lundi 29 mars 2010

Le round des retraites

Le bilan tiré par Nicolas Sarkozy, en actes et en paroles, du résultat des régionales est édifiant : entérinant ce que j’écrivais dans mon dernier billet, il a clairement cédé à son camp, tant pour les modifications gouvernementales que pour les axes programmatiques mis en avant dans son discours d’après-défaite. Financement des retraites, dénonciation de la supposée complaisance à l’égard des auteurs de violences … Autant de scies censées – probablement – rassurer la base électorale de l’UMP et renouer avec des fondamentaux plus à droite. L’avenir dira si ce mouvement est payant au sein de son camp politique. Mais pour ce qui est de l’intérêt général du pays, ce sont autant de risques majeurs qui sont délibérément pris. Risque de déclencher des conflits durs avec une majorité de Français qui ne veulent plus, et ils l’ont clairement signifié dans les urnes, de cette politique qui non seulement n’arrange rien à la situation économique, non seulement ne s’en prend pas aux vraies causes et aux vrais responsables de la crise économique que nous subissons, mais se fait systématiquement aux dépens de la grande majorité des Français.

Conflits majeurs, disais-je. Le président et l’UMP ont perdu, et savent qu’ils vont devoir payer le prix de cette défaite, à proximité des prochaines échéances présidentielle et législatives. Ils vont, pour renverser la vapeur, vouloir se refaire une santé sur une réforme clairement identifiée à droite : celle des retraites. Au-delà de ses conséquences funestes prévisibles pour les salariés, cette réforme pilotée par Eric Woerth aura pour objectif d’instaurer un rapport de force victorieux – pour le président – avec le pays. Ce double enjeu impose à la gauche d’être particulièrement ferme. La moindre hésitation, la moindre tentation d’aller sur le terrain de la droite, d’entrer dans le jeu du catastrophisme, des lamentations sur le déficit public et sur la baisse de la natalité, seront fatales. Il faut au contraire, comme nous l’avons toujours fait, partir de nos fondamentaux : défendre le principe de la retraite par répartition et de sa revalorisation ; faire le point sur l’hétérogénéité des situations et des pénibilités ; replacer les retraites dans le contexte économique global, présent et avenir (et donc en lien avec la question du plein emploi) ; modifier l’assiette des prélèvements, pour qu’ils pèsent plus sur le capital.

Il faudra faire bloc là-dessus. Et aussi, rapidement, s’interroger sur le périmètre de ce bloc. Nous aurons sur cet affrontement une belle occasion de poursuivre et de solidifier l’union qui s’est faite sans difficultés majeures, au deuxième tour des élections régionales, entre la gauche et les écologistes. Un véritable projet alternatif sur les retraites, porté par un rassemblement rose, rouge, vert en soutien des syndicats et des salariés mobilisés : pour réunir les conditions d’une mise en échec du plan gouvernemental, mais aussi pour préparer sur le fond la constitution d’un rassemblement unitaire de progrès à la présidentielle 2012.

Julien Dray

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Bla bla bla.........

Et les 50 % d'abstentionistes que disent ils ?


Politique politicienne et démagogie RAS LE BOL !


Trafiques et mensonges de nos politiques.

Cela va t il durer ?

Unknown a dit…

Monsieur Dray,
Je pense qu'il est aussi du devoir des socialistes de ne pas se cacher le réalité de la situation économique, surtout quand on prétend au pouvoir. En effet, on ne peut nier l'endettement important de la France qui limite les marges de manœuvre et font peser un poids important sur les générations futures. La réforme nécessaire des retraites qui s'annonce ne doit pas être considéré par un calcul politique. Il est dans notre intérêt et celui des français d'apparaître comme une force politique crédible prêt à trouver un consensus sur des sujets majeurs.

Amitiés socialistes,
Michaël Habib Djivan