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Madame, Monsieur,
Depuis plusieurs mois, et plus précisément depuis ce qu’il est convenu d’appeler « l’affaire Dray », je constate avec systématicité un traitement particulier de l’Agence France Presse à mon égard.
Ce traitement consiste, quand je m’exprime dans les médias à propos du gouvernement ou de personnalités de la droite, à publier des dépêches dont le titre laisse à penser que je soutiens l’actuelle majorité, alors même que ce n’est pas le sens de mon intervention, et que le corps de la dépêche lui-même vient souvent rectifier le titre.
On peut à la rigueur imaginer, si ce n’est comprendre, que le format de la dépêche et les usages actuels de la presse poussent à choisir des titres-choc, et à simplifier, voire à scénariser l’information. Mais ce qui n’est ni compréhensible, ni acceptable, c’est que l’on en vienne à me faire dire l’inverse de ce que j’ai réellement dit, soit en déformant mes propos, soit en sélectionnant quelques phrases soigneusement coupées de leur texte pour modifier le sens général de mon intervention.
En novembre dernier, vous me faisiez ainsi « vole[r] au secours de Charles Pasqua », quand je demandais seulement la levée du secret défense pour voir clair dans son procès. En juin, toujours selon vous, je « défends » Brice Hortefeux, quand je déclare en vérité qu’il a tenu des propos inacceptables. Et cette semaine enfin, à vous lire, je « comprend[s] la souffrance de Woerth » - titre d’une dépêche faisant le compte-rendu d’une émission durant laquelle j’ai effectivement tenu ces propos, mais également dénoncé les fautes politiques de l’intéressé, comme vous le rappelez d’ailleurs vous-mêmes dans le texte de ladite dépêche. Or vous n’êtes pas sans savoir que ce qui marque, ce qui reste, c’est le titre, plus que le contenu.
Si cet incident était isolé, on pourrait encore le mettre sur le compte d’une attention ou d’une mémoire sélectives, mais la régularité du procédé me conduit à m’interroger sur son intentionnalité. Ces dépêches, mises bout à bout, ne viseraient-elles pas en fait à bâtir un scénario, celui de je ne sais quelle collusion ou amitié avec le pouvoir en place ?
Je vous serai donc reconnaissant, à présent, de faire en sorte que les dépêches me concernant n’aient plus un titre qui torde mes propos jusqu’à leur faire dire l’inverse de ma pensée.
Julien Dray
1 commentaire:
Claire et correcte. En tant que député et citoyen que devient "traque fine". Vous aviez pointé les dysfonctionnements de
cette structure, aujourd'hui il est sur la place publique,qu'"une"
banque sort chaques semaines, 50000
euro, et rien....c'est quoi cette double logique, quand il faut, ils
ne font pas, quand il n'y a pas matière, ils se décarcacent...
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