trop entendue ces derniers jours, pour réinstaurer le sens du collectif et la solidarité qui semblent avoir quitté nos rivages. Ce ne sera pas une tâche facile, il faut bien le dire, et nous ne pouvons qu'adresser à Martine le même message que celui qui était, mercredi, en couverture de Libération : « bon courage » !
En ce qui nous concerne, nous avons systématiquement travaillé, depuis la fin de l'élection présidentielle, à faire passer les intérêts collectifs du parti avant ceux des individus. C'est ce que nous commandait la période, c'est ce que j'ai rappelé lors de mon intervention à Reims. Ce ne fut pas une tâche facile, loin de là, car celles et ceux qui se battaient pour l'unité du PS furent la cible quasi-permanente de leurs camarades, même au sein de leur propre « camp ». Dans les prochaines semaines, il faudra faire le bilan honnête de ces batailles menées, et apprécier tous les comportements à l'aune de celles-ci.
A vous qui lisez cette lettre d'information, et que je considère comme des amis, je souhaite adresser mes remerciements les plus sincères. Pendant quatorze mois nous nous sommes battus. Je peux vous le dire maintenant, ce fut souvent difficile, car il est toujours plus simple de se mettre au service d'une personne ou d'un courant, et de ranger ses convictions au fond de sa poche. Pourtant, tout au long de cette bataille, j'ai également vu nombre de camarades, qui avaient longtemps entretenu des préjugés à mon égard, regarder avec respect et intérêt le travail que j'accomplissais, que nous accomplissions. C'est en fait un chemin que nous avons collectivement parcouru, et ce chemin ne s'arrête pas aujourd'hui. Il y aura bientôt d'autres rendez-vous pour celles et ceux qui veulent être utiles au parti socialiste. A nous de les saisir ensemble, d'être les plus intelligents, les plus imaginatifs, car il reste beaucoup à faire, beaucoup à inventer, pour que la rénovation de la sociale-démocratie ne reste pas un vain mot.
Le combat continue donc pour la construction d'un parti socialiste fort, moderne, populaire. Ce combat s'est souvent structuré autour de nos propositions. J'espère que les jours qui viennent vous permettront à toutes et à tous de vous reposer et de reprendre des forces pour la suite, car pour celle-ci je n'ai qu'un seul mot d'ordre à vous adresser : au travail !
Julien DRAY
2 commentaires:
Agir ? Est ce que vous savez seulement ce que ce mot signifie ?
Savez-vous combien nous sommes à être désespérés de ne voir aucun parti politique et surtout pas le votre, agir ? Vous êtes centrés sur vous-même au sein de ce parti (par ailleurs je trouve que votre blog ressemble étrangement à celui de Rachida Dati:"Julien Dray a fait ci, Julien Dray a fait ça" je préférais de beaucoup votre blog précédent, plus simple. La seule différence, et elle est de taille, c'est que vous autorisez les commentaires et ce n'est pas les contribuables qui financent le vôtre. Savez-vous pourquoi j'ai commencé à lire votre blog ? parce que je vous ai entendu parler à la radio un jour et je me suis: tiens! il a l'air ouvert à la discussion et surtout accessible. Et puis je savais pas par quoi commencer, il y tellement de sujets dignes d'intérêt. Alors j'ai laissé passer un mois, deux mois pour découvrir votre nouveau blog et là je suis restée sans voix. Tous les jours il y a un nouveau combat, un nouveau scandale qu'il faut dénoncer et vous n'en faites aucune allusion.
Agir ? ou réagir ? Ils sont où ceux et celles qui défendent les droits des citoyens ? Il sont où ceux et celles qui vont enfin avoir le courage de demander qu'on rende des comptes pour toutes les erreurs passées, responsables de la situation actuelle ?
Pour l'instant il n'y a personne et surtout pas dans l'opposition.
C'est terriblement triste et frustrant et le risque énorme que cela se retourne contre tout le monde en fin de compte.
Mallorie Dérédec.
Trop c'est trop. Je pense qu'il va falloir creer une opposition forte à tous les royaliste qui n'ont rien d'autre à faire que de dire du mal du Ps. Royal, Peillon, Valls, Dray...n'ont plus rien à faire dans un parti qu'ils détruisent tou les jours.
Autre chose, ras le bol de ce langage de modernité. C'est qui ces termes Sarkozystes. Vous voulez moderniser le pays comme lui, fin des 35h (valls est favorable) gouverner avec la droite comme bockel, besson et bientôt valls.
Quand je te regarde Julien, avec Royal j'ai vraiment pas une vision de modernité.
Vous voulez tuer le Ps, vous allez y arriver et vous direz que c'est la faute d'Aubry. C'est dégueulasse, mais rassure toi, le moment venu nous on fera en sorte de vous renvoyer l'assenseur. Je peux te jurer que JAMAIS je ne voterai pour Royal, et je mênerai une guerre contre elle.
Tu n'as pas honte de faire ce que tu fais au parti?
Moi j'ai honte de t'avoir soutenu.
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