Evidemment, on repère aisément le
travail des activistes d’extrême droite jusqu’ici marginalisé et qui trouvent,
grâce à ce débat, une occasion de faire jonction avec une parti de la base
électorale de la droite « modérée » pour déstabiliser le pouvoir.
C’est cette jonction qui pose un problème politique grave. La « Manif pour
tous » a essaimé à travers le pays. Micro-manifestations devant les
mairies, activisme basiste hostile au projet de loi et au gouvernement,
pression sur les élus de droite, les masses de droite marchent un pas en avant
de leurs élus.
Désormais, leurs mots d’ordre
dépassent la seule opposition au « mariage pour tous ». Un mouvement
de masse de droite est en train de voir le jour sous nos yeux. Il n’est ni
modéré ni paisible. Oserai-je avancer qu’il n’est pas pacifique non plus ?
Il existe, en France, des
millions de citoyens qui ont choisi de porter François Hollande à la Présidence de la République. Ils
sont, aujourd’hui, la véritable majorité silencieuse de ce pays. Notre pays
aspire à l’égalité, pas au happening permanent de l’extrême droite
traditionnaliste ou d’une danseuse en retraite du Banana Café. Il aspire à
l’unité et à la concorde républicaine, pas au « sang » évoqué par
Madame Barjot, pas aux pathétiques scènes de Madame Boutin ni à la connivence
coupable de Messieurs Fillon, Copé et Raffarin avec les tenants de la plus
extrême droite.
Il y a, à l’évidence, une
responsabilité des socialistes au pouvoir dans la situation présente. Je l’ai
souligné lors du Congrès du PS en octobre dernier avec mes amis à l’heure où
c’était la fête et l’euphorie de la victoire. Je l’ai souligné sur ce blog en
de nombreuses occasion et je le redis : la politique d’austérité a, hélas,
provoqué des déceptions lourdes de conséquences dans la situation présente.
Beaucoup de nos concitoyens sont terriblement déçus et n’ont pas une ferme
envie de défendre ce gouvernement. Je mets en garde face à cette
démobilisation. Si le gouvernement tombe, il n’est pas certain que ce qui
viendra derrière sera meilleur. Nous devons, au contraire nous mobiliser pour
défaire l’activisme droitier et aider ce gouvernement à tenir. Mais nous devons
le faire en ayant à cœur de favoriser une alternative dans la politique menée. Il
ne s’agit pas de signer un nouveau chèque en blanc mais de créer au contraire
les conditions d’une action nouvelle de la gauche unie au pouvoir et des
écologistes adossée à une société mobilisée.
Sinon, prenons bien garde de ne
pas nous réveiller demain avec Sarkozy puissance mille à la tête du pays.
L’heure n’est plus aux
atermoiements. Il est à la prise de conscience et à l’action !
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