Une thématique en chassant une autre dans le maelstrom médiatique, on oublie parfois l’ampleur et la violence de la crise économique, qui ne s’est pourtant arrêtée ni avec le G20, ni avec la grippe porcine. L’emploi en chute libre, avoué du bout des lèvres par le gouvernement, vient nous rappeler que cette crise, si elle est partie de ce qu’il est convenu d’appeler l’économie virtuelle, ravage aujourd’hui le tissu économique et social « réel ». En mars, chaque jour apparaissaient 3000 nouveaux chômeurs en France. Même si la crise s’arrêtait aujourd’hui – les prévisions des organismes internationaux s’accordent au contraire sur une reprise tardive – il faudrait un an pour que ses effets cessent sur l’emploi. La situation est donc grave. Et l’on rirait de l’inlassable travail de camouflage opéré par les communicants du gouvernement (étouffant des chiffres un jour, publiant le lendemain des estimations économiques allant à l’encontre de toutes les prévisions mondiales) s’il ne témoignait pas de la totale incurie de cette équipe, qui n’a été capable ni de prévoir la crise, ni de prendre la mesure de son ampleur autrement que verbalement.
La gauche doit inlassablement se battre pour rappeler cette réalité aux Français. Toute la réalité. Car l’Elysée et Matignon ne sont pas les seuls à tenter de travestir la situation, et leurs responsabilités dans celle-ci. Que dire des banques, dont nous continuons à découvrir l’irresponsabilité, comme la Société Générale cette semaine ? Derrière les vibrantes déclarations de bonnes intentions, les affaires continuent, et notamment une titrisation rampante, pour masquer les pertes colossales des organismes financiers. Le tout sous la coûteuse protection des Etats – et donc aux frais du contribuable.
Ces mystifications, qui font médiatiquement corps, doivent être systématiquement dénoncées par la gauche, et dévoilées pour ce qu’elles sont : les défenses immunitaires mises en place par le système, pour faire le dos rond, en attendant la fin de l’orage. Mais la dénonciation ne suffit pas, pas plus que la compassion, la solidarité ou les discours d’accompagnement envers les victimes de la crise. Nous devons assumer un choc politique et idéologique système contre système, revendiquer la rupture, et, puisque c’est de saison, remettre à l’ordre du jour un mot qui fera sans doute peur : celui de révolution.
Rupture, car c’est l’essence même de la gauche que de refuser la fatalité, le cours établi des choses. Révolution, car elle signifie étymologiquement « recommencement » ; or c’est précisément d’un recommencement dont nous avons besoin, d’une remise à plat du modèle – de développement notamment – qui a conduit non seulement à la crise, mais plus largement à la précarisation de la vie et à la dégradation de son cadre.
Le système et les mesures que nous proposons doivent être à la hauteur de cette exigence. L’heure est venue de faire fi de toutes les pudeurs idéologiques et de réellement réfléchir à ce que pourrait être un autre monde, dont la possibilité est ouverte par la crise. Nous avons déjà évoqué dans ces colonnes la nationalisation du système bancaire. Nous continuerons, dans les prochaines semaines, à esquisser des pistes de ce que pourrait être le nouveau modèle porté par la gauche. En attendant, il ne me reste qu’à vous souhaiter un excellent premier mai, sous le soleil et à battre le pavé !
Julien Dray
La gauche doit inlassablement se battre pour rappeler cette réalité aux Français. Toute la réalité. Car l’Elysée et Matignon ne sont pas les seuls à tenter de travestir la situation, et leurs responsabilités dans celle-ci. Que dire des banques, dont nous continuons à découvrir l’irresponsabilité, comme la Société Générale cette semaine ? Derrière les vibrantes déclarations de bonnes intentions, les affaires continuent, et notamment une titrisation rampante, pour masquer les pertes colossales des organismes financiers. Le tout sous la coûteuse protection des Etats – et donc aux frais du contribuable.
Ces mystifications, qui font médiatiquement corps, doivent être systématiquement dénoncées par la gauche, et dévoilées pour ce qu’elles sont : les défenses immunitaires mises en place par le système, pour faire le dos rond, en attendant la fin de l’orage. Mais la dénonciation ne suffit pas, pas plus que la compassion, la solidarité ou les discours d’accompagnement envers les victimes de la crise. Nous devons assumer un choc politique et idéologique système contre système, revendiquer la rupture, et, puisque c’est de saison, remettre à l’ordre du jour un mot qui fera sans doute peur : celui de révolution.
Rupture, car c’est l’essence même de la gauche que de refuser la fatalité, le cours établi des choses. Révolution, car elle signifie étymologiquement « recommencement » ; or c’est précisément d’un recommencement dont nous avons besoin, d’une remise à plat du modèle – de développement notamment – qui a conduit non seulement à la crise, mais plus largement à la précarisation de la vie et à la dégradation de son cadre.
Le système et les mesures que nous proposons doivent être à la hauteur de cette exigence. L’heure est venue de faire fi de toutes les pudeurs idéologiques et de réellement réfléchir à ce que pourrait être un autre monde, dont la possibilité est ouverte par la crise. Nous avons déjà évoqué dans ces colonnes la nationalisation du système bancaire. Nous continuerons, dans les prochaines semaines, à esquisser des pistes de ce que pourrait être le nouveau modèle porté par la gauche. En attendant, il ne me reste qu’à vous souhaiter un excellent premier mai, sous le soleil et à battre le pavé !
Julien Dray






4 commentaires:
Est ce qu'on doit comprendre, qu'un rapprochement avec le Parti de Gauche est possible de la part de Julien Dray ?
François
Mais le Parti Socialiste est de Gauche, mon ami. J'apprécie que vous parliez de Révolution, en expliquant ethymologiquement ce mot, dans son contexte social et
politique actuel. DIFUSEZ VOS IDEES, Mr DRAY.
Le PS prend le même chemin du PC...qui avait exclu tous ses dissidents avant de chuter dans les sondages
l'exemple de la décrépitude du PCF ne semble pas avoir servi a Madame Aubry.
Mon cher JULIEN comme je te l'ai écris il y a qq mois , je sais que tu es un homme honnête , tu nous manque ,reviens vite au combat et tu vois je suis a désir d'avenir et je suis certain que toi et SEGOLENE pourraient nous faire voir l'avenir dans des meilleures conditions car pour moi au train ou vont les choses aux régionales on va payer la guéguerre
de la direction très cher.
je viens de t"écouter chez RUQUIER je pense aussi qu'une conférence de presse aurait calmé les choses .
je te souhaite beaucoup de courage a toi et ta famille
amitié socialiste
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