Chapeau bas au centre-gauche
italien. Grâce à lui nous venons de revivre les meilleurs moments du cinéma
néoréaliste italien des grandes années. Avec à peine plus de 29% des voix, le Partito Democratico et ses alliés ont
fait mentir les sondages… qui les donnaient de cinq à huit points au dessus de
leur score actuel.
Pendant ce temps, le candidat de
Madame Merkel, Mario Monti, ancien Commissaire à la concurrence, Premier
Ministre imposé après un coup d’Etat légal dont seule l’Italie à la secret, a
réalisé une performance remarquée de 10% des voix, loin derrière les deux
vainqueurs du scrutin : Berlusconi et Beppe Grillo.
Deux grands vainqueurs
donc : Grillo et Berlusconi. Deux grands perdants : Monti et le
Partito Democratico.
Point commun des perdants :
ils adhèrent à la politique d’austérité.
Point commun des
vainqueurs : ils se sont faits les porte-voix rageurs et vindicatifs de la
colère populaire contre les mesures d’austérité.
Il faut dire que la
politique économique de Mario Monti a été une catastrophe complète à la
fois pour le tissu économique italien et pour le moral de la société italienne.
Il est d’ailleurs symptomatique que les alliés de Monti (notamment l’UDC de
Cassini), jugés positivement par la presse européenne, aient été entrainés dans
sa chute, au point, pour certains, d’être laminés et de disparaitre de la scène
politique.
Pendant toute la campagne,
Bersani, pourtant ancien communiste italien, a laissé entendre qu’in fine, le centre-gauche pourrait
s’allier à Monti. Au moins a-t-il laissé entrevoir qu’en tout cas, il ne
s’agissait pas de remettre en cause les politiques d’austérité chère au
Professore Monti. Au mieux, les Italiens se voyaient promettre du Monti sans
Monti, et au pire, du Monti avec Monti. On leur offrait une pincée de Vendola,
le leader SEL, la gauche de la gauche, marginalisé et réduit à une force
d’appoint de 3% au centre gauche. De quoi enthousiasmer l’électorat de gauche,
qui représente aujourd’hui moins de 30% des votants, toutes tendances cumulées
ou de séduire la « génération 1000 euros », c'est-à-dire les plus
jeunes, confrontés aux dégâts sociaux de la crise…
Depuis Berlin, Madame Merkel peut
donc contempler l’effondrement de son poulain, qu’une visite au Vatican auprès
du Pape sortant n’aura pas sauvé de son destin, ni d’ailleurs de la vindicte
électorale du peuple italien...
La vérité est criante :
les Italiens vomissent cette politique d’austérité, comme tous les peuples
d’Europe. Ce sentiment est partagé par tout le spectre politique, par toute la
société, des ouvriers du textile de Toscane aux fortunes lombardes, de
l’employé calabrais aux intellectuels de Rome... Pas plus qu’ailleurs en
Europe, on ne supporte cette politique et l’atonie qu’elle entraine. Même usé
et presque grotesque, Berlusconi paraissait moins déphasé par rapport à la
société italien que Monti. Même peu crédible, Grillo semblait encore sérieux
par rapport aux prescripteurs des saignées d’austérité.
Tous ceux qui seraient tentés de
voir dans la ligne du Partito Democratico
de Bersani un modèle éventuel pour d’autres gauches en Europe ont sous les yeux
la démonstration éclatante du rejet par les peuples que l’austérité européenne
engendre. Sans doute pourront-ils méditer ces résultats...
Les Italiens ont voté massivement
contre la politique vantée et voulue par Madame Merkel. Sur la règle des 3%,
sur les restrictions constantes des dépenses publiques, sur la compression
budgétaires et les coupes claires dans les budgets, les Italiens ont dit non.
Et il y a fort à parier que d’autres peuples les imiteront.
Il va falloir en effet tirer
quelques leçons des élections italiennes. La plus importante est qu’il faut
réorienter le projet européen. Sans attendre. Car si l’Europe ne connait pas
une alternative imminente alors toutes les démagogies seront possibles, à
l’image de Grillo aujourd’hui ou d’autres demain…
Dès maintenant c’est
l’alternative au gouvernement actuel de l’Europe qu’il faut mettre en place,
avec les peuples.
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