Cette fois, la France n’a pas hésité.
François Hollande n’a pas eu peur de placer notre pays en avant-garde, pas eu
peur de prendre un risque. Sans les Etats-Unis, la France a assumé, seule, de
lutter contre la myriade de groupes armés qui menaçaient Bamako. La France a assumé, seule, de
dire non et d’agir. Par cette action, le Président de la République a commencé à
desserrer l’étau politique qui contraint si fortement la France et constitue un
véritable étouffoir pour l’action politique en Europe. Le mythe d’une France
impuissante s’effondre. L’idée d’une France à l’initiative émerge.
Désormais, c’est en Europe que la France doit pousser son
avantage, dans l’intérêt des Européens. François Hollande peut, s’il le veut,
changer la donne.
Dès lors en effet, pourquoi ce
volontarisme ne s’appliquerait-il pas au chantier européen ?
C’est en effet au chantier
européen qu’il faut désormais s’attaquer. Madame Merkel, hostile à notre
intervention au Mali, n’a pu que subir la stratégie de François Hollande. La Chancelière y a
potentiellement perdu une part de son hégémonie. Dans le tandem mélenchonien,
les places ont été inversées et Madame Merkel a montré qu’elle était fort peu
coopératrice et ne pédalait pas de bon cœur.
La volonté française est là mais
cette volonté, nous devons l’affirmer plus clairement aux autres Européens,
nous devons la consolider et l’amplifier. Forte de cet acquis, la France peut être
l’éclaireur qui, en Europe, contribuera à faire sortir nos pays et leurs
économies de la froide torpeur qui s’est emparée d’eux depuis 2008.
François Hollande a pointé un
sujet sur lequel il est urgent de porter le débat, aussi âpre soit-il : la
question budgétaire et l’application mortifère du supplice de l’austérité. Contre
l’axe Merkel-Cameron, François Hollande a clamé que « « si l’Europe devait, pour chercher un compromis à toute force,
abandonner ses politiques communes, oublier l’agriculture et ignorer la
croissance, [il] ne serait pas d’accord. »
Ce n’est pas à la gauche de
porter la responsabilité politique de l’irresponsabilité économique des
conservateurs.
Accomplir ce qui a été accompli
dans les sables du Mali implique de relever le défi qui attend la France en Europe. Cette
fois, personne ne pourra dire que l’on ne peut rien faire. Personne ne pourra
invoquer la fatalité pour nous empêcher d’agir.
La solution à la crise en Europe
est politique. Elle n’est pas comptable. Et ce n’est assurément pas en
réduisant l’aide alimentaire ou en bridant l’investissement que l’on va sortir
nos économies de la morosité et de l’atonie ambiante. Ce n’est pas non plus en
gardant l’œil rivé sur la calculette que l’Europe va faire face à la fois à la
concurrence mondiale et à la fragilisation des sociétés qui la composent. En ce
sens, la France ,
avec François Hollande, peut changer la donne. Il faut parler clairement et il
faut agir. Il faut affirmer que, non, nous n’appliquerons pas la règle
mortifère des 3%. Il nous reste à emmener les autres pays européens dans cette
direction et à porter, au Parlement européen en 2014, une alternative à cette
politique.
Un bras de fer peut s’engager.
Une explication franche peut en découler. Mais l’avenir de l’Europe le mérite
et c’est aux peuples qu’il s’agira de donner la parole pour trancher.
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