Pour ceux qui auraient délaissé quelques
instants la telenovela palpitante de
l’élection du Président de l’UMP, il a été possible de s’intéresser au destin
de l’usine de Florange.
Le Ministre du Redressement Productif a évoqué jeudi
la possibilité d’une nationalisation transitoire du site. Il a eu raison.
Michel Sapin, Ministre du Travail, de l’Emploi
et du Dialogue social, par ailleurs homme d’avenir à ses heures, a expliqué,
quant à lui, « qu’on n'est plus dans
une époque où on nationalise la sidérurgie ». L’affaire s’est soldée
par un communiqué commun des deux Ministres « tenant à préciser qu'ils partagent le même but pour le site de Florange
: trouver une solution qui garantisse son avenir intégré et y permette le
maintien de l'emploi ». On sent que le « recadrage » a été
sévère et que ce communiqué camoufle mal deux lignes différentes sur ce
dossier. Les Ministres partagent « le même but ». Certes. Le même but
mais pas les mêmes moyens si l’on en croit les différentes déclarations des
deux protagonistes. Si Arnaud Montebourg a heureusement révisé son jugement sur
les nationalisations et opéré un virage salutaire pour l’industrie
sidérurgique, Michel Sapin, quant à lui, s’en tient à un discours de refus obstiné
de l’intervention de l’Etat. Vieille divergence avec Michel Sapin, qui ne se
trouve pas, disons le clairement, dans son domaine de prédilection.
Il ne s’agit pas évidemment de mutualiser les
pertes en laissant les profits privatisés. Il s’agit de reconquérir des moyens
d’action pour sauver une filière, de développer nos savoir-faire et
technologies et de redynamiser un territoire. Cette option a été plus fois
réaffirmée sur ce blog depuis juin.
C’est donc par nécessité, idéologie et
pragmatisme que l’on doit nationaliser Florange. Nécessité devant l’urgence.
Idéologie parce que la gauche doit revendiquer l’idée du retour de l’Etat dans
l’économie. Pragmatisme parce qu’en l’occurrence il s’agit de la solution la
plus adéquate : quelle autre solution nous proposerait on que la prise de
contrôle par l’Etat de ce site industriel important ?
La mise au pas de féodalités économiques est
une condition de la reconquête industrielle nécessaire au pays. Le bras de fer
avec la famille Mittal ne saurait se solder par un échec de ceux qui portent la
volonté et l’espoir des Français.
Il est temps, face à l’attitude de Monsieur
Mittal, de nationaliser Florange, fut-ce à titre transitoire. Des millions de
nos concitoyens attendent un acte fort dans la crise. Il est temps de
l’accomplir.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire