Au revoir 2009, bonjour 2010. Je vais vous épargner le couplet des bonnes résolutions, pleines de bons sentiments un peu vains, auquel tend souvent à se résumer l'exercice des vœux de Nouvel An. Je préfère nous fixer à la place un seul objectif pour 2010, aussi simple que révolutionnaire : redevenir optimistes. Faire en sorte, plus précisément, que la gauche renoue avec une vision optimiste de l'histoire, et de ses propres possibilités.
Trop souvent ces dernières années nous nous sommes enfermés dans une lecture pessimiste et craintive des événements que nous traversions. Trop souvent, en conséquence, nos discours ont été interprétés comme conservateurs, car uniquement défensifs et de déni (si ce n'est misérabilistes). Ce n'est pas ainsi que nous motiverons le peuple de gauche et qu'il retournera massivement aux urnes pour permettre l'alternance. C'est cet optimisme que nous n'avons plus qui explique, a contrario, la force de la gauche sud-américaine. Une gauche qui donne des perspectives positives, de progrès, même aux plus défavorisés. Qui gagne des élections à l'échelle de tout un continent. Qui produit des leaders d'envergure mondiale comme Lula, qui est en fait le vrai homme de l'année 2009. A défaut, notre gauche à nous finit par nourrir l'angoisse collective, qui conduit, mécaniquement, à la peur individuelle. Or cette peur de l'avenir, du quotidien, de l'autre, est le meilleur allié de la droite, qui sait fort bien en faire son fond de commerce.
La première des peurs dont il faudrait que nous nous débarrassions cette année, c'est celle qui nous conduit à nier les problèmes et à refuser les affrontement idéologiques avec la droite. Quand au contraire nous les saisissons à bras le corps, et que nous affirmons une identité positive à travers des solutions concrètes, alors nos concitoyens retrouvent foi en nous. Un article du Monde en faisait récemment la démonstration sur la sécurité, exposant les solutions de terrain élaborées par des maires socialistes, et rejoignant d'ailleurs ce que je proposais moi-même dès Etat de violence. Mais on pourrait dire la même chose sur l'identité nationale, et c'est en ce sens que je me suis positionné en faveur d'un investissement de la gauche dans ce débat. La gauche devrait dire : oui, la droite manipule ce débat pour fustiger les immigrés, mais nous, nous lui répondons que justement l'immigration est une chance formidable, qui enrichit notre modèle culturel et nous permet de nous adapter au monde qui change autour de nous.
Chaque sujet peut ainsi être abordé de façon craintive, sur la défensive, ou au contraire de manière offensive et conquérante. Cela vaut même pour la crise économique. N'est-elle pas une formidable occasion de remettre à plat – enfin – le modèle ultralibéral dont nous stigmatisions les dérives, et prédisions les conséquences ultimes, depuis des années ?
Alors plutôt que de succomber à la morosité ambiante, au catastrophisme millénariste, laissons-nous gagner par ce virus de l'optimisme, le seul dont je souhaite la propagation au seuil de cette nouvelle année!
Julien Dray
4 commentaires:
Tout à fait d'accord avec vous Monsieur Julien DRAY !
Il faut que nous puissions dire au 31 Décembre 2010 : "On a réussi une bonne année" et non "On a passé une pas trop mauvaise année." comme certains l'ont dit plusieurs fois en 2009.
Est ce une victoire que d'éviter le pire?
En souhaitant que cet optimiste devienne réalité.
Vous vous trompez, Julien...
L'identité nationale est un thème purement de droite, c'est un mythe qui est tout à fait imperméable à la confrontation idéologique. Je ne vois donc aucune raison pour la gauche de débattre d'un thème qui lui est parfaitement étranger (et notez bien que je fais une différence entre la nation, notion qui peut, elle, faire idéologiquement débat, et identité nationale).
Voilà sur le plan des idées mais votre erreur déborde aussi sur la pratique. Car Eric Besson ne cesse de répéter que son débat n'est en rien un débat sur l'immigration et si la gauche vient, elle, centrer ce débat sur ce point, elle sera de nouveau pointée du doigt par les sarkozystes comme une pervertisseuse de débat démocratique et républicain dans un but purement politicien.
Vous voulez fédérer à gauche sur ce point, Julien ? Alors dites clairement au peuple que, pour la gauche, la nation existe mais que l'identité nationale ne veut rien dire parce que les sentiments font de nous des citoyens attachés à la nation sont très variés et ne peuvent en rien constituer une identité à une échelle nationale. Cela, le peuple de gauche peut l'entendre et le comprendre.
C'est cela, Julien, l'opposition constructive, c'est proposer une alternative tout en évitant de tomber dans le piège mythologique que la droite ne cesse de mettre sous nos pieds. S'opposer, ce n'est pas dire systématiquement le contraire de ce que la droite dit sur un sujet, c'est aussi parfois dire que sur tel sujet nous est complètement étranger et expliquer pourquoi.
Je crois qu'effectivement le débat sur l'identité nationale est un faux débat et qu'il faudrait mieux se concentrer sur des débats beaucoup plus urgents tels que le partage des richesses. Ne faisons pas le jeu de la droite mais faisons en sorte que la droite soit à la remorque !!!
bonne année
merci pour vos voeux
nous avons reçu votre carton d'invitation que nous avons trouvé original et bienvenu
nous ne pourrons pas nous rendre à votre pot de l'amitié mais nous souhaitons la réussite de la campagne dont vous avez pris la tête en Essonne pour vous même puisqu'il s'agit d'un enjeu personnel mais aussi pour tous les socialistes et sympathisants
Christiane et Yves
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