vendredi 21 septembre 2012

Le choc de compétitivité c’est une politique de relance !

« Pour avoir les pieds sur terre, je voudrais qu’on parle ici de la question du coût du travail car je n’ai pas envie que l’on nous fasse le coup des « impôts trop élevés » de 1982, sous une forme nouvelle… Rappelez vous, le « Trop d’impôts tue l’impôt » et hop, jamais de réforme fiscale juste. En tant qu’entrepreneur, je vois bien que ce que les syndicats appellent des cotisations et nous des charges peut être ressenti comme pénalisant. Mais en même temps, je ne dois pas oublier que c’est bien utile pour moi d’avoir des salariés sécurisés, bien formés, bien payés. En termes de productivité, je ne suis pas sûr que j’y perdre vraiment. ». Le personnage de la pièce de théâtre – contribution au Congrès du PS – parue en juillet dernier, était donc suffisamment visionnaire et avait anticipé les évolutions gouvernementales sur ce sujet... Tout porte à croire que l’on s’oriente vers une politique particulièrement dure en matière de « coût du travail ». Retour du débat sur la TVA sociale, hier expédié dans un cul de basse fosse médiatique à juste titre dans la campagne. On doit évidemment parler de la compétitivité. Mais cette question ne se pose pas de la même façon selon que l’on parle d’un géant du CAC 40 ou de PME innovantes et soumises à une rude concurrence internationale… On peut parler du coût du travail à condition que l’on prenne en compte l’emploi, non pas conçu comme une aumône faite par les entreprises mais comme le sel du développement de nouvelles filières industrielles. Le débat sur le coût du travail ne doit pas être uniformisé et taire les différences fondamentales qui existent entre les entreprises. Il s’agit d’aider nos petites entreprises à embaucher et à se développer mais n’entrons pas dans le débat voulu par la droite sur la compétitivité par le coût du travail. Mais, cet écran de fumée du « coût du travail » ne verrait pas le jour sans la raison fondamentale qui est contenue dans la soumission aux règles de l’austérité. Derrière la question du traité budgétaire se profile une question concrète, touchant chacune de nos vies : celle de l’austérité. La dernière ligne Maginot intellectuelle consiste à croire que la réduction drastique des dépenses publiques va permettre de résoudre la crise économique qui nous frappe. Or, nous commençons tout juste à payer les conséquences de la politique austéritaire de François Fillon. A peine, le patient est il étourdi par la saignée précédente qu’on lui en administre une nouvelle... Les politiques déflationnistes, on connait. Ce sont celles menées en 1931-1932 en Allemagne par Brüning avec le succès que l’on sait et celle des décrets Laval-Tardieu de 1935. Historiquement, nous sommes payés pour en connaitre les conséquences. Cela a des conséquences sur la croissance, qui est cassée mais n’en a aucune sur le déficit ou la dette qui continuent de progresser, faute de rentrées fiscales et d’une relance de l’activité économique. Plus d’austérité, moins d’activité. Moins d’activité, plus de déficit etc… On connait la logique du cercle vicieux, dont on ne voit par quel miracle il deviendrait vertueux. Cela a des conséquences concrètes : budgets de l’Etat ou des collectivités locales, budgets sociaux seront soumis à une sévère diète. Très concrètement, les assurés sociaux risquent d’en payer les conséquences par de moindres remboursements et les citoyens par une réduction du périmètre de l’action publique. Dans une telle logique, on coupe tout ce qui « coûte ». Il y a eu les coupes sombres de Fillon. Mais nous risquons de vite connaitre les coupes claires et la déforestation complètes de nos budgets publics. Voilà le risque. Victime toute désignée de ce pugilat budgétaire, la politique culturelle risque d’en sortir en lambeaux… Dans une société en proie au doute le « choc de compétitivité » qu’il faut, c’est un choc de croissance, une politique qui donne de l’espoir à chacun et qui ranime la confiance des citoyens. Donner un ballon d’air frais à ceux qui font tourner la machine économique, leur permettre de retrouver espoir, c’est là une nécessité absolue. C’est à cette condition que l’on peut engager d’autres politiques. Il faudra des politiques structurelles de plus long terme. Il importe de développer une politique de recherche et d’innovation, de redévelopper notre industrie… Mais tout cela ne se fera que si l’on dessert l’étau de l’austérité et le carnage économique, social et politique qui peut en découler. Cette question sera bien au centre du Congrès du Parti Socialiste, qui n’est pas une affaire secondaire et doit donc être le moment d’un débat de fond. Voilà à quoi nous entendons contribuer avec la Motion n°3 « Maintenant La Gauche ! ». Il est temps de débattre. Il est encore temps de choisir une politique de gauche qui tourne le dos à l’austérité. Cette étape du Congrès est celle du choix, choix de son destin pour le PS, choix du destin de la gauche pour tous ceux qui se reconnaissent en elle. Trois semaines pour débattre, trois semaines pour convaincre et inventer une Gauche libre. C’est « Maintenant la Gauche ! »

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